Source écrite de l’épisode du Repos pendant la fuite en Égypte

Cet épisode, qui est également appelé Le Miracle du Palmier, est rapporté dans l’Évangile du Pseudo-Matthieu, chapitres 20-21 :

CHAPITRE 20

Or il advint que le troisième jour de leur déplacement, Marie se trouva fatiguée par l’ardeur du soleil dans le désert. Apercevant un palmier, elle dit à Joseph : « Je me reposerai un peu sous son ombre. » Joseph s’empressa de la conduire auprès du palmier et la fit descendre de l’ânesse. Quand Marie fut assise, elle regarda vers la cime du palmier et la vit chargée de fruits. « Je voudrais, s’il est possible, dit-elle à Joseph, goûter des fruits de ce palmier. » Joseph lui répondit : « Je m’étonne que tu parles ainsi : tu vois à quelle hauteur sont les palmes, et tu te proposes de manger de leurs fruits ! Quant à moi, c’est bien davantage le manque d’eau qui m’intéresse, car il n’y en a plus dans nos outres, et nous n’avons pas de quoi nous abreuver, nous et nos montures. »
Alors le petit enfant Jésus qui reposait calmement sur sein de sa mère, dit au palmier : « Penche-toi, arbre, et nourris ma mère de tes fruits ! » Et obéissant à ces mots, le palmier inclina aussitôt sa cime jusqu’aux pieds de Marie, pour qu’on y cueillît des fruits dont tous se rassasièrent. Quand tous les fruits eurent été cueillis, l’arbre demeurait incliné, attendant l’ordre de celui qui lui avait commandé de s’incliner. Alors, Jésus lui dit : « Redresse-toi, palmier, reprends ta force ! Tu partageras désormais le sort de mes arbres qui sont au Paradis de mon Père. Ouvre de tes racines la source cachée au fond de la terre et que des eaux en jaillissent pour notre soif ! » Aussitôt le palmier se redressa, et d’entre ses racines se mirent à jaillir des sources d’eaux très limpides, très fraîches et très douces. Et voyant ces sources, ils furent pleins d’une grande joie ; ils se désaltérèrent eux, leurs gens et toutes leurs bêtes et ils rendirent grâces à Dieu.

 CHAPITRE 21

Le lendemain, tous repartirent, et à l’instant où ils se mettaient en route, Jésus se tourna vers le palmier et lui dit : « Je te donne ce privilège, palmier, que l’un de tes rameaux soit emporté par mes anges et planté au paradis de mon père. Je te confère cette bénédiction, afin qu’à tous ceux qui auront vaincu en quelque lutte, on dise : Vous avez la palme de la victoire ! » Et, tandis qu’il disait cela, voici qu’un ange du Seigneur apparut, se tenant au-dessus de l’arbre. Prenant un des rameaux, il s’envola au ciel, le tenant dans sa main. Ce que voyant, ils tombèrent sur la face, et restèrent comme morts. Jésus leur dit alors : »Pourquoi la frayeur envahit-elle vos coeurs ? Ne savez-vous pas que ce palmier que j’ai fait transporter au paradis, sera préparé pour tous les saints en ce lieu de délices, comme il a été préparé pour vous en ce désert ? » Et pleins de joie, ils se relevèrent tous.