Torrita di Siena

Torrita di Siena

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Présentation

Ancienne place forte située au sud-est de Sienne dont elle fut à la fois la vigie et le grenier à blé, Torrita est comme toutes les cités de Toscane où histoire et légende se confondent.

La bourgade s’étend à l’ouest de la Val di Chiana. La ville basse présente de prime abord un aspect assez rebutant pour risquer de dissuader le visiteur d’y faire étape. Il faut gagner la partie ancienne (le castello proprement dit, construit sur une colline dominant la vallée) pour percevoir sa beauté, qui est réelle mais que dissimulent les faubourgs récents, liés à un développement industriel et commercial trop rapide.

Le centre historique est ceinturé d’une muraille du XIIe s. dont une partie importante est encore en place. On pénètre dans la cité par l’une des quatre portes d’accès que comporte l’enceinte fortifiée, situées aux quatre points cardinaux (la cinquième porte, ou porta nova, a été percée au XIXe s.).

En accédant à l’intérieur de l’enceinte fortifiée, on découvre un joli paysage urbain qui conservé son allure médiévale. Ses vieilles rues silencieuses créent des points de vue inattendus. Leur étroitesse est garante d’une relative fraicheur au cours des étés qui, ici, sont brulants.

L’unique place de la ville constitue encore le centre névralgique de la vie communale. Elle se situe au croisement des rues qui proviennent des quatre portes d’accès. Au centre de la place, l’ancienne citerne qui approvisionnait en eau l’ensemble de la cité est encore repérable grâce au curieux puits métallique de construction moderne qui en marque l’emplacement.

Immédiatement à droite du Palazzo Pretorio, aujourd’hui siège de la commune, s’élève la façade du theatro degli Oscuri, théâtre construit au XVIIIe s. par la compagnie du même nom (dont les activités perdurent de nos jours). Véritable petit théâtre à l’italienne avec ses deux étages de loges, il conserve le buste de Giulio Neri, célèbre basse, né ici en 1909, qui chanta notamment aux côtés de Maria Callas au cours des années cinquante du XXe s. Ce chanteur lyrique faisait d’ailleurs partie de la distribution de la mémorable représentation de la Norma de Bellini interprétée à l’opéra de Rome en 1958. Celle-ci est devenue légendaire par le scandale médiatique créé par l’interruption du spectacle due à un problème de santé rencontré par Maria Callas après la fin du premier acte, ce malgré la présence du Président de la République italienne dans la salle ce jour là.

QUELQUES REPÈRES historiques
En savoir plus

Le territoire de la commune de Torrita, résulte d’une série d’évolutions et de transformations qui remonte à une période reculée. Les Etrusques, et après eux les Romains, y ont les premiers effectué d’importants travaux d’adduction d’eau destinés à fertiliser les terres.

Cette partie de la Val di Chiana joue un rôle important à l’époque impériale, au cours de laquelle son territoire est traversé par d’importantes voies de communication aussi bien fluviales que routières. Grâce à la rivière Clanis [1]Le nom de la Val di Chiana (ou Valdichiana) dérive de celui de la rivière Clainis qui la traverse., qui à cette époque se jetait dans le Tibre, les marchandises de la Val di Chiana parviennent jusqu’à la capitale de l’empire. On trouve d’ailleurs encore trace de nombreux produits manufacturés en provenance de la région à Rome.

Ainsi que l’indique la table de Peutinger [2]La Table de Peutinger (Tabula Peutingeriana ou Peutingeriana Tabula Itineraria), appelée aussi carte des étapes de Castorius, est la copie, datant du XIIIe s. d’une ancienne carte romaine où figurent les routes et les principales villes de l’Empire romain qu’elles traversaient. Ce réseau constituait le cursus publicus, service de poste impérial … Poursuivre, une route romaine traversait le territoire appartenant à Torrita. En 2011, une partie de cette voie consulaire a été mise à jour dans la localité de Stradella. De même, des fouilles réalisées dans les années quatre-vingt-dix du siècle dernier avaient déjà permis de retrouver les traces d’un relai datant de l’époque romaine et mentionné dans la table de Peutinger sous le nom de Manliana. L’écho de ce nom se fait encore entendre à travers celui de l’actuelle localité de Poggio Magliano.

D’autres découvertes, effectuées dans le secteur de Pantani – Le Gore, attestent également de la présence d’un noyau d’habitation datant de la fin de l’antiquité qu’il est possible d’identifier avec la Statio Manliana, relai de poste où était également située l’ecclesia Sanctorum Iuliani et Costanti remontant à l’an 717 et qui fut selon toute vraisemblance l’église primitive de Torrita.

