La technique de la marqueterie de marbre ou de pierre (et, plus généralement, de bois, d’ivoire…), qui remonte à l’antiquité égyptienne, est extrêmement complexe et raffinée. Des plaques de marbre de couleur sont découpées sous forme de lamelles très minces, puis assemblées, ou emboîtées, sur un support spécialement préparé, de façon à reproduire les contours généraux du dessin préalablement élaboré par l’artiste. Une fois la composition réalisée, le marbre est gravé afin de reproduire les traits du dessin destiné à préciser les contours et délimiter les formes des personnages, des décors ou des paysages, etc. Enfin, les incisions ainsi faites sont remplies de poix pour faire apparaître précisément les détails de l’image.
La tarsia de pierre semble bien dériver de ce que les Latins appelèrent opus sectile ou opus interrasile. Ces termes désignaient des œuvres obtenues, dans le premier cas (opus sectile), par encastrement de parcelles de marbre dans une surface de même matière ou, dans le second cas (opus interrasile), par l’insertion des parcelles dans des cavités ménagées à cet effet dans la surface de marbre. Au Moyen Âge, cette tradition romaine se retrouve dans les décorations murales à Ravenne, aux Ve et VIe siècles (baptistère des Orthodoxes, San Vitale), plus tard à Florence au XIIe siècle (San Miniato). Les effets recherchés sont avant tout chromatiques. Au XIVe siècle apparaît un type de tarsia [1]Éléments de formes et de couleurs variées qui sont ensuite reliés afin de créer un motif ornemental, géométrique ou figuratif. en marbre noir et blanc. À l’intérieur de cavités réalisées dans des plaques de marbre, l’artiste plaçait un mélange obtenu à partir de poix. Les exemples les plus célèbres se trouvent dans le baptistère de Florence, la cathédrale de Sienne, la bibliothèque Laurentienne à Florence. La marqueterie de marbre ne connaitra qu’à la période baroque un développement nouveau, bien qu’éphémère, auquel succédera un déclin définitif [2]Voir : « La marqueterie sur marbre et sur d’autres matières », Encyclopedia Universalis..
