Vitruve (…, v. 80 av. J.-C. – …, 15 av. J.-C.) : théoricien romain de l’architecture et auteur d’un célèbre traité en dix livres rédigé entre 35 av. J.-C. et 25 av. J.-C., le De architectura. Seul livre majeur qui nous soit parvenu sur l’architecture de l’Antiquité classique, l’ouvrage a constitué une source essentielle d’inspiration pour les architectes de la Renaissance.

Vitruve est généralement connu à travers son étude des proportions anatomiques de l’homme [1]« L’ordonnance d’un édifice consiste dans la proportion, chose à laquelle l’architecte doit apporter le plus grand soin. Or, la proportion naît du rapport de grandeur que les Grecs appellent ἀναλογία [analogía : rapport]. Ce rapport est la convenance de mesure qui existe entre une certaine partie des membres d’un ouvrage et le tout ; c’est d’après cette partie qu’on … Poursuivre, reprise, avec quelques corrections, par Léonard de Vinci dans l’Uomo vitruviano (l’Homme de Vitruve), célèbrissime dessin réalisé à partir d’une étude du De architectura et annoté de la main de l’artiste.
Notes
| 1↑ | « L’ordonnance d’un édifice consiste dans la proportion, chose à laquelle l’architecte doit apporter le plus grand soin. Or, la proportion naît du rapport de grandeur que les Grecs appellent ἀναλογία [analogía : rapport]. Ce rapport est la convenance de mesure qui existe entre une certaine partie des membres d’un ouvrage et le tout ; c’est d’après cette partie qu’on règle les proportions. Car il n’est point d’édifice qui, sans proportion ni rapport, puisse être bien ordonné ; il doit avoir la plus grande analogie avec un corps humain bien formé. Or, voici les proportions que lui a données la nature : le visage, depuis le menton jusqu’au haut du front, à la racine des cheveux, est la dixième partie de la hauteur de l’homme ; la paume de la main, depuis l’articulation du poignet jusqu’au bout du doigt du milieu, a la même longueur ; la tête, depuis le menton jusqu’au sommet, forme la huitième partie ; même mesure par derrière ; depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine des cheveux, il y a une sixième partie, et jusqu’au sommet de la tête une quatrième. La longueur du visage se divise en trois parties la première s’étend depuis le bas du menton jusqu’au-dessous du nez ; la seconde, depuis le dessous du nez jusqu’au haut des sourcils, et la troisième, depuis cette ligne jusqu’à la racine des cheveux, qui termine le front. Le pied a la sixième partie de la hauteur du corps ; le coude, la quatrième, de même que la poitrine. Les autres membres ont aussi leurs mesures et leurs proportions ; c’est en les observant que les plus célèbres peintres et sculpteurs de l’antiquité ont acquis une réputation si grande et si durable. » (« Aedium compositio constat ex symmetria cuius rationem diligentissime architecti tenere debent. Ea autem paritur a proportione, quae graece ἀναλογίαdicitur. Proportio est ratae partis membrorum in omni opere totiusque commodulatio, ex qua ratio efficitur symmetriarum. Namque non potest aedis ulla sine symmetria atque proportione rationem habere compositionis, nisi uti ad hominis bene figurati membrorum habuerit exactam rationem.Corpus enim hominis ita natura composuit, uti os capitis a mento ad frontem summam et radices imas capilli esset decimae partis; item manus palma ab articulo ad extremum medium digitum tantundem; caput a mento ad summum verticem octavae; tantumdem ab imis radices capillorum sextae, ad summum verticem quartae. Ipsius autem oris altitudinis tertia est pars ab imo mento ad imas nares; nasus ab imis naribus ad finem medio superciliorum tantundem; ab ea fine ad imas radices capilli, ubi frons efficitur, item tertiae partis. Pes vero altitudinis corporis sextae ; cubitus quartae; pectus item quartae. Reliqua quoque membra suas habent commensus proportiones, quibus etiam antiqui pictores et statuarii nobiles usi magnas et infinitas laudes sunt assecuti. »
VITRUVE, De l’architecture (trad. nouvelle par M. Ch.-L. Maufras), Paris, C. L. F. Panckoucke, 1847, III, 1, 1-3. |
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