Anges

Giovanni di Paolo, “Cinq anges dansant autour du soleil”. Chantilly, Musée Condé.

« Un jeune homme resplendissant de lumière […].” Évangile du pseudo Matthieu (XIII, 5).

Les anges sont ainsi appelés parce qu’ils sont envoyés du ciel pour annoncer des nouvelles aux hommes. Leur nom même (grec : ággelos) signifie messager.

Matteo di Pacino, Séraphins et Chérubins, Gemäldegalerie
Matteo di Giovanni, « Anges ». Berlin, Gemälderie. [1]

Les anges sont les créatures célestes que l’humanité connaît le mieux. Et pour cause : ils sont les intermédiaires entre le monde céleste et le monde terrestre, d’où le fait que l’on accède à un certain nombre de témoignages de leurs manifestations dans les écrits bibliques.

Ils sont réputés être placés sous la direction de l’archange recteur d’Ordres Gabriel.

I. Sources écrites

Voir lien ci-dessus.

II. Iconographie

En dépit des apparences, les anges ne sont pas systématiquement apparus aux hommes sous la forme humaine. C’est ainsi que l’on retrouve parfois, en Orient, des représentations symboliques d’anges sous la forme de roues. Cependant, l’art occidental n’a pas adopté ce type d’images et leur a toujours préféré les images des anges-hommes.

Alors même que les ailes des anges sont attestées dans les textes sacrés, ces attributs spécifiques n’apparaissent que tardivement dans l’iconographie angélique, au IVe siècle après J.C.). Les ailes sont définitivement ajoutées aux figures angéliques à partir du moment où le christianisme devient assez affirmé pour ne plus craindre une confusion avec les divinités païennes.

Du fait qu’assez peu de descriptions des créatures angéliques n’existe dans les textes, les artistes se sont chargés de les représenter, selon un type iconographique qui se stabilise autour du Ve siècle et varie peu au cours du Moyen Âge. Parmi les les constantes, on note que les anges

  • sont d’une beauté angélique (!) ; pour se faire une idée de cette beauté particulière, voir, par exemple, les quatre Têtes d’anges de Bartolomeo Bulgarini
  • vêtus d’une aube blanche, parfois colorée, parfois encore, d’un pallium ou d’un vêtement magnifique
  • dotés d’une paire d’ailes empruntée aux images grecques des allégories de la victoire, généralement chamarrées de couleurs ; les ailes des anges peuvent également porter le signe du deuil : celles-ci sont alors bordées d’une couleur touchant au brun sombre
  • portent ou non :
    • un rouleau (en tant que médiateur de la Loi divine)
    • une auréole

Dès le XIVe, en Toscane, les anges peints par Simone Martini proposent un équilibre entre la grandeur du type byzantin et une délicatesse et une souplesse qui confèrent à leurs figures une élégance et un raffinement proprement aristocratique. Le type de l’ange raffiné aux traits, aux corps et aux positions plus humaines, connait une large diffusion au Quattrocento, jusqu’à la période baroque. Il arrive alors parfois que les anges en viennent à afficher des poses pouvant aller jusqu’à une forme de sensualité pouvant paraître peu adaptée à leur nature angélique. En réalité, c’est l’évolution du sentiment religieux qui, une fois encore, détermine les principales modifications de l’iconographie, celle des anges passant insensiblement, en plus d’un millénaire, d’une conception d’abord empreinte de solennité à une réalité vivante.

[1] Indépendamment des anges du premier plan, avec leurs ailes chamarrées, on peut apercevoir à l’arrière trois rangées de Chérubins alternant avec des Séraphins.

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