« Emblema musivo con la caccia al cinghiale calidonio »

Emblema musivo con la caccia al cinghiale calidonio (Emblème en mosaïque avec la chasse au sanglier de Calydon), 1er s. av. J.-C.

Mosaïque.

Provenance : Villa romaine à Montevenere.

Chiusi, Museo Nazionale Etrusco.

Créature fantastique de la mythologie grecque, le sanglier que l’on voit chassé ici ravageait la région de Calydon, en Étolie. La bête a été envoyé par Artémis [1]Artémis : déesse de la nature sauvage, de la chasse et des accouchements. Elle est fille de Zeus et de Léto, et sœur jumelle d’Apollon (ou simplement sa sœur selon l’hymne homérique qui lui est consacré). pour punir Œnée [2]Œnée : roi de Calydon. Sa femme donne à Œnée de nombreux enfants parmi lesquels Autonoé, Déjanire, Méléagre, Tydée, Staphylos, Toxée, Polyxo, Eurymédé et Mélanippe., roi de Calydon ; celui-ci a en effet omis de faire une offrande à la déesse ainsi qu’il l’avait faite aux autres dieux lors de la fête des Thalysies [3]« On raconte que, comblé des faveurs de l’année, Œnée offrit à Cérès les prémices des fruits ; à Bacchus, les raisins ; à Minerve, l’olive. Après les dieux des champs, tous les autres dieux obtinrent aussi des sacrifices. Diane seule fut négligée; aucun encens ne fuma sur ses autels abandonnés. La colère agite donc aussi le cœur des immortels ! ‘Je ne … Poursuivre.

La description du sanglier varie selon les auteurs : Homère [4]Homère, L’Iliade, IX, 165. mentionne simplement « un sanglier sauvage, un solitaire aux dents blanches », tandis qu’Ovide écrit qu’Artémis envoya un sanglier d’une telle taille que « l’Épire, dans ses gras pâturages, n’a point de taureaux qui le surpassent en grandeur, et la Sicile n’en nourrit aucun qui l’égale. Ses yeux étincellent d’un feu rouge et sanglant. Sa tête est horrible et menaçante. Son dos couvert de soies longues et épaisses, semble se hérisser de dards. De ses larges flancs découle une sueur brûlante. Les dents de l’éléphant indien sont moins terribles que ses dents. La foudre part de sa hure écumante. Son haleine brûle les feuilles, dessèche le gazon. Tantôt il foule les moissons qui sont encore une herbe naissante, espoir trompé du laboureur; tantôt il détruit les épis prêts à tomber sous la faucille ; et l’aire et les greniers attendent en vain les dons de Cérès. Il brise et renverse les longs ceps et les grappes pendantes, et l’olive sacrée, et l’arbre qui la produit. Il étend sa fureur sur les troupeaux. Ni les bergers, ni les chiens, ne peuvent les défendre. Les taureaux les plus fiers n’osent affronter sa rage. [5]Ovide, Les Métamorphoses, VIII, 279.».

Afin de débarrasser la région de ce fléau, Œnée demande l’assistance de héros provenant de toute la Grèce dont Méléagre [6]Méléagre : héros qui a pour mère Althée et pour père Œnée, roi de Calydon. son propre fils. Une chasse, que le récit d’Ovide rapporte comme un événement proprement épique [7]« Enfin Méléagre rassemble l’élite des héros de la Grèce, pour attaquer le monstre furieux. À sa voix accourent les deux fils de Tyndare, célèbres, l’un par sa force dans les combats du ceste, l’autre par son adresse à conduire un coursier ; Jason, qui le premier sur les vastes mers osa se frayer une route inconnue ; Thésée et Pirithoüs, qu’unit la plus … Poursuivre est alors organisée. « Méléagre a réunit une troupe d’élite de jeunes hommes unis par la passion de la gloire » parmi lesquels, notamment, Thésée [8]Héros fondateur, Thésée est considéré par les Athéniens comme leur grand réformateur : roi mythique d’Athènes, il est rendu responsable de l’unification politique de l’Attique sous la domination athénienne. Son règne marque aussi une période de paix., Pirithoüs [9]Pirithoüs ou Pirithoos : fils de Zeus selon Homère ou d’Ixion selon d’autres auteurs, et de Dia, est roi des Lapithes. Il tente d’envahir l’Attique mais est repoussé par Thésée. Une franche amitié se noue ensuite entre les deux héros., Nestor [10]Nestor est le plus jeune des fils de Nélée et de Chloris, roi de Pylos. Il en est le seul survivant après le massacre par Héraclès de tous ses frères. , Pélée [11]Pélée : fils d’Éaque, roi d’Égine, et de la nymphe Endéis (fille du centaure Chiron). Il est roi de Phthie, en Thessalie, et le père d’Achille., Télamon [12]Télamon : lui aussi fils d’Éaque et d’Endéis, est le frère de Pélée et le père d’Ajax le grand et de Teucros. Roi de l’île de Salamine., Castor et Pollux [13]Castor et Pollux, appelés Dioscures (« jeunes garçons de Zeus »), sont les fils jumeaux de Léda, dont Zeus tomba amoureux. C’est pour la séduire qu’il se changea en cygne., Jason [14]Jason : fils d’Éson, roi d’Iolcos en Thessalie, et descendant d’Éole. Il a été éduqué par le centaure Chiron. Il est principalement connu pour sa quête de la Toison d’or avec les Argonautes. Il est l’un des principaux héros grecs et particulièrement vénéré à Athènes., Amphiaraos [15]Amphiaraos : héros et devin argien. Il est l’un des meneurs de la guerre des sept chefs contre Thèbes, à laquelle il prend toutefois part contre son gré à la suite de la trahison de sa femme Ériphyle. Il tient son don de divination d’Apollon dont il est peut-être le fils.. C’est Méléagre lui-même qui portera à la bête le coup fatal.

