Dans l’antiquité gréco-romaine, les Harpies (ou Harpyes), au nombre de trois ou plus selon les diverses traditions [1]Filles de Thaumas et de l’Océanide Électre, les Harpies sont au nombre de trois : Aello (« bourrasque »), parfois nommée Nicothoé (« pieds rapides »), Ocypète (« vole vite ») et Podarge (« pieds légers »), parfois nommée Céléno ou Celaeno (« obscure »)., étaient des divinités primordiales, chargées de la vengeance divine et de la dévastation. Elles sont particulièrement mises en scène dans les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes [2]Épopée hellénistique composée par Apollonios de Rhodes, les Argonautiques raconte en quatre chants la quête des Argonautes, depuis leur départ de Iolcos jusqu’à leur retour en Grèce avec la Toison d’or. Au chant II, Jason et ses compagnons viennent au secours du devin Phinée, persécuté par les Harpies. Cependant l’habile pilote sait se frayer une route au milieu du … Poursuivre :
« Ainsi les Argonautes, par l’adresse de Tiphys, avançant toujours sans accident, mais non sans frayeur, abordèrent le lendemain vis-à-vis les côtes de la Bithynie. Un fils d’Agénor, Phinée, faisait sa demeure sur ce rivage. Apollon lui avait accordé depuis longtemps le don de prévoir l’avenir ; faveur dangereuse qui devint la source de tous ses malheurs. Sans respect pour le maître des dieux, il découvrait hardiment aux mortels ses décrets sacrés. Zeus irrité le condamna à une éternelle vieillesse, priva ses yeux de la douce lumière du jour, et voulut qu’il ne pût jamais se rassasier d’aucun mets. En vain ceux qui venaient consulter ses oracles, lui en apportaient sans cesse de nouveaux ; les Harpies, fondant tout à coup du haut des cieux, les lui arrachaient de la bouche et des mains. Quelquefois pour prolonger ses tourments en soutenant sa misérable vie, elles lui abandonnaient de légers restes, sur lesquels elles répandaient une odeur si infecte que personne n’aurait eu le courage non seulement de s’en nourrir, mais même d’en supporter de loin la puanteur. Phinée n’eut pas plus tôt entendu la voix des Argonautes et le bruit de leur débarquement qu’il comprit aussitôt qu’ils étaient les étrangers dont l’arrivée, suivant les décrets de Zeus, devait mettre fin au plus cruel de ses maux. Semblable à un fantôme, il sort de son lit, et s’appuyant sur un bâton, il traîne en tâtonnant le long des murs ses pieds chancelants. Tous ses membres, épuisés par la faim et la vieillesse, tremblent à chaque pas. » [3]Apollonios de Rhodes, Les Argonautiques (IIIe s. av. J.-C.), II, 175-199.
Chez Dante, qui donne une description précise des Harpies au chant XIII de l‘Enfer, les celles-ci « font leur nid » dans le deuxième giron du septième cercle.
Ali hanno late, e colli e visi umani
piè con artigli, e pennuto ‘l gran ventre
fanno lamenti in su li alberi strani.
« Elles ont de larges ailes, cou et visage humains,
les pieds griffus, un grand ventre emplumé
elles se lamentent sur les arbres étranges. » (Enfer XIII, 12-14).
Notes
| 1↑ | Filles de Thaumas et de l’Océanide Électre, les Harpies sont au nombre de trois : Aello (« bourrasque »), parfois nommée Nicothoé (« pieds rapides »), Ocypète (« vole vite ») et Podarge (« pieds légers »), parfois nommée Céléno ou Celaeno (« obscure »). |
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| 2↑ | Épopée hellénistique composée par Apollonios de Rhodes, les Argonautiques raconte en quatre chants la quête des Argonautes, depuis leur départ de Iolcos jusqu’à leur retour en Grèce avec la Toison d’or. Au chant II, Jason et ses compagnons viennent au secours du devin Phinée, persécuté par les Harpies. Cependant l’habile pilote sait se frayer une route au milieu du danger. |
| 3↑ | Apollonios de Rhodes, Les Argonautiques (IIIe s. av. J.-C.), II, 175-199. |
