Radicofani

Construite au sommet d’une falaise haute de près de 900 mètres, la silhouette de la puissante tour de Radicofani domine tout les territoires situés entre le Mont Cetona, le Val d’Orcia, le Mont Amiata et la vallée de la Paglia, l’un des affluents du Tibre. Le tronçon de l’antique via Cassia qui longeait déjà le site avant d’être intégré au parcours de la Via Francigena, a sans aucun doute été déterminant pour le développement de la cité. L’histoire de Radicofani demeure indissolublement liée à cette importante voie de communication dont elle constituait une étape [1]L’itinéraire parcouru par Sigéric de Canterbury (990-994) ne mentionne pas Radicofani parmi les haltes effectuées, contrairement à celui, ultérieur, de Philippe II Auguste (1191) dans lequel sont indiqués Rodecoc ainsi que la localité, non identifiée, de S.ce Peitr in Pail (San Pietro in Paglia), bourg probablement située au fond de la vallée., offrant aux voyageurs un lieu où se reposer en sécurité au carrefour des voies reliant également, d’est en ouest, l’Ombrie et la Maremme. La position clé qu’occupe la forteresse, permettant d’exercer le contrôle aux confins de la Toscane et du Latium, n’est pas étrangère aux nombreux conflits qui, pendant des siècles, ont émaillé l’histoire de la ville.

Avec Pienza, San Quirico, Montalcino et Castiglione, Radicofani est, depuis 2004, l’une des cinq communes de la Val d’Orcia reconnues par l’UNESCO comme Patrimoine Mondial de l’Humanité pour la beauté de leurs paysages. 