L’épisode de cette chasse est un sujet fréquent dans l’art antique.

Idas et Lyncée, Nestor, Thésée, Pirithoos

Notes

Notes
1 Artémis : déesse de la nature sauvage, de la chasse et des accouchements. Elle est fille de Zeus et de Léto, et sœur jumelle d’Apollon (ou simplement sa sœur selon l’hymne homérique qui lui est consacré).
2 Œnée : roi de Calydon. Sa femme donne à Œnée de nombreux enfants parmi lesquels Autonoé, Déjanire, Méléagre, Tydée, Staphylos, Toxée, Polyxo, Eurymédé et Mélanippe.
3 « On raconte que, comblé des faveurs de l’année, Œnée offrit à Cérès les prémices des fruits ; à Bacchus, les raisins ; à Minerve, l’olive. Après les dieux des champs, tous les autres dieux obtinrent aussi des sacrifices. Diane seule fut négligée; aucun encens ne fuma sur ses autels abandonnés. La colère agite donc aussi le cœur des immortels ! ‘Je ne souffrirai point impunément cet outrage, s’écria la déesse, et l’on ne pourra dire : On vit l’insulte, on n’en connaît pas le châtiment’. Soudain, dans les champs de Calydon, elle envoie un sanglier furieux ». Ovide, Les Métamorphoses, VIII, 278-279.
4 Homère, L’Iliade, IX, 165.
5 Ovide, Les Métamorphoses, VIII, 279.
6 Méléagre : héros qui a pour mère Althée et pour père Œnée, roi de Calydon.
7 « Enfin Méléagre rassemble l’élite des héros de la Grèce, pour attaquer le monstre furieux.

À sa voix accourent les deux fils de Tyndare, célèbres, l’un par sa force dans les combats du ceste, l’autre par son adresse à conduire un coursier ; Jason, qui le premier sur les vastes mers osa se frayer une route inconnue ; Thésée et Pirithoüs, qu’unit la plus tendre amitié ; les deux fils de Thestius ; Lyncée, qui naquit d’Apharée ; Idas, aux pieds légers ; Cénée, qui, redevenu homme, n’est plus une femme timide ; le violent Leucippe ; Acaste, si adroit à lancer un javelot ; Hippothoüs ; Dryas ; Phénix, né d’Amyntor ; les deux fils d’Actor ; et Phylée, envoyé de l’Élide. On remarque encore parmi les compagnons de Méléagre, Télamon et le père du grand Achille ; le fils de Phérès ; le béotien Iolaüs ; l’infatigable Eurytion ; Échion, invincible à la course ; Lélex, de Naryx ; Panopée ; Hylée ; le farouche Hippase, et Nestor, qui, jeune alors, entrait dans la carrière des combats ; et les fils d’Hippocoon, qui viennent de l’antique Amyclées ; le beau-père de Pénélope ; l’arcadien Ancée ; l’adroit Ampycide ; Amphiaraüs, que son épouse n’a point encore trahi ; et la belle Atalante, l’honneur des bois du Lycée, qui vient s’associer à la gloire de tant de héros.

Une agrafe légère retient sa robe flottante. Un simple nœud relève ses cheveux. Sur son dos pend et résonne un carquois d’ivoire, et dans sa main est un arc, instrument de sa gloire. Telle est sa parure; et quant à sa beauté, on dirait un jeune héros avec les grâces d’une vierge; on dirait une vierge avec la noble audace d’un héros. Méléagre la voit, et soudain il aime, il soupire; mais à son amour les dieux refusent leur aveu : ‘Heureux, s’écrie-t-il, le mortel qu’elle jugera digne de son cœur et de sa main !’ Le temps et le lieu l’empêchent de poursuivre, et son amour se tait quand la gloire l’appelle à de plus grands travaux.