Le centre historique de Torrita, en revanche, est le fruit d’une évolution urbanistique relativement plus récente. Le noyau originaire de la cité est situé sur la colline, en contrebas du castello (lat. castrum : place forte), du côté de l’actuel cimetière où ont été retrouvées d’anciennes tombes étrusques. L’un des premiers documents sur lequel apparaisse le nom de Torrita est le code amiatino (1037) où il est fait référence à un placet émis « dans le lieu dit Turrita, dans le territoire de la Pieve de san Costanzo ». Vers le milieu du XIVe s., Torrita faisait partie des castelli (ou places fortes) permettant la défense des confins sud-orientaux de Sienne. Ces avant-postes jouissaient de privilèges particuliers liés à leur fonction de contrôle des confins du territoire placés sous la domination de la République siennoise. Celle-ci prenait en charge leur équipement et leur entretien, et assumait notamment la charge de la réfection des murs d’enceinte. Du fait de sa constante fidélité à la République, les murs du castello ont plusieurs fois été reconstruits et renforcés afin d’être mieux à même de résister à la cité de Montepulciano voisine, alliée historique de Florence. En 1363, la vallée qui s’étend en face du castello de Torrita a été le théâtre de l’une des plus cruelles confrontations survenue sur ce territoire à l’époque médiévale, la bataille de la Val di Chiana dont les armées siennoises sortirent victorieuses des mercenaires de la Compagnia del Cappello, troupe créée et conduite par Niccolo di Montefeltro [3] et à la solde de la République de Florence. Cet épisode fameux a été immortalisé sur l’un des murs de la salle de la Mappemonde au Palazzo Pubblico de Sienne grâce à une fresque de Lippo Vanni, œuvre qui confère à la réalité historique de cette bataille la dimension de la légende.

Lupa e duca

Le dernier projet de restructuration des murailles d’enceinte remonte à 1528 et porte la signature de Baldassare Peruzzi.

Torrita entre définitivement dans l’orbite de Florence en 1554, après la chute de la République de Sienne. A partir du XVIe s., l’agglomération de Torrita a vu l’acquisition de la zone des marais réalisée par la famille des Médicis. La conséquence de cette acquisition fut la formation de grands domaines, parmi lesquels la Fattoria di Torrita qui intégra l’ensemble des terres marécageuses cédées par les communauté de Torrita, de Ciliano et de Montepulciano. Les confins de cette exploitation fermière s’étendaient de Sinalunga jusqu’au pont de Valiano.

CENTRES D’INTÉRÊT DANS L’ENCEINTE DE LA VILLE

ÉDIFICES RELIGIEUX

  • Santissima Annunziata, ancienne église du centre-ville. Créé au milieu du XVIe siècle.
  • Santa Croce, église du centre-ville de 1642, contient l’œuvre Virgin Assunta adorata dai Santi Carlo Borromeo e Francesco (attribuée à Il Rustichino).
  • Sante Flora e Lucilla
  • Santi Martino e Costanzo, Église construite en 1631 et transformée en collégiale en 1648 au centre du village. A été agrandie en 1648 et 1789.

ÉDIFICES CIVILS, MONUMENTS REMARQUABLES, URBANISME, …

  • Palazzo Comunale, anciennement Palazzo Pretorio ou Palazzo del Podestà, hôtel de ville avec tour de l’horloge (Torre dell’Orologio) sur la place principale Piazza Matteotti, construit entre 1210 et 1220.
  • Teatro Comunale degli Oscuri, théâtre du centre-ville, inauguré en 1870 et rénové de 1982 à 1986.
  • Portes de l’enceinte de la ville
    • Porta a Sole, la porte orientale de la ville, a été construite au milieu du XVIe siècle (vers 1550).
    • Porta a Pago, l’une des deux portes les plus anciennes. Jusqu’au milieu du XVIe siècle, la porte avait une avant-porte d’accès (Antiporto). Fortement endommagé lors de la guerre entre Florence et Sienne et réparé jusqu’en 1622, puis restauré en 1878.
    • Porta a Gavina
    • Porta Nova, cinquième porte de la ville ouverte en 1835 pour résoudre les problèmes de circulation (les anciennes portes de la ville étant trop petites et étroites).
CENTRES D’INTÉRÊT EN DEHORS DE L’ENCEINTE DE LA VILLE
  • Madonna delle Nevi, église construite en 1525.
  • Madonna dell’Olivo, église construite en 1425 à l’extérieur des murs de la ville. A été construite sur le site de la Pieve di San Costanzo a Scanello (mentionnée en 1037), qui a été démolie lors de la construction de la nouvelle église. Le campanile a été ajouté en 1818.
  • Madonna della Pace, ancienne église juste à l’extérieur de la Porta Gavina.
  • Madonna del Rosario, église près de la gare de Torrita di Siena.
  • San Lorenzo a Ciliano, église sur la route de Montepulciano.
  • Madonna delle Fonti a Giano, église sur la route de Sinalunga, construite en 1665. Conserve une toile de Francesco Franci, Santo adorante il Crocifisso, 1698.
  • Pieve di San Valentino à Casale Ursina, Pieve sur la route de Montepulciano. Construite sur une église plus ancienne, mentionnée dès 714.
CENTRES D’INTÉRÊT AU SEIN DES HAMEAUX (FRAZIONI) et lieux-dits (LocaliTà) DE LA COMMUNE
CENTRES D’INTÉRÊT DANS LES COMMUNES LIMITROPHES

Notes

Notes
1 Le nom de la Val di Chiana (ou Valdichiana) dérive de celui de la rivière Clainis qui la traverse.
2 La Table de Peutinger (Tabula Peutingeriana ou Peutingeriana Tabula Itineraria), appelée aussi carte des étapes de Castorius, est la copie, datant du XIIIe s. d’une ancienne carte romaine où figurent les routes et les principales villes de l’Empire romain qu’elles traversaient. Ce réseau constituait le cursus publicus, service de poste impérial qui assurait les échanges officiels et administratifs. Ce document était également connu autrefois sous le nom de « Table théodosienne » (ou tabula theodosiana), nom qui fait référence à l’empereur Théodose car une copie du document fait mention de vers rédigés sous le règne cet empereur.
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