Organisation du travail

Le bureau était composé de cinq membres : un camarlingo [1] et quatre provveditori [2] qui occupaient leur fonction pour une durée d’un semestre, de janvier à juin ou de juillet à décembre.

Le camerlingue, nommé par le Concistoire [3] de la ville, était une sorte de trésorier, assisté d’un notaire. Jusqu’en 1350, il fut choisi parmi les membres de divers ordres monastiques (Umiliati, Servi di Maria et, surtout, cisterciens de la puissante abbaye de San Galgano, voisine de Sienne). L’origine des hommes effectuant le travail de camerlingue était une sorte de garantie à la fois de leur éloignement des grandes familles nobles de la cité et de leurs remarquables capacités d’administrateurs.

Les quatre Provveditori étaient, quant à eux, des laïcs appartenant aux grandes familles siennoises détentrices du pouvoir politique. Nommés par le Conseil général, ils faisaient partie, nous l’avons vu, du Concistoire. Comme le camerlingue, les provveditori exerçaient leur activité pour une durée de six mois, de janvier à juin ou de juillet à décembre.

Camerlingue et provveditori étaient, chacun d’eux, assistés d’un notaire qui veillait au bon déroulement des opérations effectuées par les employés chargés des écritures.

Tous les versements d’argent étaient enregistrés par au moins deux provveditori qui pourvoyaient à la transmission des sommes collectées au camerlingue. Toutes ces sommes (taxes ou impôts versés à l’office) et toutes les sorties d’argent (paiements effectués par le Camalingo) étaient enregistrées dans trois séries de registres et, à la fin du semestre, compilées par le camerlingue et les provveditori dans deux autres registres qui étaient alors transmis au Conseil, lequel vérifiait que les dépenses avaient bien été effectuées dans l’intérêt de la cité. Dans le cas inverse, le camerlingue et les provveditori devaient rembourser ls sommes contestées.

A la fin de chaque semestre, les registres étaient reliés entre deux tablettes de bois ornées et historiées, pouvant contenir jusqu’à 400 folios, afin de pouvoir être communiquées, pour vérification et contrôle, au Conseil de la Ville.

C’est, en grande partie, grâce au contenu particulièrement précis de ces écritures que de nombreuses informations relatives aux artistes ayant travaillé pour la Commune ont pu être vérifiées à l’ère moderne. A titre d’exemple, et quel exemple (!), la biccherna du second semestre 1308 conserve le contrat signé le 8 octobre 1308 entre Duccio di Buoninsegna et ses commanditaires pour la réalisation de la grande Maestà destinée à l’autel majeur de la Cathédrale. Ce contrat [4], rédigé en latin, d’une écriture particulièrement soignée, sans majuscules ni aucune ponctuation, est un bel exemple de ce que pouvait être un acte notarié à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe.

 

[1] Préciser

[2] Préciser

[3] Le Concistoire, principal conseil politique de la ville, était lui-même composé des quatre provveditori, des Neuf (préciser), des Consuls des marchands et des Capitaines du parti guelfe)

[4] Voir le fac simile et la transcription de ce contrat à l’article « Maestà de Duccio ».