Pittore senese attivo nell’ultimo quarto del XIII secolo, « Isacco invia Esaù alla caccia »

 

fullsizeoutput_2721.jpeg

Pittore senese attivo nell’ultimo quarto del XIII secolo (Peintre siennois actif pendant le dernier quart du XIIIe s.)

Isacco invia Esaù alla caccia (Isaac envoie Esaü à la chasse)

Fresque

Inscription (dans la bande rouge, sous la fresque) : « ESAU TOLLE ARMA TUA ET VADE VENATUM » [1]

Provenance : In situ

« Crypte » sous la Cathédrale, Sienne.

La scène, située dans le registre supérieur [2], trouve sa source dans l’Ancien Testament (Gen 27, 1-34) ; elle raconte la manière dont Jacob, par un stratagème qui lui a été suggéré par sa mère Rebecca, obtient la bénédiction d’Isaac, son père, au détriment de son frère aîné Esaü.

Le sujet de la fresque [3] est dépeint avec une grande précision et un sens développé de la narration. A gauche, le vieil Isaac devenu aveugle vient de demander à son fils ainé de lui rapporter de la chasse le gibier qu’il aime afin d’en manger une dernière fois avant de mourir. Sans plus attendre, Esaü s’élance vers quelque forêt giboyeuse pour satisfaire au désir de son père. Cependant, à demi cachée dans l’ouverture d’une porte, Rébecca, l’épouse d’Isaac, a tout entendu de la scène et va, dans un moment, alerter Jacob, son fils puiné, pour lequel elle a une préférence, afin qu’il rapporte le premier à Isaac les mets demandés et obtienne ainsi, de la part de son père, la bénédiction que le vieillard a promis à l’aîné Esaü. [4]

L’inscription figurant sur la bande rouge aux pieds d’Esaü renvoie directement aux paroles prononcées par Isaac au début de son dialogue avec son fils (voir note 3 ci dessous).

La position des pieds d’Esaü, son résultat quant à l’illusion de l’espace tridimensionnel et quant à la dynamique créée pour simuler le mouvement amorcé vers la droite par Esaü est d’une nouveauté étonnante en cette fin de XIIIe siècle (voir : Pittore senese attivo nell’ultimo quarto del XIII secolo, Isacco benedice Giacobbe [?])

Vue de la même scène dans son contexte, sur la paroi de la contre-façade (fig. 1) : directement au-dessous du départ d’Esaü à la chasse figure la Fuite en Égypte.

2E9CD09F-885B-4A60-809D-C35CC105CDCC

1

[1] Genèse (Gen 27, 3) :

03 Prends donc maintenant tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier.

[2] Précisément au-dessus de la Présentation de Jésus au temple.

[3] Genèse 27, 1-4 :

01 Isaac était devenu vieux, ses yeux avaient faibli et il n’y voyait plus. Il appela Ésaü son fils aîné : « Mon fils ! » Celui-ci répondit : « Me voici. »

02 Isaac reprit : « Tu vois : je suis devenu vieux, mais je ne sais pas le jour de ma mort.

03 Prends donc maintenant tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier.

04 Prépare-moi un bon plat comme je les aime et apporte-le-moi pour que je mange, et que je te bénisse avant de mourir. »

[4] Le texte de la Genèse mentionne un détail particulier de l’anatomie d’Esaü qui suscite l’inquiétude de Jacob à l’idée qu’Isaac, son père, se rende compte du fait qu’il a pris la place d’Esaü, son frère, afin d’obtenir  la bénédiction paternelle :

11 Jacob répondit à sa mère : « Mon frère Esaü est velu, tandis que moi, je n’ai pas de poils.

On notera la technique avec laquelle ce détail particulier est rendu : une série de tirets plus ou moins parallèles visibles sur la peau d’Esaü traduit l’aspect velu qui caractérise ce dernier, selon le texte.