Pittore senese, « Ascensione »

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Peintre siennois (Cristoforo di Bindoccio [actif à Sienne de 1360 à 1409] et Meo di Pero ([actif à Sienne et documenté entre 1370 et 1407]) ?

Ascension

(détail des Storie della vita di Cristo (Histoires de la vie du Christ), seconde moitié du Trecento (vers 1350 ?).

Tempera sur panneaux, 156 x 154 cm. (dimensions de l’ensemble).

Provenance : Église de San Niccolò, Spedaletto (ou Spedale di Santa Maria della Scala, Sienne ?).

Pienza, Museo Diocesano.

Cette Ascension du Christ, comme toutes les scènes du triptyque, présente une forme d’originalité qui est due en grande partie à la nécessité devant laquelle se sont trouvés le ou les auteurs, contraints de représenter dans un petit format prévu pour être observé à une certaine distance, un sujet complexe, compréhensible par tous, avec le minimum d’éléments visuels afin d’en garantir la lisibilité et la compréhension.

Ici, le Christ s’élève nécessairement devant le fond doré puisqu’une bande noire, supposée représenter le sol, se trouve maintenant à distance, en contrebas du groupe. Car, curieusement, alors que nous devrions voir le Christ s’élever seul dans le ciel, il s’agit ici d’un groupe : assis dans une mandorle, le Christ monte s’élève selon une configuration qui s’apparente formellement à celle, canonique, de l’Assomption de la Vierge, installée dans cette même mandorle portée par les anges. Comment interpréter cette curiosité iconographique (qui n’est pas la seule observée dans le triptyque) ? Probablement faut-il y percevoir le souci d’éviter la présence d’une figure unique dans un petit format qui ne permettait pas aisément de signifier le miracle de l’Ascension qui se déroule nécessairement, ou littéralement, dans l’espace. L’étonnant emprunt à l’iconographie de l’Assomption permettait peut-être de résoudre le problème sans que le public visé, sans doute insuffisamment averti, ce qui d’ailleurs rendrait plus vraisemblable encore l’hypothèse formulée plus haut, dans la présentation générale de l’œuvre, selon laquelle nous serions face à un outil « didactique » utilisé par un prédicateur amené à se déplacer de ville en ville, voire à travers les campagnes.