Dans la Grèce antique, le symposium [1]Symposium, du grec συμπόσιον / sympósion : « réunion de buveurs », lui-même composé à partir de συμπίνειν, sympínein (sym, « avec », et pinein, « boire ») : « boire ensemble. » était la partie d’un banquet qui avait lieu après le repas, au cours de laquelle les hommes buvaient ensemble dans une atmosphère conviviale, accompagnés de musique, de danses, de récitals ou de conversations. Activité aristocratique masculine et rigoureusement chorégraphiée, le symposium était supervisé par un « symposiarque » [2]Symposiarque (gr. ancien : συμπόσιάρχης : symposiárchēs) : dans la Grèce antique, personne choisie par tirage au sort pour présider un banquet et en être le maître de cérémonie. qui décidait de l’intensité du vin pour la soirée, selon que l’on prévoyait des discussions sérieuses ou des plaisirs sensuels. [3]Les Grecs et les Romains avaient pour coutume de servir leur vin coupé d’eau, la consommation de vin pur étant considérée comme une habitude des peuples non civilisés. Cependant, il existait des différences majeures entre les symposiums romains et grecs. Un symposium romain (convivium) servait du vin avant, pendant et après le repas, et les femmes de haut rang étaient autorisées à … Poursuivre
Parés de rubans sur la tête, les participants s’allongeaient – un ou deux par kliné (sorte de canapé) – dans une pièce conçue pour accueillir sept à quinze canapés avec coussins et tables basses. [4]De nombreuses pièces de ce type ont été identifiées par les fouilles archéologiques réalisées dans des contextes domestiques. La plus célèbre représentation de ce type d’espace festif se trouve sur les parois peintes de la Tombe du Plongeur, à Paestum. Le vin était tiré d’un cratère à l’aide de cruches (œnochoé) par des jeunes esclaves qui remplissaient ensuite les coupes de vin des convives. [7] Parmi les formalités observées, les plus importantes étaient les libations : celles-ci consistaient à verser au sol une petite quantité de vin en l’honneur de diverses divinités ou des défunts.
Le symposium, traditionnellement interprété comme une beuverie, était un élément bien ancré dans la société grecque, et plus particulièrement athénienne. Plus important encore, cependant, était le rôle du symposium en tant qu’institution permettant aux citoyens de se réunir, de traiter des affaires et, comme le montre un dialogue de Platon [5]« Et quand Socrate eut dit ces choses, les personnes présentes applaudirent. Tout à coup, on frappa à la porte de la cour. Cela fit un grand bruit, qui semblait venir d’une troupe joyeuse. On entendit le son d’un aulos… Et peu après on entendit la voix d’Alcibiade, qui venait de la cour : il était complètement ivre et criait en demandant où … Poursuivre, d’engager des discussions sérieuses. Un élément essentiel de l’équipement du symposium était le vase dans lequel le vin était dilué avec de l’eau et d’où il était servi.
« Le symposion permet de s’abstraire des réalités contingentes, d’aller au-delà du rationnel, en s’abandonnant à l’ivresse non seulement du vin, mais aussi de la musique et de lamour. Pour exprimer cette idée, Pindare recourt à une métaphore marine : «… à l’heure ou les soucis qui fatiguent les hommes s’évadent de leurs poitrines, où, comme en un océan de richesse, parmi l’or en abondance, tous également nous voguons vers quelque rive imaginaire; alors le pauvre est riche, alors les riches […] les cœurs grandissent, domptés par l’arc de la vigne.»* Des associations de l’amour au monde marin, comme par exemple, l’assimilation des mouvements de l’acte sexuel avec ceux des embarcations ou, plus génériquement, du vagin avec la mer, traversent toute la littérature grecque. » [6]Daisy Warland, « La tombe ‘du Plongeur’ », dans Revue de l’histoire des religions, tome 213, n°2, 1996. pp. 143-160. https://doi.org/10.3406/rhr.1996.1217
Notes
| 1↑ | Symposium, du grec συμπόσιον / sympósion : « réunion de buveurs », lui-même composé à partir de συμπίνειν, sympínein (sym, « avec », et pinein, « boire ») : « boire ensemble. » |
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| 2↑ | Symposiarque (gr. ancien : συμπόσιάρχης : symposiárchēs) : dans la Grèce antique, personne choisie par tirage au sort pour présider un banquet et en être le maître de cérémonie. |
| 3↑ | Les Grecs et les Romains avaient pour coutume de servir leur vin coupé d’eau, la consommation de vin pur étant considérée comme une habitude des peuples non civilisés. Cependant, il existait des différences majeures entre les symposiums romains et grecs. Un symposium romain (convivium) servait du vin avant, pendant et après le repas, et les femmes de haut rang étaient autorisées à y participer. Dans un symposium grec, on ne buvait du vin qu’après le dîner, et les femmes, hormis les artistes, n’étaient pas autorisées à y assister.[6] |
| 4↑ | De nombreuses pièces de ce type ont été identifiées par les fouilles archéologiques réalisées dans des contextes domestiques. La plus célèbre représentation de ce type d’espace festif se trouve sur les parois peintes de la Tombe du Plongeur, à Paestum. |
| 5↑ | « Et quand Socrate eut dit ces choses, les personnes présentes applaudirent. Tout à coup, on frappa à la porte de la cour. Cela fit un grand bruit, qui semblait venir d’une troupe joyeuse. On entendit le son d’un aulos… Et peu après on entendit la voix d’Alcibiade, qui venait de la cour : il était complètement ivre et criait en demandant où était Agathon (le poète) et prétendait qu’on le conduise à lui. En le soutenant, donc, la joueuse d’aulos et quelques autres le conduisirent auprès des convives. Et lui s’arrêta sur le pas de la porte, ceint d’une fausse couronne d’Hedera [de lierre] et de violettes [ou de pensées], avec une grande quantité de nœuds sur la tête, et dit : Je vous salue, messieurs. Voulez-vous accepter comme compagnon à boire, un homme ivre parmi vous, ou devons-nous partir… ? […] J’arrive maintenant, avec des rubans sur la tête pour les y enlever et couronner la tête du plus savant et du plus beau. Rirez-vous forcément de moi parce que je suis ivre ? Pourtant moi, même si vous riez, je sais bien dire la vérité… » Platon, Le Banquet, 212 c, d, e, traduction de Giorgio Colli ; Platon, La République, livre II, 363 C. |
| 6↑ | Daisy Warland, « La tombe ‘du Plongeur’ », dans Revue de l’histoire des religions, tome 213, n°2, 1996. pp. 143-160. https://doi.org/10.3406/rhr.1996.1217 |
