Girolamo di Benvenuto, « Natività di Gesù »

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Girolamo di Benvenuto (Sienne, 1470 – 1524)

Natività di Gesù (Nativité de Jésus)

Tempera sur panneau, 62 x 43,5 cm. (cadre original redoré)

Provenance : ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

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1

Au premier plan, Marie et Joseph entourent l’Enfant Jésus allongé sur le sol. Marie, vêtue d’une splendide robe de brocard prie les mains jointes. Joseph semble préoccupé et s’appuie lourdement sur son bâton, le visage contrit : il semble au bord des larmes. Un troisième personnage porteur d’une longue barbe blanche lève les deux mains à la vue du nouveau-né. Que vient faire ici cet étrange vieillard qui ne ressemble ni à un berger, ni à un mage ?

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2

A l’arrière-plan, un ange provenant du ciel plonge vers deux bergers, gardiens d’un troupeau d’agneaux dont quelques-uns apparaissent sur la gauche. L’un d’eux joue d’une sorte de cornemuse tandis que le second lève les yeux vers l’apparition en se protégeant les yeux à la vue du messager céleste venu apporter la nouvelle de la naissance miraculeuse de l’Enfant. Comme souvent, le chien berger est lui aussi témoin de la scène. L’imposante silhouette de Dieu le Père flotte dans un ciel qui s’éclaircit vers le lointain annonciateur d’un jour nouveau. Il nous faut également comprendre cette aube et le retour de la lumière comme la promesse d’une ère nouvelle.

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3

Le regard descendant selon l’axe vertical de l’image rencontre la colombe du Saint-Esprit, puis l’étable de la Nativité où se trouvent l’âne et le bœuf dont les Apocryphes ont imaginé la présence, avant de revenir se poser sur l’Enfant qui gît au sol.

Bientôt, raconte la légende chrétienne, les bergers viendront adorer cet enfant, puis les mages à leur suite. Bientôt, Joseph sera rassuré par un ange car le rôle des anges est aussi de rassurer les hommes. Légèrement en arrière, l’homme à la barbe blanche délivre un message par sa seule présence. Cet homme, c’est Jean, l’Evangéliste que son attribut animal, un aigle, désigne au regard du spectateur privilégié que nous sommes (un spectateur que les petites dimensions de l’image invitent à regarder de près). Jean est le seul des quatre Évangélistes à ne pas mentionner explicitement la Nativité, mais il l’évoque cependant par ces mots « Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9). Dans cette œuvre dont le sujet principal est celui de la « lumière véritable » évoquée par l’Evangéliste, celle-ci n’est pas uniquement visible à travers l’aube qui éclaire dans le lointain. Bien d’autres signes y font allusion, à commencer par la présence de l’apôtre aux côté de celui qu’il considère comme le Sauveur qui vient de naître. C’est probablement vers ce type de conclusion que le dévot spectateur était conduit à parvenir après avoir médité devant l’image.