Giotto di Bondone, « Annunciazione »

Giotto di Bondone (Vespignano ou Romignano, 1266 ou 1267 – Florence, 1337)

Annunciazione (Annonciation), vers 1305-1310.

Fragment de fresque détachée,

Provenance : Chiesa di Badia, Voûte de la Cappella maggiore, Firenze

Firenze, Depositi del Polo Museale Regionale della Toscana.

Cette œuvre, redécouverte au XXe siècle, provient d’un ensemble comprenant également une Présentation de la Vierge au Temple, et d’autres scènes également réduites aujourd’hui à l’état de fragment. Elle a été remise en avant à l’occasion de l’exposition milanaise de 2015 consacrée à Giotto [1]. Il s’agit de l’image mutilée d’une Annonciation qui faisait partie du cycle de la chapelle majeure, dans l’église de la Badia, à Florence. Les deux figures sont malheureusement privées de leur tête. Celle de l’ange a fait l’objet d’un découpage frauduleux qui donne lieu d’espérer qu’elle pourra être retrouvée un jour.

Au contraire de l’Annonciation de Padoue, Giotto exploite ici un thème de prédilection du Duecento, celui de l’épouvante de la Vierge à la vue de l’ange qui fait irruption par la droite, dont l’habit blanc est encore agité par le voyage aérien qui vient à peine de s’achever. La Vierge se rétracte et lève la main droite, comme frappée de terreur. L’archange Gabriel est entouré d’un réseau assez consistant de rayons dorés, de longueurs variables, très comparables à ceux que l’on voit autour de la figure du saint Jean emporté au ciel (Florence, Santa Croce). L’effet éclatant qu’il devait avoir à l’origine ne pouvait qu’accentuer encore la forte réaction émotive de la Vierge. Celle-ci a d’ailleurs frappé Giorgio Vasari à qui l’on doit une description très vibrante de la scène :

« Furono le sue prime pitture, nella Badia di Fiorenza, la cappella dello altar maggiore, nella quale fece molte cose tenute belle ; ma particularmente in una storia della Nostra Donna quando ella è annunziata da l’Angelo, nella quale contrafece lo spavento e la paura che, nel salutarla Gabriello, la fe’ mettere con grandissimo timore quasi in fuga. » [1]

[1] Serena Romano, “La Badia fiorentina : il ciclo ad affresco”, Serena Romano, Pietro Petraroia (a cura di), Giotto, l’Italia. Catalogue de l’exposition, Milan, 2015-2016, Milan, Electa, pp. 64-75.

[2] « Il réalisa ses premières peintures dans la Badia de Florence, dans la chapelle du maître-autel où il fit des choses tenues pour belles. Mais, en particulier, il peignit une histoire de Notre-Dame au moment où celle-ci est annoncée par l’ange, dans laquelle il contrefit l’épouvante et la peur lorsque, en la saluant, Gabriel la mit dans une grande terreur, sur le point de s’enfuir. »