Le Concile de Trente

​« Dès la fin du XVe siècle, une crise intellectuelle, morale et spirituelle remet en cause un certain nombre d’idées car la transition entre la pensée médiévale et la pensée moderne est difficile dans un monde bouleversé par les grandes découvertes, par l’évolution psychologique placée sous le signe fort de l’affirmation de l’individu et par les mutations sociologiques et sociétales. Diverses solutions à ce questionnement inquiet sont proposées, par exemple, par la théocratie florentine de Savonarole ou par la Devotio moderna des Frères de la Vie commune qui éduqueront Erasme et Luther. 
Sur le plan strictement religieux, la crise focalise sur quelques points scandaleux qui divisent, comme : la vie mondaine des clergés haut et bas, l’affaire des indulgences, la non-résidence des curés et des évêques, l’ignorance des clercs, la superstition et la lascivité des arts ; sans oublier la contestation lourde de l’emploi du latin qui rend la liturgie totalement incompréhensible à la majorité des fidèles. [1]Ces critiques émanent de Jérôme Savonarole (1452-1498) en Italie, d’Erasme (1469-1536), de Martin Luther (1483-1546) en Allemagne, de Ulrich Zwingli (1484-1531) en Suisse alémanique, de Martin Bucer (1491-1551) en Alsace, de Jean Calvin (1509-1564) en France et en Suisse romande, de John Collet (1467-1519) en Angleterre, etc ; tous en appellent à une réforme radicale de l’Eglise … Poursuivre » [2]Marie VIALLON, « Le concile de trente et l’art », academia.edu, 2009.

Initié par le pape Paul III le 13 décembre 1545, le Concile de Trente est convoqué pour réagir à la Réforme protestante. [3]« Depuis 1520, la moitié de l’Allemagne, toute la Scandinavie, une partie de la Suisse et de l’Europe centrale étaient passées au protestantisme ; Calvin, de Genève, commençait la conquête de la France et des Pays-Bas ; l’Angleterre avait rompu avec Rome… » (Marc VENARD, « Trente (Concile de) », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de … Poursuivre Il débute le 13 décembre 1545, se termine le 4 décembre 1563, et s’étend sur une période de 18 ans [4]Les vingt-cinq sessions du concile couvrent cinq pontificats (Paul IIIJules IIIMarcel IIPaul IV et Pie IV) et se tiennent dans la cathédrale de San Vigilio, à Trente, puis à Bologne et enfin à nouveau à Trente, dans l’église Santa Maria Maggiore. au cours de laquelle il est plusieurs fois suspendu. « Il y a aujourd’hui un mythe du concile de Trente. Notre époque a tendance à lui attribuer tout ce qui a constitué le catholicisme tel que nous l’avons connu jusqu’à si elle a Vatican II, avec sa doctrine, ses institutions, ses pratiques et sa morale. C’est lui faire trop d’honneur. Trente est certes un moment décisif de la formation du catholicisme moderne, mais celui-ci a véhiculé beaucoup d’autres apports, antérieurs ou extérieurs, qui ne doivent rien au concile, comme le célibat des prêtres ou le culte de la Vierge Marie. » [5]Marc VENARD, « Trente (Concile de) », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, 2003, pp. 1638-1644.

Le concile de Trente « propose une révision en profondeur de l’Église catholique romaine, de la formation des prêtres à la façon d’officier la messe.
Les évêques s’accordent sur la nécessité de modifier la formation des prêtres en créant des séminaires, mais ne remettent pas en cause les points du dogme critiqués par les protestants. Ainsi, l’interprétation des Saintes Écritures reste-t-elle réservée aux hommes d’Église et interdite aux simples croyants. Le culte de la Vierge et des Saints, qui fait polémique, est maintenu. »
De fait, s’il permet une rénovation de certaines composantes de l’Église romaine, le Concile de Trente « échoue à réconcilier les catholiques et les protestants ». [6]Le Concile de Trente (1545-1563), BNF, Les Essentiels, en ligne ; https://essentiels.bnf.fr/fr/image/d86f832b-b517-4efd-9472-2cf82041e65a-concile-trente-1545-1563

