Jacques Le Goff

Jacques Le Goff (1924 – 2014) : historien français du Moyen Âge.

« [Il] a forgé une œuvre de renommée internationale dont témoignent notamment Les Intellectuels au Moyen Âge (Seuil, 1957), La Naissance du purgatoire (Gallimard, 1981) ou son anti-biographie de Saint Louis, Saint Louis (Gallimard, 1996), qui fut un grand succès de librairie.

« […]Jacques Le Goff appartient à cette lignée d’historiens qui, tels Marc Bloch et Lucien Febvre, Fernand Braudel et Georges Duby, a changé notre rapport à l’histoire. Avec lui, le Moyen Age n’a plus été le même. Il n’est plus resté celui des ténèbres, même si Jacques Le Goff ne les a jamais cachées, de l’enfermement des lépreux à la répression des hérétiques. Après ses travaux savants comme ses livres pédagogiques dont certains s’adressent même aux enfants, le Moyen Âge apparaît comme la matrice de notre modernité, de l’essor de la ville à la création des universités. Un « long Moyen Âge » aussi, qu’il faisait aller du Ve siècle, c’est-à-dire de l’installation du christianisme en Europe, jusqu’au XVIIIe, c’est-à-dire la révolution industrielle. Littérature, archives, exempla, livres ou enluminures, Jacques Le Goff a tout brassé, tout embrassé.

« Un ‘ogre historien’, c’est ainsi que ses amis dénommaient cet intellectuel mû par ce qu’il appelait lui-même ‘l’appétit de l’histoire’. Un médiéviste à la ‘curiosité gourmande’ et insatiable qui savait, comme l’écrivait Marc Bloch dont il était l’héritier et dont il se disait le ‘disciple posthume’, que ‘le bon historien ressemble à l’ogre de la légende. Là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier’. D’où une attention particulière aux corps, aux gestes, aux rires, aux larmes, aux rêves, à la matérialité des choses comme à l’imaginaire des civilisations, au religieux comme au merveilleux. […] ».

Nicolas Truong, article paru dans Le Monde du 1er avril 2014.

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