Giovanni di Antonio di Banco, detto Nanni di Banco (Florence, entre 1380 et 1390 – 1421 [*]) : sculpteur [**]. Son père, Antonio di Banco, semble avoir été un entrepreneur important, fournisseur de matériaux, plutôt que sculpteur ; il devint en 1411, sans doute pour ses qualités d’expert, chef de la Fabrique de la cathédrale.
Nanni di Banco réagit au style du gothique tardif en orientant ses recherches vers l’antique dont il reprend les voies calmes et solennelles, plus statiques que les œuvres contemporaines de Donatello qui se caractérisent, au contraire, par une énergie et une vitalité contenues mais parfaitement visibles [***].
[*] Qu’il soit né vers 1390 (il est immatriculé en 1405 à la corporation des « Maestri di Pietra ») ou vers 1370, comme le suggère Wundram, p. 10, Nanni ne peut pas avoir été l’élève de Donatello, avec qui il est en concurrence pour les grandes commandes de la cathédrale et d’Orsanmichele.
[**] Dans la 1re édition de l’ouvrage de Vasarie, la Vie de Nanni di Banco commence ainsi : « A notre époque trop délicate, tout le monde estime très inconvenant qu’une personne aisée, pouvant vivre sans travailler, s’adonne aux sciences ou aux beaux-arts, qui apportent la gloire aux vivants et aux morts, comme si la valeur ne convenait qu’aux pauvres ou à ceux qui ne sont pas bien nés. Cette opinion est profondément erronée, et chacun doit l’avoir en abomination, car la valeur est plus honorable et plus belle lorsqu’elle est jointe à la richesse et à la noblesse, plutôt qu’à la pauvreté et à la roture. On le voit avec évidence en ces saints et heureux temps où les rois et les princes philosophaient savamment ; plus près de nous, le Florentin Nanni le montre assez clairement. » Giorgio VASARI, Le Vite de’ più eccellenti pittori, scultori e architetti coll’aggiunta de’ vivi e de’ morti, dall’anno 1550 a 1567 [1568] (traduction française sous la direction d’André Chastel, Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, vol. 4, Paris, Berger-Levraut, 1981-1989, p. 65).
[***] Pierluigi DE VECCHI et Elda CERCHIARI, I tempi dell’arte, vol. 2, Milan, Bompiani, 1999, p. 32.
