Utilisé seul, le qualificatif Ottimo, attribué par l’Académie de la Crusca [1]« Fondée en 1583 par des gens de lettres, une « équipe » (brigata) de bons vivants qui avaient l’habitude de se réunir dans l’arrière-boutique d’une pharmacie à deux pas du Baptistère de Florence, pour y dîner et s’entretenir plaisamment en disant des drôleries (cruscate ou cicalate dont les sujets extravagants donnaient lieu à un emploi exubérant et ludique de la … Poursuivre en 1612, désigne l’un des commentaires les plus importants du XIVe siècle, l’Ottimo Commento [2]Ottimo Commento (Excellent [Commentaire]. portant sur l’ensemble de la Divine Comédie de Dante. Celui-ci a été rédigé vers 1334 par un commentateur florentin anonyme qui déclare avoir rencontré Dante en personne et l’avoir consulté tout aussi personnellement. L’Ottimo joue un rôle fondamental dans le cadre de l’exégèse des sources de Dante, à la fois pour son antiquité et sa « florentinité » avérées, et parce qu’il se présente comme la somme de toutes les expériences interprétatives antérieures. Cette dimension fondamentale tient principalement à l’importance de l’œuvre exceptionnelle qu’il commente et à sa rédaction dans la véritable langue vernaculaire toscane, ou plutôt florentine. L’Ottimo nous a été transmis à partir d’au moins trente-quatre manuscrits rédigés entre 1333-1334 et la première rédaction du Comentarium latin de Pietro Alighieri, datant de 1340.
Notes
| 1↑ | « Fondée en 1583 par des gens de lettres, une « équipe » (brigata) de bons vivants qui avaient l’habitude de se réunir dans l’arrière-boutique d’une pharmacie à deux pas du Baptistère de Florence, pour y dîner et s’entretenir plaisamment en disant des drôleries (cruscate ou cicalate dont les sujets extravagants donnaient lieu à un emploi exubérant et ludique de la langue florentine), l’Académie de la Crusca, qui voit le jour sous la poussée du linguiste et philologue Leonardo Salviati (1540-1589), lequel avait rejoint la joyeuse équipe deux ans auparavant, prend bientôt un tout autre caractère. Sans plus entrer, comme l’avaient fait certains membres dans les premiers jours de vie de la Crusca, par de cinglants pamphlets dans la dispute qui enflammait les linguistes des différentes régions italiennes à propos de la suprématie du florentin et du toscan sur l’usage littéraire – suprématie dont les « trois couronnes » (Dante, Pétrarque et Boccace) étaient les incontournables pivots – les nouveaux académiciens décident de s’atteler à la correction du texte de la Divine comédie et d’en offrir une édition purgée des fautes des copistes non-florentins qui émaillaient le texte dans ses parutions régionales. » Severina PARODI, « Accademia della Crusca », mise en ligne : http://barthes.enssib.fr/translatio/rw/siehlda/actesmen/parodi.htm |
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| 2↑ | Ottimo Commento (Excellent [Commentaire]. |
