Amos Cassioli, « Frine nello studio di Prassitele »

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“Praxitèle (v. 395 av. J.-C. – av. 326 av. J.-C.), est dès l’Antiquité l’un des plus célèbres sculpteurs grecs. Varron (Reate [auj. Rieti), 116 av. J.-C. – …, 27 av. J.-C.) écrit à son propos : « Grâce à …”

Amos Cassioli (Asciano, 1832 – Florence, 1891)

Frine nello studio di Prassitele (Phryné dans l’atelier de Praxitèle), v. 1878. ((Initiales, à gauche : « AC » entrelacés.))

Esquisse à l’huile sur carton, 23 x 16,5 cm.

Provenance : Don d’Amos Cassioli à la Commune d’Asciano.

Asciano, Museo Cassioli.

Courtisane célèbre pour sa beauté, et riche pour la même raison, Phryné, fille d’Epiktès, originaire de Thespies (Béotie), s’est probablement installée à Athènes après la destruction de sa ville d’origine par les Thébains en 371 avant J.-C. Accusée d’impiété, elle fut défendue par l’orateur Hypéride qui, à cours d’argument au moment où la sentence allait être prononcée, fit tomber le péplos ((Péplos : vêtement féminin d’origine grecque, formé d’une grande pièce d’étoffe rectangulaire maintenue sur les épaules par deux agrafes, avec un rabat retombant à l’extérieur.)) qui drapait sa cliente, faisant ainsi apparaître toute l’ampleur de sa beauté devant les juges de l’Aréopage. Ceux-ci, convaincus par cette ultime et très efficace démonstration, l’acquittèrent. Elle aurait servi de modèle à Praxitèle ((Praxitèle (v. 395 av. J.-C. – av. 326 av. J.-C.), est dès l’Antiquité l’un des plus célèbres sculpteurs grecs. Varron (Reate [auj. Rieti), 116 av. J.-C. – …, 27 av. J.-C.) écrit à son propos : « Grâce à l’excellence de son talent, Praxitèle n’est inconnu d’aucun homme un tant soit peu cultivé ». ((« Praxiteles qui propter artificium egregium nemini paulum modo humaniori ignotus » (traduction citée par Alain Pasquier, « Exposer Praxitèle », dans Alain Pasquier, Jean-Luc MartineZ [dir.], Praxitèle [cat. d’exp. Musée du Louvre, mars-Juin 2007], Paris, R.N.M, 2007, p. 18. De l’homme, cité par Aulu-Gelle, Nuits attiques [Noctes Atticae], XIII, 16).)), son amant, pour l’Aphrodite de Cnide, statue célébrée comme n’est connue qu’à travers plusieurs centaines de répliques.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le mythe nourrit l’imaginaire des artistes ; comme Aspasie ((Aspasie (v. 470 av. J.-C. à Milet [ancienne cité grecque d’Ionie] – …, v. 400) s’attirait le respect de la plupart des grands hommes de son temps, tels Périclès, son époux, et Socrate, grâce à son savoir dans l’art oratoire et politique. Platon, Aristophane et Xénophon, entre autres, mentionnent son existence.)) et Sappho ((Sappho (VIIe – VIe siècles av. J.-C.) : poétesse de la Grèce antique, elle a vécu à Mytilène sur l’île de Lesbos. Très célèbre durant l’Antiquité, son œuvre poétique ne subsiste plus qu’à l’état de fragments. L’excellence de sa poésie en a fait un modèle admiré jusqu’à aujourd’hui. Du fait qu’on l’a considérée comme « la première voix de femme » mais aussi parce qu’elle a exprimé dans ses écrits son attirance pour d’autres femmes, le terme « saphisme », qui désigne l’homosexualité féminine, dérive de son nom, tandis que celui de « lesbienne » provient de Lesbos, l’île où elle a vécu.)), Phryné perpétue la tradition classique des femmes illustres et controversées, et devient le thème de nombreuses peintures et sculptures. Dans cette rapide esquisse peinte à l’huile sur carton, Amos Cassioli ébauche la silhouette de la blanche statue de l’Aphrodite de Cnide pour laquelle Phryné, modèle de Praxitèle s’apprête à reprendre la pose, à moins, peut-être, qu’elle ne soit surprise rajustant son vêtement afin de profiter d’un temps de repos. Le sculpteur se tient à l’écart pour mieux observer l’effet de son œuvre, dans une attitude bourgeoisement relâchée qui, avec celle particulièrement familière, de son modèle évoque davantage l’ambiance de l’atelier d’un sculpteur du XIXe s. que celle du génie qui fournit à l’histoire de l’art ses premiers prototypes du beau féminin appelé à devenir un idéal de l’antiquité classique, et bien au-delà.

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