Bartolo di Fredi, « Voyage des Mages » + « Adoration of the Magi »

Bartolo di Fredi (Sienne, vers 1353 – 1410)

Adoration of the Magi (Adoration des mages), v. 1390.

Tempéra et or sur panneau, 148,6 x 89,2 cm.

Provenance :

New York, The Metropolitan Museum of Art, Robert Lehman Collection, 1975.

Bartolo di Fredi (Sienne, vers 1353 – 1410)

Voyage des mages, v. 1390.

Tempéra et or sur panneau, 27 x 38 cm.

Provenance :

Dijon, Musée des Beaux-arts, don de Jules Maciet, 1898.

Le panneau, naguère brutalement scié dans sa hauteur, est aujourd’hui divisé en deux fragments exposés séparément : la Procession des Mages (fragment conservé au Musée des Beaux-Arts de Dijon) constituait la partie supérieure de l’Adoration des mages proprement dite (visible au Metropolitan Museum of Art de New York). Témoin du style Gothique International, cette scène combinait à la fois un souci de naturalisme et un parti pris décoratif, l’épisode néo-testamentaire de l’Adoration des mages constituant l’un des thèmes de prédilection de ce courant artistique, en quête d’exotisme et d’anecdotes narratives [1]Bartolo di Fredi et son atelier ont traité plusieurs fois le thème riche en pittoresque de l’Adoration des mages : dans le petit panneau de la Pinacothèque de Sienne, la fresque de Lucignano, le tableau autrefois dans la collection Ronald Greville à Londres, la peinture autrefois dans la collection Pierpont-Morgan, passée aujourd’hui en Angleterre, et enfin dans la grande composition … Poursuivre.

Tandis qu’à Dijon, trois cavaliers nimbés de l’auréole des saints empruntent un chemin sinueux et descendant, précédés de personnages coupés à mi-corps, des chameaux sans tête et les jambes de deux serviteurs et d’un chien apparaissent à New York dans le coin supérieur gauche de la scène principale, témoignant malgré tout d’un récit autrefois complet de ses deux épisodes.

L’art de Bartolo di Fredi manifeste ici des souvenirs évidents de ceux de Simone Martini, pour l’élégance des traitement de la surface picturale, et de Pietro Lorenzetti, auquel il emprunte ses silhouettes puissamment structurées. La profondeur du paysage est suggérée par l’alternance des écrans rocheux, et les arbres évoqués par un pointillé clair sur une touffe sombre, rappellent la prédelle du retable des Carmélites de la Pinacothèque de Sienne. Les chevaux aux têtes fines et aux longues encolures, dont l’artiste oppose les robes claires et sombres, s’apparentent à ceux de Pietro. De ces réminiscences, Bartolo tire un récit chatoyant.

[2]Wolfgang LOSERIES, « Pale d’altare con l’Adorazione dei Magi e l’Adorazione dei Pastori di Bartolo di Fredi. Nuova documentazione e nuove prove », dans Bruce BOUCHER, Francesca FIORANI (éds), Bartolo di Fredi, The Adoration of the Magi : A Masterpiece Reconstructed (cat. d’exp. 2 mars-27 mai 2012), Charlottesville, University of Virginia Art Museum, 2012.

Notes

Notes
1 Bartolo di Fredi et son atelier ont traité plusieurs fois le thème riche en pittoresque de l’Adoration des mages : dans le petit panneau de la Pinacothèque de Sienne, la fresque de Lucignano, le tableau autrefois dans la collection Ronald Greville à Londres, la peinture autrefois dans la collection Pierpont-Morgan, passée aujourd’hui en Angleterre, et enfin dans la grande composition conservée à la Pinacothèque de Sienne, et dans le présent panneau.
2 Wolfgang LOSERIES, « Pale d’altare con l’Adorazione dei Magi e l’Adorazione dei Pastori di Bartolo di Fredi. Nuova documentazione e nuove prove », dans Bruce BOUCHER, Francesca FIORANI (éds), Bartolo di Fredi, The Adoration of the Magi : A Masterpiece Reconstructed (cat. d’exp. 2 mars-27 mai 2012), Charlottesville, University of Virginia Art Museum, 2012.

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