Benozzo Gozzoli, « San Sebastiano con devoti »

Benozzo Gozzoli ou Benozzo de Lese di Sandro, dit (Scandicci, vers 1420 – Pistoia, 4 octobre 1497)

Saint Sébastien avec des dévots, 1464.

Inscriptions :

  • (sur le piédestal où se tient Sébastien) : « SANCTE SEBASTIANE INTERCEDE PRO DEVOTO POPVLO TVO »
  • (sous la scène) : « […]FU HOC OPVS EXPLE[…] SEQVENTI / HOC IN ALTARI ESTITIT PRIMITVS CELEBRATVM M • CCCC • LXIIII »
  • (dans la « prédelle ») : « SANCTVS IVLIANUS » ; « SANCTVS ANTONIVS » ; « SANCTVS IOHANNIS BAT… » ; « SANCTVS DOMINICVS » ; « SANCTVS IUSTVS » ; « SANCTA AGATA »

Fresque

Provenance : In situ.

San Gimignano, Église de Sant’Agostino.

Le saint est représenté selon une iconographie ancienne, très éloignée d’une tradition récente selon laquelle Sébastien prend l’apparence d’un jeune homme nu, lié à un arbre ou à une colonne, le corps transpercé de flèches. À l’inverse, Benozzo Gozzoli le dépeint hissé sur un piédestal à la manière d’une statue, vêtu d’un large manteau que soulèvent des anges, et sous lequel est venue se réfugier une population en prière, à la recherche d’une protection contre la peste (cette maladie est supposée être provoquée par les flèches qu’un Dieu en colère envoie contre les hommes depuis le ciel [1]).

Intercesseurs auprès de Dieu en faveur de la population sagement répartie autour de Sébastien (les hommes d’un côté, les femmes de l’autre), apparaissent également dans le ciel le Christ montrant la blessure qu’il a reçu au flanc, et sa Mère, le sein découvert pour mieux rappeler qu’elle a nourri le Rédempteur, tous deux espérant faire fléchir la colère divine. L’instant est figé : Dieu le Père brandit une flèche et il ne restera à la foule des fidèles assemblés dans l’église qu’à espérer que les requêtes arrêteront la menacé. C’est d’ailleurs qui semble arriver de plus probable : un nombre important de flèches lancés par Dieu dans sa colère sont déjà venues se rompre sur le manteau protecteur que deux anges maintiennent au-dessus de Sébastien et des dévots qu’il protège.

Benozzo Gozzoli est coutumier du fait : imitant la structure d’un polyptyque, la fresque comporte une sorte de prédelle simulée, dans laquelle sont représentés, au sein de sept compartiments, les figures de six saints réparties de part et d’autre de la Crucifixion centrale.

[1] Il existe à San Gimignano une autre version de Saint Sébastien, peinte sur la contre façade de la Cathédrale, dans laquelle le martyre du saint est représenté par Benozzo selon une iconographie plus traditionnelle.