
Raffaello Vanni (Sienne, v. 1590 – 1673)
San Pietro risana gli infermi con la sua ombra (Saint Pierre guérissant les malades avec son ombre),
Huile sur toile,
Provenance : acquis par l’État italien de l’antiquaire siennois Taddeucci à la fin de l’année 2023 [1]L’œuvre est exposée dans la salle 36 de la Pinacothèque nationale de Sienne depuis le 12 décembre 2024..
Sienne, Pinacoteca Nazionale.
La scène montre l’apôtre Pierre guérissant miraculeusement les malades par l’effet de sa seule ombre. Cet épisode de la vie de l’apôtre, qui trouve son origine dans les Actes des Apôtres, est peu représenté. Le texte nous apprend les nombreuses guérisons opérées par imposition des mains des apôtres sur les malades et la façon dont on les installa dans les rues afin d’augmenter le nombre des miraculés au seul passage de l’ombre de Pierre sur eux [2]Le texte en relativement bref : « Par les mains des Apôtres, il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple […] en sorte qu’on apportait les malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu’un d’eux. » (Ac 5, 12-16).. L’action de l’apôtre est d’autant plus extraordinaire qu’elle se fait à son insu. Et comment une ombre pourrait-elle avoir une action matérielle ? Comment pourrait-elle se poser, elle qui ne pèse rien ? Est-ce l’aura de la sainteté, cette ombre, ou le symbole de la fonction mystique du successeur du Christ ?
Il s’agit d’une œuvre de la maturité de Raffaello Vanni. Marco Ciampolini, spécialiste de l’artiste et de la peinture siennoise du XVIIe siècle, propose une datation dans les années 1640, avant le Triomphe de David de la collection Chigi Saracini, daté de 1648.
Le tableau est parvenu jusqu’à nous dans un parfait état de conservation et, fait rare sinon unique, la toile sur laquelle il est peint, de même que son cadre, sont d’origine.
Bien que l’origine de la commande demeure encore inconnue, on sait que la toile appartenait à la famille Piccolomini, qui a vécu du XVIIIe siècle jusqu’au siècle dernier au Palais Chigi Piccolomini alla Postierla, aujourd’hui l’un des sièges des Musées nationaux de Sienne.
Le peintre démontre dans le tableau une maîtrise certaine du récit dramatique et parvient à intégrer des fragments de composition inspirés de grands exemples du passé tels que la citation de L’incendie du Borgo [3]Raffaello Sanzio e aiuti, Incendio di Borgo. Rome, Palais du Vatican, chambres de Raphaël. à travers l’homme portant sur ses épaules une femme évanouie. La capacité de Raffaello Vanni à créer une composition monumentale avec une grande variété d’attitudes est remarquable. Les anges qui apportent à l’apôtre Pierre les attributs du chef de l’Église, la tiare pontificale et les clés, sont particulièrement intéressants.
Les guérisons miraculeuses étaient presque une banalité dans l’Antiquité et surtout dans le Nouveau Testament ! Mais qu’une guérison soit causée par une ombre, il fallait un peintre pour remarquer l’étrangeté du phénomène et sa puissance de rêve. Du reste l’ombre est un sujet de spéculation chez les peintres de cette époque car ils ont tout de suite compris que l’ombre, du fait même qu’elle est une projection, était liée à la perspective.
Notes
| 1↑ | L’œuvre est exposée dans la salle 36 de la Pinacothèque nationale de Sienne depuis le 12 décembre 2024. |
|---|---|
| 2↑ | Le texte en relativement bref : « Par les mains des Apôtres, il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple […] en sorte qu’on apportait les malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu’un d’eux. » (Ac 5, 12-16). |
| 3↑ | Raffaello Sanzio e aiuti, Incendio di Borgo. Rome, Palais du Vatican, chambres de Raphaël. |

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