Johann Anton Ramboux ou von Ramboux (Trèves, 1790 – Cologne, 1866) : peintre prussien d’histoire et de portrait, dessinateur et collectionneur. Il apprend les éléments de son art à Florenville, dans l’atelier d’Abraham Gilson [1]Abraham Gilson (à l’état civil : Jean-Louis Gilson (Habay-la-Vieille [Belgique], 1741 – Florenville, 1809) : moine cistercien, il consacra son existence entière à la peinture., et poursuit sa formation pendant quatre ans (1808-1812) dans l’atelier de Jacques-Louis David (Paris, 1748 – Bruxelles, 1825), à Paris. En 1815, il étudie à l’académie des beaux arts de Munich, puis se rend à Rome 1816 avec son ami le graveur suisse Samuel Amsler (Schinznach, 1791 – Munich, 1849), et y demeure jusqu’en 1822. À partir de 1836, il achète des œuvres sur le marché de l’art italien et constitue une importante collection qui sera dispersée après sa mort. À partir de 1843, il assume les fonctions de conservateur de la Collection Wallraf [2]Aujourd’hui Musée Wallraf-Richartz. de Cologne.
Ramboux a durablement marqué la recherche historico-artistique grâce aux copies de peintures et de fresques qu’il a exécutées lors de ses voyages en Italie entre 1816 et 1843. Des générations d’artistes, de critiques et d’historiens de l’art ont travaillé avec le véritable « musée de la copie » qu’il a constitué. Dans bien des cas, ses dessins, relevés sur calque, lithographies et aquarelles réalisées à partir d’œuvres d’art italiennes du Duecento au Seicento, ont longtemps représenté les seules sources iconographiques disponibles concernant cette époque. Les feuilles de Ramboux étaient appréciées par des historiens de l’art tels que Karl Friedrich von Rumohr [3]Karl Friedrich von Rumohr (Reinhardtsgrimma [Saxe], 1785 – Dresde, 1843) : écrivain, historien de l’art et dessinateur., Franz Kugler [4]Franz Theodor Kugler ou Franz Kugler (Stettin, 1808 – Berlin, 1858) : historien de l’art et écrivain. ou Johann David Passavant [5]Johann David Passavant (Francfort, 1787 – 1861) : peintre, conservateur de musée et historien de l’art., surtout pour leur « fidélité à l’original ». Aujourd’hui, les travaux de Ramboux sont dispersées dans divers musées et, du fait de leur valeur documentaire, sont également conservées en grand nombre dans les archives iconographiques sous forme de reproductions photographiques.
Parallèlement à son activité de copiste (2000 dessins et 400 aquarelles), Ramboux a acquis sur le marché plus de 500 peintures, principalement italiennes. À sa mort, sa collection [6]Cette collection, vendue aux enchères après la mort de Ramboux survenue en 1867, est aujourd’hui disséminée dans plusieurs musées, en Europe, principalement à Cologne (Wallraf-Richartz Museum), Düsseldorf (Kunstacademie), Francfort (Städelsches Kunstinstitut), Budapest (Szépmüvészeti Múzeum), Esztergom (Keresztény Múzeum), Altenburg (Lindenau Museum) et Utrecht (Museum … Poursuivre comprenait environ 350 œuvres de primitifs italiens, dont la très grande majorité était représentée par des œuvres siennoises du XIIIe au XVe siècle : on y trouvait entre autres 31 tablettes de la Biccherne ou de la Gabelle générale, une vingtaine d’œuvres de Giovanni di Paolo, une douzaine de Sano di Pietro… Bien qu’autodidacte, Ramboux était devenu « l’un des experts les plus accomplis de l’art primitif siennois » [7]Dóra SALLAY, Corpus of Sienese Paintings in Hungary, 1420-1510, Florence, Centro Di, 2015..
Notes
| 1↑ | Abraham Gilson (à l’état civil : Jean-Louis Gilson (Habay-la-Vieille [Belgique], 1741 – Florenville, 1809) : moine cistercien, il consacra son existence entière à la peinture. |
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| 2↑ | Aujourd’hui Musée Wallraf-Richartz. |
| 3↑ | Karl Friedrich von Rumohr (Reinhardtsgrimma [Saxe], 1785 – Dresde, 1843) : écrivain, historien de l’art et dessinateur. |
| 4↑ | Franz Theodor Kugler ou Franz Kugler (Stettin, 1808 – Berlin, 1858) : historien de l’art et écrivain. |
| 5↑ | Johann David Passavant (Francfort, 1787 – 1861) : peintre, conservateur de musée et historien de l’art. |
| 6↑ | Cette collection, vendue aux enchères après la mort de Ramboux survenue en 1867, est aujourd’hui disséminée dans plusieurs musées, en Europe, principalement à Cologne (Wallraf-Richartz Museum), Düsseldorf (Kunstacademie), Francfort (Städelsches Kunstinstitut), Budapest (Szépmüvészeti Múzeum), Esztergom (Keresztény Múzeum), Altenburg (Lindenau Museum) et Utrecht (Museum Catharijneconvent) et aux États Unis : New York (New York, The Metropolitan Museum of Art), Cleveland (The Cleveland Museum of Arts), Detroit (Institute of Art). |
| 7↑ | Dóra SALLAY, Corpus of Sienese Paintings in Hungary, 1420-1510, Florence, Centro Di, 2015. |
