‘Maestro di Tressa’, « La prova della vera Croce »

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‘Maestro di Tressa’ (… – XIIIe s.)

La preuve de la vraie Croix. 

Compartiment latéral de l’antependium du Redentore benedicente (Le Rédempteur bénissant), tempéra et or sur bois.

Provenance : Église de San Salvatore e Alessandro, Fontebuona della Badia Bardenga (Castelnovo), près de Sienne.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

En présence de l’impératrice Hélène, que l’on voit sur la gauche, une femme atteinte d’une maladie mortelle – on voit cette femme allongée au sol – est instantanément guérie au contact du bois de la Croix (voir scène précédente), permettant ainsi d’identifier celle des trois croix ayant porté le corps du Christ au Golgotha.

Voici comment Jacques de Voragine raconte la scène : « Elle ordonna donc qu’il [Judas] fût jeté dans un puits desséché pour y endurer les horreurs de la faim. Or, après y être resté six jours sans nourriture, le septième il demanda à sortir, en promettant de découvrir la croix. On le retira. Quand il fut arrivé à l’endroit, après avoir fait une prière, tout à coup la terre tremble, il se répandit une fumée d’aromates d’une admirable odeur ; Judas lui-même, plein d’admiration, applaudissait des deux mains et disait : ‘En vérité, ô Christ, vous êtes le Sauveur du monde !’ Or, d’après l’Histoire ecclésiastique (œuvre de l’écrivain Sozomène), il y avait, en ce lieu, un temple de Vénus construit, autrefois par l’empereur Hadrien, afin que si quelque chrétien eût voulu y adresser ses adorations, il parût adorer Vénus : et, pour ce motif, ce lieu avait cessé d’être fréquenté et était presque entièrement délaissé, mais la Reine fit détruire ce temple jusque dans ses fondements et en fit labourer la place. 

Après quoi Judas se ceignit et se mit à creuser avec courage. Quand il eut atteint à la profondeur de vingt pas, il trouva trois croix enterrées, qu’il porta incontinent à la reine. Or, comme l’on ne savait pas distinguer celle de J.-C. d’avec celles des larrons, on les plaça au milieu de la ville pour attendre que la gloire de Dieu se manifestât. Sur la onzième heure, passa le corps d’un jeune homme [1] qu’on portait en terre : Judas arrêta le cercueil, mit une première et une seconde croix sur le cadavre du défunt, qui ne ressuscita pas, alors on approcha la troisième croix du corps et à l’instant il revint à la vie. »

[1] Ailleurs, il est question d’une femme.