Non loin est une forêt épaisse que le temps et le fer ont respectée. Elle s’élève de la plaine sur les collines, et domine les campagnes d’alentour. La troupe guerrière pénètre dans son enceinte. Les uns tendent les toiles, les autres lancent les chiens. Plusieurs suivent les traces du sanglier. Tous cherchent et hâtent le moment du danger.

Dans la forêt est une vallée profonde où les torrents formés par les pluies réunissent leurs eaux. Là croissent de toutes parts le saule flexible, l’algue rampante, le jonc des marécages, l’osier souple, et le roseau à la tige si longue et si légère. C’est du fond de ce marais que le sanglier excité s’élance avec furie. Tel l’éclair rapide déchire et fend la nue. Dans sa course violente, les arbres heurtés tombent avec fracas, et la forêt s’ébranle et retentit. Les chasseurs s’écrient ; d’un bras ferme ils agitent, ils présentent leurs dards armés d’un large fer. Le monstre se précipite. Il disperse, il dissipe, il frappe au hasard la meute aboyante qui voudrait en vain l’arrêter dans sa course.

Échion, le premier, fait partir un dard inutile. Il n’atteint qu’un érable, qu’il blesse légèrement. Un second javelot, s’il n’eût été lancé avec trop de force, se fût enfoncé dans le dos du monstre; mais il vole au-delà du but : Jason l’avait lancé.

‘Apollon, s’écrie Ampycide, si j’ai toujours chéri ton culte, si je le chéris encore, permets que ce trait ne parte pas en vain !’ Autant qu’il est en son pouvoir, le dieu exauce sa prière. Le monstre est atteint, mais il n’est point blessé. Tandis que le trait fendait les airs, Diane avait arraché le fer dont il était armé.

Cependant le sanglier, que le bois a frappé, s’irrite, et la foudre est moins ardente. Son œil étincelle, il vomit une haleine brûlante. Tel que le pesant bélier, dirigé par de puissants efforts, bat à coups redoublés les remparts des cités, ou des tours que défendent d’intrépides soldats, tel sur ses ennemis il frappe et tombe. Il renverse Hippalmos et Pélagon, qui défendaient la droite des guerriers. On les relève, on les soustrait à sa fureur.

Le fils d’Hippocoon, Énésime, n’évite pas ses coups mortels. Agité de terreur, il allait fuir, lorsque le sanglier lui coupe les jarrets. Nestor, qui doit régner à Pylos, n’eût peut-être jamais vu les remparts de Troie, si, s’appuyant sur son javelot, il ne se fût élancé sur un arbre voisin. Là, sans danger, il regarde le monstre, qui, dans sa rage toujours croissante, sur le tronc d’un chêne, au meurtre exerce ses dents, semble renouveler son audace en les aiguisant, et dans la cuisse du grand Othriade enfonce leur ivoire tranchant.

Cependant les deux frères gémeaux, qui ne brillent point encore dans l’azur des cieux, montés sur deux coursiers plus blancs que la neige, brandissent dans l’air retentissant la pointe de leurs dards. Ils auraient sans doute atteint le monstre, s’il ne se fût jeté dans un taillis épais, également impénétrable aux traits et aux chevaux. Télamon dans ce fort le relance; mais, dans son ardeur imprudente, un tronc d’arbre l’arrête; il le heurte, il tombe; et tandis que Pélée, son frère, le relève, Atalante pose sur la corde de son arc une flèche rapide; elle part avec force lancée. Le sanglier est atteint sous l’oreille, et ses soies hérissées se rougissent d’un peu de sang. Elle s’applaudit; mais Méléagre, encore plus charmé qu’elle, fut le premier, dit-on, qui vit le trait ensanglanté; le premier qui le fit remarquer à ses compagnons : ‘Oui, s’écria-t-il, l’honneur du combat vous appartient, et le prix vous est dû’.

Il dit, et les héros rougissent. Ils s’exhortent, et s’animent par leurs cris, et lancent sans ordre, à la fois, une foule de traits qui se choquent, se nuisent, et volent au hasard.

Armé d’une hache, l’arcadien Ancée, que sa fureur entraîne à sa perte : ‘Compagnons, s’écrie-t-il, apprenez à distinguer les exploits d’un guerrier de ceux d’une femme, et cédez le prix aux miens. Que Pallas elle-même protège ce monstre et le défende avec ses armes, malgré Pallas je l’abattrai sous mes coups’. Il achevait à peine ce superbe discours, il prend à deux mains sa hache à double tranchant, se dresse sur ses pieds, mesure le coup qu’il va porter, lorsque le sanglier l’attaque, et le blesse dans l’aine, où toute atteinte est mortelle. Ancée tombe; ses entrailles sortent avec son sang, dont les flots souillent la terre autour de lui.

