Sassetta, « Sant’Antonio battuto dai diavoli »

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Stefano di Giovanni detto (dit) « Il Sassetta » (vers 1400 – 1450)

Sant’Antonio battuto dai diavoli (Saint Antoine frappé par les diables), 1423-1426.

Tempéra et or sur panneau, 24,5 x 39,5 cm..

Inscriptions : /

Provenance : Elément du polyptyque de l’Arte della Lana, Chapelle dell’Arte della Lana (détruite), Sienne.

Sienne, Pinacothèque Nationale.

La prédelle du Polyptyque de l’Arte della Lana comportait à l’origine deux panneaux consacrés à la vie de saint Antoine Abbé. Seul subsiste l’épisode de l’agression par des diables. Saint Patron des lainiers, la présence du saint s’explique aussi par sa lutte contre l’arianisme (courant de pensée du IVe siècle considéré comme hérétique qui relativisait la nature divine du Christ), première grande hérésie de l’histoire de l’Église au IVe siècle.

La scène représente un épisode de la vie du saint rapporté par Jacques de Voragine :

« Une autre fois, […], la foule des démons le maltraita si affreusement qu’un de ses compagnons le crut mort et l’emporta sur ses épaules ; mais comme tous les frères, rassemblés, le pleuraient, il se releva et demanda à l’homme qui l’avait ammené de le rapporter à l’endroit où il l’avait trouvé. Et comme il y gisait, accablé de la douleur que lui causaient ses blessures, les démons reparurent, sous diverses formes d’animaux féroces, et se remirent à le déchirer avec leurs dents, leurs cornes, et leurs griffes. Alors, soudain, une lumière merveilleuse remplit le caveau, et mit en fuite tous les démons ; et Antoine se trouva aussitôt guéri. » [1]

La profondeur de l’espace est ici construite grâce à une superposition des motifs du paysage qui s’étend jusqu’à un magnifique ciel lumineux que l’on peut qualifier d’atmosphérique. L’unité de la lumière est obtenue au moyen d’une palette délicate qui décline avec harmonie les gris, les verts et les bruns jusque dans le ciel couchant en arrière-plan.

Frappé par un démon et tiré par sa capuche par un second diable, saint Antoine est tombé au sol, sa canne à ses côtés, cependant qu’un troisième monstre aux quatre têtes de serpents s’approche menaçant. Une feuille d’or recouvre tout le support et apparait par réserve (ou grattage) sur le corps des diables. Cette feuille d’or avait pour but de rendre la peinture plus lumineuse, et de créer des effets de brillance très précieux.

Comme on le voit souvent dans les images peintes où apparaissent diables et démons, ces derniers ont été victimes (à leur tour …) de quelque fidèle zélé qui, sensible à l’incarnation illusoire à laquelle l’image donne lieu, a rayé la surface picturale dans un geste qui pourrait s’apparenter à un combat solitaire  (et tout aussi illusoire) contre les forces du mal.

[1] Jacques de Voragine, « Saint Antoine, ermite » (§1), in La Légende dorée (éd. Gallimard, Paris, 2004), p. 

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