‘Il Sodoma’, « Benedetto pregato dai monaci produce l’acqua dalla cima del monte »

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Giovanni Antonio Bazzi, dit ‘Il Sodoma’ (Vercelli, 1477 – Sienne, 1549)

Benedetto pregato dai monaci produce l’acqua dalla cima del monte (Sollicité à genoux par des moines, Benoît fait surgir une source au sommet de la montagne), 1505-1508.

Fresque

Inscription (sous la fresque) :

  • « COME BENEDETTO PREGATO DAI MONACI PRODUCE L’ACQUA LA LA CIMA DAL MONTE » [1]

Provenance : In situ

Chiusure (Asciano), Abbazia di Monte Oliveto Maggiore, Cloître principal.

Les moines de trois monastères situés en haut d’une montagne se rendent un beau jour auprès de Benoît. Ils viennent l’implorer d’accepter le transfert de leur monastère plus bas dans la vallée de sorte à éviter de devoir tous les jours descendre chercher l’eau dont ils ont besoin dans un lac. Sur ce, Benoît rejoint le sommet de la montagne et, après un moment de prière, y dépose discrètement trois pierres, puis demande aux moines de les déplacer. À cet instant, surgit une source abondante.

Les trois monastères sont bien visibles dans l’œuvre, au sommet de la montagne. Plus bas, Benoît, accompagné de Mauro, est en prière devant les trois pierres. Plus à droite, les moines découvrent le miraculeux prodige, tandis que l’eau dévale jusque dans la vallée. À mi-parcours, un animal et ses petits se saisissent eux-aussi de l’aubaine.

[1] « Comment Benoît prié par des moines, fait surgir une source au sommet d’une montagne ». L’épisode est relaté dans le Livre II des Dialogues, chapitre 6 :

« Or parmi les monastères qu’il avait construits en cet endroit, il y en avait trois qui étaient situés en hauteur sur des rochers de la montagne et c’était une opération très laborieuse pour les frères que de descendre toujours au lac pour se mettre en devoir de puiser de l’eau, d’autant plus que le flanc abrupt de la montagne constituait un grave danger pour ceux qui les descendaient, non sans crainte. Alors un groupe de frères choisi dans ces trois monastères vint trouver le serviteur de Dieu Benoît et ils lui disent : ‘C’est laborieux pour nous de descendre chaque jour chercher de l’eau jusqu’au lac et c’est pourquoi il est nécessaire de changer les monastères de place.’

Il les reçut avec tendresse et les renvoya dûment consolés. La même nuit, avec le brave petit enfant appelé Placide dont j’ai parlé plus haut, il gravit le sommet de cette montagne ; il y pria assez longuement et lorsqu’il eut terminé, il disposa trois pierres à cet endroit pour servir de signe, puis il revint à son monastère à l’insu de tous ceux qui demeuraient là.

Comme un autre jour, poussé par la même nécessité, les frères étaient revenus vers lui, il leur dit : ‘Allez et creusez un peu sur ce rocher où vous trouverez trois pierres superposées : Dieu tout-puissant a le pouvoir de produire de l’eau même au sommet de cette montagne : qu’Il daigne ainsi vous épargner la fatigue d’un tel parcours.’ Ils se rendirent sur le sommet de la montagne dont Benoît leur avait parlé et le trouvèrent suintant déjà de l’eau. Comme ils y faisaient une excavation, elle se remplit aussitôt, et elle sortit en quantité suffisante pour couler en abondance jusqu’à nos jours et pour descendre du sommet de cette montagne jusqu’en bas. »

D’après http://www.abbayes.fr/lectio/Vie_Benoit/Introduction.htmn, consulté le 5 février 2020 et Volgarizzamento del Dialogo di San Gregorio, reproduit dans Enzo Carli, Le storie di San Benedetto a Monte Oliveto Maggiore, Cinisello Balsamo (Milano), 1980, pp. 161-180.