Bucrane

En architecture, le bucrane (du bas latin bucranium, « tête de bœuf ») est un motif ornemental représentant un crâne de bœuf, généralement sculpté sculpté sur les entablements des édifices. Bien que présent avec parcimonie, ce motif est caractéristique du décor architectural dans la Grèce et la Rome classiques. [1]« Les théoriciens ne peuvent pour une fois invoquer Vitruve comme garant : dans la description qu’il donne de la frise dorique, l’auteur du De architectura se contente d’indiquer la taille des métopes, sans préciser leur décor. Dans les ruines le bucrane apparaît généralement comme un élément décoratif des frises, mais parmi d’autres (guirlandes de fruits, … Poursuivre. Ce motif disparaît peu ou prou pendant tout le Moyen Âge et ne réapparaît, d’abord en Vénétie, qu’au milieu du XVIe siècle, avant d’essaimer en Italie et en Europe. « On sait […] l’importance considérable de l’édition du De architectura par Fra Giocondo [2]Fra Giovanni Giocondo (Vérone, v. 1433 – Rome, 1515) : moine dominicain puis franciscain, architecte, « humaniste qui fut aussi un praticien et un ingénieur, et aux différents aspects, complémentaires, de son savoir et de son activité (*) ». En 1511, il publie la première édition illustrée du De architectura de Vitruve (**). (*) Pierre GROS, « Fra Giocondo … Poursuivre pour l’histoire des études vitruviennes car les planches qu’il ajoute au texte sont de fait le premier commentaire moderne du traité. Or la gravure représentant l’entablement dorique proposait un modèle théorique de frise, et plus généralement d’entablement, identique à celui du théâtre de Vérone, où les triglyphes alternent avec des métopes ornées de bucranes et de patères. » [3]Frédérique LEMERLE. Du bucrane au protome: le motif taurin dans l’architecture de la Renaissance, op. cit.

Bucrane, détail de la frise d’une cheminée Renaissance du château de Beynac (Dordogne)

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Notes

Notes
1 « Les théoriciens ne peuvent pour une fois invoquer Vitruve comme garant : dans la description qu’il donne de la frise dorique, l’auteur du De architectura se contente d’indiquer la taille des métopes, sans préciser leur décor. Dans les ruines le bucrane apparaît généralement comme un élément décoratif des frises, mais parmi d’autres (guirlandes de fruits, putti, branches feuillagées, casques et instruments de sacrifice…), et sans distinction d’ordonnance […]. Le bucrane ornait également la frise dorique de la basilique Emilia, en alternance avec la patère (*) […]. » Frédérique LEMERLE. Du bucrane au protome: le motif taurin dans l’architecture de la Renaissance. Histoire naturelle et architecture à la Renaissance, Langres, 20-22 octobre 1995, 1995, France. halshs-00357878.

(*) En architecture, ornement de forme circulaire imitant une patère antique, placé dans les métopes de la frise dorique.
2 Fra Giovanni Giocondo (Vérone, v. 1433 – Rome, 1515) : moine dominicain puis franciscain, architecte, « humaniste qui fut aussi un praticien et un ingénieur, et aux différents aspects, complémentaires, de son savoir et de son activité (*) ». En 1511, il publie la première édition illustrée du De architectura de Vitruve (**).

(*) Pierre GROS, « Fra Giocondo lecteur et interprète de Vitruve. La valeur de sa méthode et les limites de sa logique », dans Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, 94 (2015). p. 202. Mise en ligne : https://doi.org/10.3406/piot.2015.2137.
(**) M. Vitruvius per Iocundum solito castigatior factus cum figuris et tabula ut iam legi et intellegi possit [Venetiis : Johannes de Tacuino, 1511]. Impressum Venetiis… sumptu miraque diligentia Ioannis de Tridino alias Tacuino. Anno Domini M.D.XI. Die XII Maii. Voir : f. 37.

3 Frédérique LEMERLE. Du bucrane au protome: le motif taurin dans l’architecture de la Renaissance, op. cit.

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