« Pastiglia »

Le terme italien pastiglia désigne à la fois la matière (un mélange crayeux) et la technique de décoration en relief léger exécutée sur les coffres et les cadres mais aussi fréquente dans les peintures sur bois, en particulier au cours de la période gothique.

Selon les indications tirées du Livre de l’Art de Cennino Cennini [1]Cennino CENNINI, Il Libro dell’Arte, 1437 (Le Livre de l’Art, traduit, annoté et édité par Colette DÉROCHE. Paris, Berger-Levrault, 1991)., il s’agissait d’un stuc fin composé de plâtre de Bologne, de farines végétales, de colle de lapin et d’huile de lin bouillie. Sur le support en bois ou en carton des objets ornés destinés à être ouvragés à l’aide de cette technique, on collait un voile de toile que l’on recouvrait ensuite d’une couche de pastiglia ; celle-ci était imprimée ou gravée dans un moule ou à l’aide d’un bâton, ou encore, finement modelée, avant d’être dorée ou peinte. Pour obtenir un plus grand raffinement sur le relief, il était parfois d’usage de tremper un pinceau dans la pâte et par ce moyen, de tracer en relief les éléments les plus délicats de l’ornementation.

Du XIIIe au XVe siècle, la pastiglia a été utilisée sur les panneaux peints afin de créer les légers reliefs des auréoles ou des joyaux et autres accessoires vestimentaires, ainsi que pour créer de délicats effets décoratifs sur les fonds (les zones concernées étaient alors recouvertes de feuilles d’or). En revanche, il constituait un élément essentiel dans la construction des coffres et plus encore pour la création de coffrets ainsi que dans la décoration alternative à la sculpture des autels en bois.

Notes

Notes
1 Cennino CENNINI, Il Libro dell’Arte, 1437 (Le Livre de l’Art, traduit, annoté et édité par Colette DÉROCHE. Paris, Berger-Levrault, 1991).

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