Ajax Télamon (Aías Telamốnios) ou Ajax, fils de Télamon et de Périboée [1]Péribée, Éribée ou Périboée (transcription la plus fidèle du grec ancien), princesse de Mégare., dit Ajax le Grand [2]On l’appelle Ajax le Grand pour le distinguer de son homonyme, Ajax, fils d’Oïlée, roi de Salamine. D’après la description qu’en donne Homère, il est de taille colossale et seul Achille a plus de force et de courage que lui. Avec l’assistance d’Athéna, il arrache le corps de celui-ci des mains des Troyens. Il dispute à Ulysse les armes d’Achille, mais Ulysse a gain de cause. Selon une légende plus tardive, la déception le rend fou. [3]Chez Sophocle, c’est Tecmesse, sa compagne, qui, priée de le faire par le coryphée, raconte la folie d’Ajax : « Tu sauras tout ce qui s’est passé, puisque tu prends part à mon malheur. Au milieu de la nuit, lorsque les feux du soir ne jetaient plus de lumière, il saisit son épée et semblait vouloir sortir sans motif. Je l’arrête alors et lui dis : “Ajax, que … Poursuivre Lorsqu’il retourne à la raison, il se tue avec l’épée qu’Hector lui a offerte à l’issue d’un combat singulier où aucun des deux héros n’est parvenu à triompher de l’autre.
Notes
| 1↑ | Péribée, Éribée ou Périboée (transcription la plus fidèle du grec ancien), princesse de Mégare. |
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| 2↑ | On l’appelle Ajax le Grand pour le distinguer de son homonyme, Ajax, fils d’Oïlée |
| 3↑ | Chez Sophocle, c’est Tecmesse, sa compagne, qui, priée de le faire par le coryphée, raconte la folie d’Ajax : « Tu sauras tout ce qui s’est passé, puisque tu prends part à mon malheur. Au milieu de la nuit, lorsque les feux du soir ne jetaient plus de lumière, il saisit son épée et semblait vouloir sortir sans motif. Je l’arrête alors et lui dis : “Ajax, que fais-tu? où portes-tu tes pas, sans être appelé, sans que le héraut se soit fait entendre, ni que la trompette ait retenti ? En ce moment, toute l’armée dort.” Mais lui me répond par ces mots si connus : “Femme, le silence est l’ornement de ton sexe.” A ces mots, je me tus, et il s’élança seul. Ce qu’il a fait là-bas, je ne saurais le dire ; mais il rentra, faisant marcher ensemble devant lui des taureaux enchaînés, des chiens de berger, et tout le butin cornu. Aux uns. il tranche la tête ; les autres, il les étend, les égorge et les met en pièces ; il en attache d’autres qu’il frappe à coups de fouet, comme des captifs. Enfin il s’élance hors de sa tente, tenant à je ne sais quel fantôme des discours violents et contre les Atrides, et sur Ulysse, entremêlés de grands éclats de rire et se vantant de la vengeance qu’il a tirée d’eux. Ensuite, après s’être précipité dans sa tente, à grand-peine et après un long temps il rentre en lui-même ; et lorsqu’il voit sa tente pleine du carnage causé par son délire, il se frappe la tête, pousse des cris, se couche et s’étend sur cet amas de troupeaux égorgés, s’arrachant les cheveux avec violence. Il resta longtemps assis dans un morne silence ; puis, m’adressant les plus terribles menaces, si je ne lui révélais tout ce qui s’est passé, il me demanda en quelle extrémité il était tombé. Et moi, mes amis, effrayée, je lui racontai tout ce qu’il avait fait, autant du moins que je le savais ; alors il poussa des gémissements douloureux, tels que je n’en avais jamais entendu sortir de sa bouche ; car toujours il disait que de telles plaintes ne partaient que d’une âme faible et pusillanime ; mais sans faire entendre de lamentations aiguës, sa douleur ne s’exprime que par des gémissements étouffés, semblables aux mugissements d’un taureau. Et maintenant, plongé dans cet abîme d’infortune, il refuse toute nourriture, et reste immobile au milieu de ces troupeaux égorgés : à son langage, à ses plaintes, il est aisé de voir qu’il médité quelque dessein funeste. Ô mes amis, je suis venue pour implorer votre aide ; entrez, donnez-lui les secours qui sont en votre pouvoir ; car les hommes tels que lui cèdent à la voix de leurs amis.” ». SOPHOCLE, Tragédies, Ajax, 28-29 (trad. du grec par M. Artaud, Paris, Charpentier, 1859 |
