« DEUM DE DEO LUMEN DE LUMINE DEUM VERUM DE VERO DEO »

fullsizeoutput_276f

Inscriptions : « DEUM DE DEO LUMEN DE LUMINE DEUM VERUM DE VERO DEO »

L’article du Credo inscrit dans la bande rouge-brun du bas du panneau, qui se traduit : « il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu », n’est pas, de par son caractère complexe et parfaitement abstrait, propice à une représentation figurative (c’est peu de le dire).

Le recours à la tradition typiquement siennoise du fond d’or à une époque où elle est en train de devenir archaïque partout ailleurs, sert ici le propos. Le fond d’or, abstrait par nature, et lumineux en raison de ses caractéristiques physiques, crée d’emblée les conditions de la représentation d’un sujet aussi complexe. Pour le reste, Benedetto a recours à une méthode dont le caractère d’efficacité est dorénavant éprouvé. Il consiste à mêler des expédients de nature symbolique (outre le fond doré, les rayons lumineux qui irradient à partir de la tête du Christ), ou encore à des éléments figuratifs qui viennent expliciter par un biais narratif le phénomène mystérieux supposé s’opérer sous nos yeux (la cohorte de séraphins qui forment une sorte de protection rapprochée des deux personnages sacrés [1] mais par dessus tout, la présence de la figure du Christ [« vrai Dieu, né du vrai Dieu »] qui apparaît ici comme une sorte d’émanation visuelle de celle de son Père, lequel se tient debout immédiatement derrière lui dans une configuration qui semble anticiper la représentation de la Trinité la plus inouïe de l’histoire de l’art [2]).

[1] Pour mémoire, les séraphins aux six ailes rouges appartiennent à la première catégorie des anges dans la hiérarchie céleste ; ce sont eux qui se tiennent en permanence au plus près de l’Éternel. Voir : hiérarchie céleste et séraphin.

[2] On pense ici à la fresque peinte, entre 1425 et 1428, par Masaccio dans l’église de Santa Maria Novella à Florence.