Le fils d’Ixion, Pirithoüs, brandissant un épieu redoutable, marche au monstre : ‘Où vas-tu ?, lui crie Thésée, ami trop cher, ô toi, la moitié de moi-même ! arrête; ici le courage est forcé d’être prudent. Un excès de bravoure a fait la perte d’Ancée’. Il dit, et prend un javelot d’un bois pesant, armé d’une pointe d’airain, il le lance avec force, et le sanglier eût été mortellement atteint, si dans le feuillage touffu d’un chêne le trait ne se fût égaré.

Le fils d’Éson envoie aussi son javelot, qui, par un jeu cruel du hasard, se trompe de proie, perce les flancs d’un limier aboyant, s’enfonce dans la terre, et y tient l’animal attaché. Méléagre, à son tour, lance deux traits avec un succès différent : l’un tombe près de l’ennemi; l’autre se fixe au milieu de son dos.

Tandis que, furieux, il se débat, se roule, et vomit en rugissant des flots d’écume et de sang, le héros s’avance, et l’excite, et le presse, et plonge son épieu dans ses flancs. Soudain des cris de joie s’élèvent de toutes parts; les compagnons du vainqueur de leurs mains pressent sa main. Ils regardent avec horreur le monstre, qui, renversé sur la terre, y couvre un long espace; ils craignent de le toucher encore, et de son sang ils abreuvent leurs dards.

Méléagre, pressant du pied la tête du sanglier : ‘Atalante, dit-il, recevez ce prix de ma conquête, et partagez-en la gloire avec moi’ ! À ces mots, il lui présente la dépouille aux crins hérissés, et la hure sanglante.

Atalante reçoit avec joie ce don de la victoire, qui la flatte encore moins que l’hommage du vainqueur. Mais cet hommage excite l’envie, et l’on entend un murmure général. Toxée et Plexippe élèvent un bras menaçant, et s’écrient à haute voix: ‘C’en est trop ; arrête, femme orgueilleuse, et n’usurpe pas ici nos droits et nos honneurs. Que ta confiance dans ta beauté ne t’abuse point, et crains de réclamer vainement celui qu’elle a séduit’. À ces mots, ils osent lui arracher la hure et ravir à Méléagre le droit d’en disposer.

Le héros, s’écrie, les sens de colère éperdus : ‘Lâches ravisseurs de la gloire d’autrui, apprenez combien les actions diffèrent de la menace’ ; et il plonge son fer dans le sein de Plexippe, qui ne prévoyait pas son destin. Toxée frémit, incertain s’il doit venger son frère, ou craindre un semblable salaire. Mais tandis qu’il hésite, Méléagre lève sur lui le fer qui fume encore, et l’enfonce dans son flanc. » Ovide, Les Métamorphoses, VIII, 298-444.

8 Héros fondateur, Thésée est considéré par les Athéniens comme leur grand réformateur : roi mythique d’Athènes, il est rendu responsable de l’unification politique de l’Attique sous la domination athénienne. Son règne marque aussi une période de paix.
9 Pirithoüs ou Pirithoos : fils de Zeus selon Homère ou d’Ixion selon d’autres auteurs, et de Dia, est roi des Lapithes. Il tente d’envahir l’Attique mais est repoussé par Thésée. Une franche amitié se noue ensuite entre les deux héros.
10 Nestor est le plus jeune des fils de Nélée et de Chloris, roi de Pylos. Il en est le seul survivant après le massacre par Héraclès de tous ses frères. 
11 Pélée : fils d’Éaque, roi d’Égine, et de la nymphe Endéis (fille du centaure Chiron). Il est roi de Phthie, en Thessalie, et le père d’Achille.
12 Télamon : lui aussi fils d’Éaque et d’Endéis, est le frère de Pélée et le père d’Ajax le grand et de Teucros. Roi de l’île de Salamine.
13 Castor et Pollux, appelés Dioscures (« jeunes garçons de Zeus »), sont les fils jumeaux de Léda, dont Zeus tomba amoureux. C’est pour la séduire qu’il se changea en cygne.
14 Jason : fils d’Éson, roi d’Iolcos en Thessalie, et descendant d’Éole. Il a été éduqué par le centaure Chiron. Il est principalement connu pour sa quête de la Toison d’or avec les Argonautes. Il est l’un des principaux héros grecs et particulièrement vénéré à Athènes.
15 Amphiaraos : héros et devin argien. Il est l’un des meneurs de la guerre des sept chefs contre Thèbes, à laquelle il prend toutefois part contre son gré à la suite de la trahison de sa femme Ériphyle. Il tient son don de divination d’Apollon dont il est peut-être le fils.