Repères historiques
CHRONOLOGIE DES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS HISTORIQUES
973Le castello de Radicofani, construit par la famille des Aldobrandeschi [2]La dynastie des comtes Aldobrandeschi, d’origine lombarde, est réputée descendre des premiers rois d’Italie., est cité pour la première fois dans un document émanant de Lamberto di Ildebrando (Aldobrandeschi). Le castello et sa rocca (tour fortifiée) s’élèvent sur un site étrusco-romain préexistant.
1028Le comte Ildebrando IV Aldobrandeschi [3]Ildebrando IV Aldobrandeschi (av. 988 – av. 1040). vend Contignano à Foscolo di Pietro Lambardi, seigneur appartenant à la petite noblesse locale. Le fils de Foscolo et sa femme Maiza en font don l’année suivante au Monastère de San Salvatore del Monte Amiata.
1081Un document datant de cette année indique que la famille Aldobrandeschi tente de soustraire Radicofani à la juridiction du monastère.
1139Le comte Manente di Pepone donne à l’archevêque de Sienne Ranieri un sixième du Castello, marquant ainsi le début du contrôle exercé par les Siennois sur la région. Les moines de San Salvatore font appel au pape Eugène III [4]Eugène III, né Bernardo Paganelli di Montemagno (Pise, fin des années 1080 – Tivoli, 1153) : moine de Clairvaux, 167e pape de 1145 à 1153. et parviennent à un compromis : la moitié de la forteresse est concédée en location perpétuelle à l’Eglise Romaine à travers le souverain pontife.
1154Le pape Adrien V [5]Adrien V, né Ottobono de’ Fieschi (Gênes, v. 1205 – Viterbe, 1276) : 186e pape pendant 39 jours, du 11 juillet au 18 août 1276 fait fortifier le château.
1198Innocent III [6]Innocent III, né Lotario dei conti di Segni (Gavignano, 1160 – Pérouse, 1216) : 176e pape élu le 8 janvier 1198. Il est considéré dans la chrétienté latine comme l’un des plus grands papes du Moyen Âge. augmente encore les fortifications. A partir de cette période, Radicofani se trouve au centre des luttes entre Sienne et Orvieto, l’alliée florentine, avec l’intromission constante de la papauté.
1210L’empereur  Otton IV [7]Ottone IV de Brunswick (Argentan, 1175 – Harzburg,  1218) : roi d’Allemagne en 1198 et empereur du Saint Empire Romain Germanique en 1209. Bien qu’il fut l’unique empereur de la faction guelfe, Innocent III l’excommunia en 1210 avant de le déposer en 1215 afin de céder la couronne impériale au jeune Frédéric de Hohenstaufen. confirme cette possession à l’Abbaye.
1262La forteresse devient le siège de la famille guelfe des Salimbeni, exilée de Sienne. L’année suivante, les Siennois la conquièrent à nouveau et détruisent les murailles de la ville. La situation se répète en 1264-65,
1284Révolte contre le pouvoir de l’Église.
1290 Ghino di Tacco [8]Ghino di Tacco (La Fratta, XIIIe s. – Sinalunga, 1303 ou 1313) : célèbre brigand à qui Dante fait une place au Purgatoire (Purgatoire, VI, 13-14) et que Boccace dépeint comme le brigante buono (Decaméron, jour X, nouvelle II. occupe la Rocca pourtant jugée inexpugnable. C’est d’ici qu’il poursuit les opérations de brigandage qui l’ont fait entrer dans la légende.
1293L’existence de l’église de Santa Maria in Campo est attestée pour la première fois.
1300Radicofani est le théâtre d’une rencontre entre l’armée de Santa Fiora, commandée par Guido di Santa Fiora – et celles de Sienne et Orvieto, commandées, quant à elles, par Ghirardello da Todi. Quatre cent hommes ainsi que presque tous les officiers siennois et orvietains perdent la vie dans les combats.
1303Contignano passe sous la coupe de Pietro di Ranuccio di Pepone Farnese.
1313 Celui-ci prend parti en faveur des orviétains.
1339Pietro di Ranuccio di Pepone Farnese soumet le castello de Contignano à la Commune de Sienne en échange du bénéfice de la citoyenneté siennoise pour son propre compte.
1352Sienne tente une nouvelle fois de mettre la main sur Radicofani. La papauté concède à nouveau la seigneurie de Radicofani à la famille Salimbeni.
1355Bien que n’étant plus possesseurs du castello, les moines de San Salvatore, parviennent à faire renouveler le décret donné par Otton IV en 1210 par l’empereur Charles IV.
1379À Contignano, lors d’un conflit armé avec les troupes de mercenaires bretons alliées des Farnese, les habitants du bourg, qui sont favorables à Sienne, ont le dessus [9]Cette glorieuse page d’histoire est encore célébrée actuellement le 7 juillet, jour anniversaire de la rencontre..
1390Les Farnese vendent Contignano à Cione Salimbeni [10]À partir de leurs possessions d’origine, dont la Rocca di Tentennano, les Salimbeni, alliés des Farnese, réussirent à instaurer une petite seigneurie en réunissant des bourgs tels que Radicofani, Celle sul Rigo, Castiglioncello del Trinoro et même Chiusi. pour la somme de 5000 fiorins.
1405Cocco Salimbeni [11]Niccolò di Cione di Sandro, dit Cocco, dernier seigneur de la Rocca di Tentennano, et dernier grand protagoniste des ambitions de la famille Salimbeni et de la lutte politique conduite de la fin du XIVe au début du XV s. fait la paix avec Sienne, en lui soumettant à cette occasion ses propres terres de Contignano.
1409Début décembre, les habitants de Contignano chassent Cocco Salimbeni et, dès le 7 du même mois, le République de Sienne concède l’autonomie, ainsi que des avantages économiques au Castello.
1417Le gouvernement de Sienne fait construire une nouvelle forteresse.
Milieu du XVe s.Préoccupés du fait que le tronçon de la Via Francigena qui longeait la ville en contrebas était difficilement contrôlable depuis la forteresse, les Siennois, après avoir rendu celui-ci inutilisable, le remplacèrent par un nouveau tracé passant sous les fortifications.
1515Après une contestation survenue avec Borghese Petrucci [12]Borghese Petrucci (Sienne, 1490 – Naples, 1526) : successeur de son père Pandolfo à la tête de la  Signoria de Sienne de 1512 à 1516., Antonio Giordani di Venafro quitte Sienne ainsi que toutes ses terres.
1555Radicofani résiste avec succès aux sièges des troupes impériales. La ville ne se rendra qu’après que la République en exil à Montalcino ait elle-même rendu les armes.
1559Avec la signature du traité du Cateau-Cambraisis l’Etat siennois définitivement est absorbé dans le Grand-duché de Toscane.
1608Le Grand-duc Ferdinand Ier confirme l’autonomie de Contignano.
1676Nella visita fatta da Bartolomeo Gherardini per ordine del granduca il castello e le terre di Contignano appartengono alla famiglia Bandinelli.
1778Conséquence de la loi grand-ducale suppression comunelli (1777), la commune de Contignano est placée dès le 1er janvier sous la juridiction de Radicofani.
CENTRES D’INTÉRÊT DANS L’ENCEINTE DE LA VILLE

