
Girolamo Francesco Maria Mazzola, dit Il Parmigianino (Parme, 1503 – Casalmaggiore, 1540)
Die Madonna mit der Rose (La Madone à la rose), v. 1529-1530.
Huile sur panneau, 109 x 88,5 cm.
Provenance : ancienne collection de Dionisio Zani. [1]À partir de 1527, le Parmesan, venu de Rome, séjourna à Bologne, avant de repartir pour Parme en 1530. Giorgio Vasari rapporte dans les Vies (*) que la commande lui avait été passée à Rome par l’écrivain et critique d’art Pietro Aretino (**). On ignore si le Parmesan avait déjà commencé l’œuvre à Rome avant de l’emporter à Bologne encore inachevée. Cependant, le … Poursuivre
Dresde, Gemäldegalerie Alte Meister.
Le peintre présente la figure de la Vierge, qui domine la scène, dans une représentation monumentale légèrement allongée. Elle occupe l’espace vertical de haut en bas, s’arrêtant légèrement sous ses genoux et coupant le cadre à gauche avec son vêtement. Sa posture ne semble pas véritablement assise ; son regard est baissé. L’Enfant Jésus, d’une taille impressionnante et dépassant monumentalement les limites latérales du tableau, est allongé en diagonale sur ses genoux, face au spectateur et le fixant fermement du regard. On y trouve un nouveau type de représentation qui dissout les figures familières de la Vierge à l’Enfant et évoque une autre typologie picturale : celle de la Pietà, où Marie porte le corps de son fils mort sur ses genoux. À cet égard, Parmigianino entreprend un développement ultérieur de la Madonna del Latte e un angelo (Madone allaitant, et un ange) du Corrège (fig. 1) [2]Voir : Le Corrège, Madonna del Latte e un angelo, v. 1524. Budapest, Szépművészeti Múzeum., créée environ cinq ans plus tôt (v. 1524) et généralement considérée comme le modèle de la Madone à la rose. [3]Ce nouveau style de représentation atteindra son apogée, avec des réminiscences de Pietà encore plus marquées, environ cinq ans plus tard dans la Madonna dal collo lungo (La Madone au long cou), peinte par le Parmesan entre 1534 et 1539).
Voir : Le Parmesan, La Madonna dal collo lungo, V. 1534-1539. Florence, Gallerie degli Uffizi.

L’Enfant tend son bras droit sous le bras gauche de la Madone, maintenu verticalement vers le bas, et lui offre une rose. De son bras gauche, orné d’un bracelet de corail rouge vif au poignet, il s’appuie sur un globe terrestre représentant les quatre continents connus à l’époque et repose sur un socle horizontal indiqué en bas à droite.
Les personnages dans la moitié supérieure droite du tableau sont encadrés par un rideau rouge mat qui s’enroule vers le bas dans un tourbillon saisissant de plis, et dans la moitié supérieure gauche du tableau par un fond noir sombre, presque mat, qui s’estompe vers le bas dans une teinte rougeâtre et est ensuite remplacé par les plis bleu foncé incurvés du manteau de la Madone sur lequel repose l’Enfant ; ce manteau semble trouver sa continuation au premier plan de ses genoux dans des plis parallèles diagonaux verts mats.
L’ambivalence du message pictural de cette œuvre est typique de l’époque et de l’art du Maniérisme. Le peintre rend ambiguë la détermination du sujet : s’agit-il de Marie avec l’Enfant Jésus ou de Vénus, la déesse romaine de l’amour, avec Cupidon ? Le garçon tient une rose, symbole de l’amour. Le globe terrestre évoque la valeur universelle de l’amour. Qu’il s’agisse d’un amour céleste ou d’un amour profane, c’est bien au spectateur de décider.
Le tableau de Parmigianino représente un premier sommet de l’art maniériste.
Notes
| 1↑ | À partir de 1527, le Parmesan, venu de Rome, séjourna à Bologne, avant de repartir pour Parme en 1530. Giorgio Vasari rapporte dans les Vies (*) que la commande lui avait été passée à Rome par l’écrivain et critique d’art Pietro Aretino (**). On ignore si le Parmesan avait déjà commencé l’œuvre à Rome avant de l’emporter à Bologne encore inachevée. Cependant, le tableau ne fut jamais livré à son commanditaire. Lorsque le pape Clément VII (***) séjourna à Bologne (décembre 1529 – avril 1530) pour le couronnement de Charles Quint comme empereur du Saint-Empire romain germanique, il lui fut offert en cadeau par le peintre. On ignore si le pape reçut le tableau et même s’il a seulement pu le voir. Quoi qu’il en soit, le tableau n’entra jamais dans sa collection, mais resta à Bologne, où il entra en possession de Dionisio Zani, célèbre amateur d’art et collectionneur issu de la noblesse locale. Celui-ci l’exposa dans sa maison de campagne dans les montagnes bolonaises où elle suscita d’emblée l’admiration de nombreux visiteurs, dont Vasari, qui, dès 1568, rapporta dans la deuxième édition révisée de sa biographie de l’artiste que cinquante copies avaient été réalisées. Par la suite, de riches collectionneurs, parmi lesquels Vincenzo I Gonzaga (****) et le cardinal Alexandre Farnèse (*****) , lui firent des offres d’achat répétées, auxquelles la famille Zani résista longtemps. Ce n’est qu’en 1752 que le tableau fut finalement proposé à la vente à un important mécène, Auguste III de Saxe (******), pour la somme considérable de 1350 sequins (ducats d’or). C’est ainsi qu’il est finalement arrivé à Dresde, où il peut encore être admiré dans la Gemäldegalerie Alte Meister (Galerie des maîtres anciens).
(*) « Ce tableau était destiné à Messer Pietro Aretino, mais le pape Clément étant venu dans ce temps à Bologne, Francesco le lui offrit. Puis, n’importe par quel hasard, il tomba entre les mains de Messer Dionigi Gianni, lequel l’a légué à Messer Bartolommeo son fils qui le possède aujourd’hui, et l’a si souvent prêté qu’il en a été fait cinquante copies, tant ce chef-d’œuvre est estimé ! » |
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| 2↑ | Voir : Le Corrège, Madonna del Latte e un angelo, v. 1524. Budapest, Szépművészeti Múzeum. |
| 3↑ | Ce nouveau style de représentation atteindra son apogée, avec des réminiscences de Pietà encore plus marquées, environ cinq ans plus tard dans la Madonna dal collo lungo (La Madone au long cou), peinte par le Parmesan entre 1534 et 1539).
Voir : Le Parmesan, La Madonna dal collo lungo, V. 1534-1539. Florence, Gallerie degli Uffizi. |

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