Luca Signorelli, « Punizione del prete Florenzo »

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Luca Signorelli (Cortone, vers 1450 – 1523)

Punizione del prete Florenzo (Punition du prêtre Florenzo), 1497-1498.

Fresque

Inscription (sous la fresque) :

  • « COME DIO PUNISCE FLORENZO » [1] 

Provenance : In situ

Chiusure (Asciano), Abbazia di Monte Oliveto Maggiore, Cloître principal.

Ici commence l’intervention de Signorelli.

Il nous faut imaginer que nous avons quitté Benoît au moment de son propre départ de l’abbaye où Florenzo (ou Fiorenzo) lui faisait tant de misères. Dans l’intervalle, Riccio a intercalé la scène du double départ vers la France et la Sicile, laquelle est venue rompre la chronologie du récit en même temps qu’elle a permis de dissimuler l’ancienne ouverture, dorénavant murée, conduisant au réfectoire.

Après le départ de Benoît, la maison de Fiorenzo s’est effondrée, abattue par le diable, et le prêtre dénaturé a péri sous les décombres. Mauro s’est empressé de rejoindre son mentor pour l’informer de la situation, et s’est agenouillé devant lui, montrant les ruines de l’habitation d’où s’échappent des démons entraînant avec eux l’âme noire de l’infâme Fiorenzo.

Benoît porte maintenant une barbe blanche, marque de son avancée en âge en même temps que d’une progression sur la voie de la sagesse. Alors que Mauro se réjouit du sort de Fiorenzo, il le réprimande et lui impose de faire pénitence. Au loin, les démons parachèvent leur travail et finissent d’abattre le peu qui est resté debout depuis l’effondrement de la maison du prêtre.

[1] « Comment Dieu punit Florent ». L’épisode est relaté dans le Livre II des Dialogues, chapitre 9 :

« Aussitôt que l’homme de Dieu se fut effacé par humilité devant les procédés de cet homme, le Dieu Tout-puissant frappa celui-ci de façon terrible. En effet, comme ledit prêtre, debout sur son balcon, voyait s’éloigner Benoît et sautait de joie, et alors que tout le reste de la maison restait parfaitement immobile, le balcon sur lequel il se trouvait tomba et l’écrasa dans sa chute : ainsi s’éteignit l’ennemi de Benoît.

Le disciple de l’homme de Dieu, appelé Maur, jugea qu’il fallait tout de suite annoncer la chose au Père Benoît, lequel n’était encore qu’à une distance de 10 milles. Il lui dit : ‘Reviens ! Car le prêtre qui te persécutait s’est éteint !’ En entendant cela, l’homme de Dieu Benoît se livra à de grandes lamentations, tant pour la mort de son ennemi que pour l’exultation de son disciple devant la mort de cet ennemi. Il s’ensuivit qu’à son disciple aussi il infligea une pénitence parce qu’en lui annonçant une telle nouvelle, il avait osé se réjouir de la mort d’un ennemi. »

D’après http://www.abbayes.fr/lectio/Vie_Benoit/Introduction.htmn, consulté le 5 février 2020 etCAVALCA, Domenico, Volgarizzamento del Dialogo di San Gregorioreproduit dans Enzo Carli, Le storie di San Benedetto a Monte Oliveto Maggiore. Cinisello Balsamo (Milano), 1980, pp. 161-180.