MUSÉE

  • Museo del Cassero

ÉDIFICES RELIGIEUX

  • San Pietro
  • Santa Agata
  • Madonna del Roccheto
  • Madonna delle Vigne
  • Chiesa di Sant’Eustacchio, in località Castelvecchio

ÉDIFICES CIVILS OU MILITAIRES, MONUMENTS REMARQUABLES, URBANISME, …

  • Palazzo Luchini
  • Piazza Ghino di Tacco
  • Piazzetta del Teatro
  • Posta Medicea « Osteria Grossa »
  • Spedale di Spineta
  • Fortezza di Radicofani
  • Fontana Medicea
  • Fontana Grande
  • Fonte dei Cappucini
  • Fonte Antese
  • Il lavatoio
CENTRES D’INTÉRÊT EN DEHORS DE L’ENCEINTE DE LA VILLE
CENTRES D’INTÉRÊT AU SEIN DES FRAZIONI
CENTRES D’INTÉRÊT DANS LES COMMUNES LIMITROPHES

Notes

Notes
1 L’itinéraire parcouru par Sigéric de Canterbury (990-994) ne mentionne pas Radicofani parmi les haltes effectuées, contrairement à celui, ultérieur, de Philippe II Auguste (1191) dans lequel sont indiqués Rodecoc ainsi que la localité, non identifiée, de S.ce Peitr in Pail (San Pietro in Paglia), bourg probablement située au fond de la vallée.
2 La dynastie des comtes Aldobrandeschi, d’origine lombarde, est réputée descendre des premiers rois d’Italie.
3 Ildebrando IV Aldobrandeschi (av. 988 – av. 1040).
4 Eugène III, né Bernardo Paganelli di Montemagno (Pise, fin des années 1080 – Tivoli, 1153) : moine de Clairvaux, 167e pape de 1145 à 1153.
5 Adrien V, né Ottobono de’ Fieschi (Gênes, v. 1205 – Viterbe, 1276) : 186e pape pendant 39 jours, du 11 juillet au 18 août 1276
6 Innocent III, né Lotario dei conti di Segni (Gavignano, 1160 – Pérouse, 1216) : 176e pape élu le 8 janvier 1198. Il est considéré dans la chrétienté latine comme l’un des plus grands papes du Moyen Âge.
7 Ottone IV de Brunswick (Argentan, 1175 – Harzburg,  1218) : roi d’Allemagne en 1198 et empereur du Saint Empire Romain Germanique en 1209. Bien qu’il fut l’unique empereur de la faction guelfe, Innocent III l’excommunia en 1210 avant de le déposer en 1215 afin de céder la couronne impériale au jeune Frédéric de Hohenstaufen.
8 Ghino di Tacco (La Fratta, XIIIe s. – Sinalunga, 1303 ou 1313) : célèbre brigand à qui Dante fait une place au Purgatoire (Purgatoire, VI, 13-14) et que Boccace dépeint comme le brigante buono (Decaméron, jour X, nouvelle II.
9 Cette glorieuse page d’histoire est encore célébrée actuellement le 7 juillet, jour anniversaire de la rencontre.
10 À partir de leurs possessions d’origine, dont la Rocca di Tentennano, les Salimbeni, alliés des Farnese, réussirent à instaurer une petite seigneurie en réunissant des bourgs tels que Radicofani, Celle sul Rigo, Castiglioncello del Trinoro et même Chiusi.
11 Niccolò di Cione di Sandro, dit Cocco, dernier seigneur de la Rocca di Tentennano, et dernier grand protagoniste des ambitions de la famille Salimbeni et de la lutte politique conduite de la fin du XIVe au début du XV s.
12 Borghese Petrucci (Sienne, 1490 – Naples, 1526) : successeur de son père Pandolfo à la tête de la  Signoria de Sienne de 1512 à 1516.
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