Amphore nicosthénienne

Potier Nicosthénès, Amphore, v. 520. Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.

La panse ovoïde des amphores nicosthéniennes [1]Nicosthénienne : attribuée à Nicosthénès, dit Peintre N (Attique, 2e moitié du VIe siècle av. J.-C.). est élancée, le pied est cylindrique et les anses forment un demi-cercle. Ce type d’amphore possède « un système décoratif relativement inhabituel pour la fin du VIe siècle. La plupart sont composées de bandes (environ 80 % des amphores entières) tandis que d’autres (environ 20 %) présentent un décor figuré que Tosto qualifie d’« overlap (*) » : les figures vont de l’épaule au milieu de la panse sans tenir compte des moulures qui les traversent. Un cas tout à fait particulier est représenté par l’amphore du Louvre F114 (**) en technique de Six (fig. ci-dessus). L’utilisation de cette technique, innovation attribuée à l’atelier de Nikosthénès, permet de reprendre l’aspect noir lustré du bucchero tout en rajoutant une touche de peinture avec les figures en rehaut blanc sur le col et les trépieds peints sur les anses. Pour cette amphore uniquement, on pourrait imaginer une volonté de l’atelier de se rapprocher au plus près du bucchero étrusque (***). Un autre élément de l’amphore F114 est troublant : il s’agit de la tripartition de l’anse provoquée par la représentation du trépied qui semble rappeler les limites de la zone d’impression du bucchero. En effet, la plupart des amphores de bucchero ont les anses ornées de décors estampés qui divisent cette zone en une frise en relief au centre et deux parties lisses autour. »

Ces amphores ont un décor très épuré, voire inexistant, sauf sur les anses où est figuré un léger relief. Ce type est le résultat de la rencontre entre art étrusque et art grec.

(*) Vincent TOSTO, The Black Figure Pottery Signed Nikosthenesepoiesen, Amsterdam, Allard Pierson Museum, 1999, p. 45.
(**) Vincent TOSTO, op. cit., no 81.
(***) Rasmussen note qu’il existe des amphores polychromes, mais que leur contemporanéité avec les amphores nikosthéniennes ne permet pas de voir celle-ci comme une imitation des amphores de bucchero surpeintes. (Tom Β. Rasmussen, Bucchero Pottery from Southern Etruria, Cambridge, University Press, 1979, p. 142) Voir aussi l’idée évoquée par Brijder sur les effets de lumière produits par les décors en relief : « The engraving creates a contrast of light and dark that is, in fact, not so different from that of white and black. » (Herman A. G. Brijder, « Six’s technique and Etruscan Bucchero », dans Kenneth Lapatin (éd.), Papers on Special Techniques in Athenian Vases. Proceedings of a symposium held in connection with the exhibition The Colors of Clay: Special Techniques in Athenian Vases, at the Getty Villa, June 15‑17, 2006, Los Angeles, J. Paul Getty Museum, 2008, p. 40).

Notes

Notes
1 Nicosthénienne : attribuée à Nicosthénès, dit Peintre N (Attique, 2e moitié du VIe siècle av. J.-C.).

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