rôle et l’influence du concile de Trente sur les arts

En conclusion d’un article portant sur « Le concile de Trente et l’art », Marie VIALLON observe que ce lien direct de cause à effet « n’a pas de véritable existence », car « si les travaux et les décisions des pères conciliaires ont croisé les voies de l’art, c’est presque par hasard et c’est toujours de façon superficielle. Contrairement à ce qui est répété à l’envi par certains enseignants, critiques ou guides touristiques, le concile de Trente ne s’est jamais donné pour tâche de réglementer les activités des artistes ; cependant, nous avons étudié comment les aspirations des pères conciliaires à plus de pureté dans la vie et la pratique religieuse rencontrent les aspirations de leurs contemporains à une expression artistique purifiée, purgée et corrigée. » [7]Marie Viallon, « Le concile de trente et l’art », academia.edu, 2009.

Il Parmigianino, Die Madonna mit der Rose 

Notes

Notes
1 Ces critiques émanent de Jérôme Savonarole (1452-1498) en Italie, d’Erasme (1469-1536), de Martin Luther (1483-1546) en Allemagne, de Ulrich Zwingli (1484-1531) en Suisse alémanique, de Martin Bucer (1491-1551) en Alsace, de Jean Calvin (1509-1564) en France et en Suisse romande, de John Collet (1467-1519) en Angleterre, etc ; tous en appellent à une réforme radicale de l’Eglise romaine. Dès le début du XVIe siècle, cet appel à la réforme est repris par le pape Léon X Médicis qui réunit, entre 1512 et 1517, le concile du Latran qui débouche finalement sur l’affirmation d’un certain nombre de bonnes intentions qui restent cependant lettres mortes.
Qu’est-ce qu’un concile ? Selon le Dictionnaire théologique et portatif, un concile est l’assemblée des évêques, des abbés et généraux d’ordre et de docteurs en théologie, qui 

‘… se [réunissent] ou pour affermir les vérités de la foi lorsque les hérétiques les ont ébranlés ou pour examiner et décider les questions qui regardent la foi et les mœurs.’ (*) »

(*) Pons-Augustin Alletz, Dictionnaire théologique-portatif, contenant l’exposition et les preuves de la révélation ; de tous les dogmes de la foi et de la morale ; les points de controverse ; les hérésies les plus célèbres ; les opinions différentes des principaux Théologiens Scholastiques, et de leurs plus fameuses Ecoles, Paris, Didot [etc.], 1756, p. 102.

2 Marie VIALLON, « Le concile de trente et l’art », academia.edu, 2009.
3 « Depuis 1520, la moitié de l’Allemagne, toute la Scandinavie, une partie de la Suisse et de l’Europe centrale étaient passées au protestantisme ; Calvin, de Genève, commençait la conquête de la France et des Pays-Bas ; l’Angleterre avait rompu avec Rome… » (Marc VENARD, « Trente (Concile de) », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, 2003, p. 1639).
4 Les vingt-cinq sessions du concile couvrent cinq pontificats (Paul IIIJules IIIMarcel IIPaul IV et Pie IV) et se tiennent dans la cathédrale de San Vigilio, à Trente, puis à Bologne et enfin à nouveau à Trente, dans l’église Santa Maria Maggiore.
5 Marc VENARD, « Trente (Concile de) », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, 2003, pp. 1638-1644.
6 Le Concile de Trente (1545-1563), BNF, Les Essentiels, en ligne ; https://essentiels.bnf.fr/fr/image/d86f832b-b517-4efd-9472-2cf82041e65a-concile-trente-1545-1563
7 Marie Viallon, « Le concile de trente et l’art », academia.edu, 2009.

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