
Copie d’après Raffaello Vanni (1595 – 1673)
Vittoria di Clodoveo su Alarico II (Victoire de Clovis sur Alaric), ap. 1652.
Huile sur toile, 81 x 192 cm.
Provenance :
Sienne, Palazzo Pubblico, Museo Civico.
L’œuvre représente l’instant décisif de la bataille de Vouillé, troisième des grandes victoires attribuées à Clovis [1]Clovis : fils du roi franc Childéric et de Basine, il succède à son père vers 481/482, dans les deux fonctions de roi des Francs et d’administrateur de la Belgique Seconde. Il épouse une femme de la famille royale franque rhénane, dont il a un fils, Théodoric ou Thierry, avant d’épouser plus tard Clotilde, nièce du roi Burgonde Gondebaud, qui donne naissance à cinq fils et une … Poursuivre dans le récit de Grégoire de Tours [2]« Cependant Clovis en vint aux mains avec Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouglé à trois lieues de la ville de Poitiers. Les Goths ayant pris la fuite selon leur coutume, le roi Clovis, aidé de Dieu, remporta la victoire ; il avait pour allié le fils de Sigebert Claude (*), nommé Chlodéric. Ce Sigebert boitait d’un coup qu’il avait reçu au genou à la bataille de … Poursuivre. Elle s’est déroulée en 507 dans une plaine, sur le parcours de la voie romaine à « 10 milles romains » de Poitiers [3]« On vit marcher contre les Francs, avec une intrépidité étonnante, 10 000 citoyens de la ville d’Auvergne ayant à leur tête le fils du célèbre Sidoine Apollinaire. Le nouveau conquérant, Clovis, ne fut vainqueur que lorsqu’il ne trouva plus aucun Auvergnat pour lui disputer la victoire […]. » Grégoire de Tours, Histoire des Francs, trad. François Guizot, dans … Poursuivre [4]Dès 498 ou 499, Clovis est descendu jusqu’à Bordeaux afin de combattre Alaric II, roi des Wisigoths, qui contrôle les régions entre Loire et Pyrénées. Les persécutions que subissent les chrétiens catholiques légitiment ces campagnes, de surcroît bien utiles pour l’expansion mérovingienne. Cependant Théodoric le Grand, s’alliant aux Wisigoths, leur a permis de maintenir Clovis au … Poursuivre. La confédération des différents rois francs (menés par Clovis, mais aussi Sigebert le Boiteux) appuyés par les Burgondes de Gondebaud, résista d’abord aux charges des Goths, puis contre-attaqua. Les milices des cités d’Aquitaine au service des Wisigoths semblent avoir refusé de se rendre et subi de lourdes pertes, à l’image des Arvernes menés par Apollinaris, le fils de l’évêque Sidoine Apollinaire et probable comte de Clermont. La confrontation fut décisive, car elle se solda par la mort du roi des Wisigoths, Alaric II, percé de plusieurs coups de lance. Certains auteurs ont avancé l’idée que Clovis aurait personnellement défait et tué le souverain adverse. Il s’agit visiblement d’un point de vue que partage Raffaello Vanni, auteur de l’original de la représentation cette bruyante bataille dans laquelle les formes humaines fouettées par des vents tempétueux s’entremêlent dans des corps-à-corps d’une violence hallucinée, où la furie est si générale que l’atmosphère a pris les couleurs d’un incendie, le dispute à l’héroïsme barbare de l’exploit qui marque aussi le moment ultime de la bataille.
Patrick PERIN, Vouillé-la-bataille en Poitou, 1ere bataille de Poitiers, 15eCentenaire de la bataille de Vouillé. 507-2007 (
Luc BOURGEOIS (dir.), Wisigoths et Francs autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Âge dans le Centre-Ouest de la France (actes des XXVIIIe Journées internationales d’archéologie mérovingienne Vouillé et Poitiers (Vienne, France) 28 – 30 septembre 2007), Association française d’archéologie mérovingienne, 23, 2010.
Notes
| 1↑ | Clovis : fils du roi franc Childéric et de Basine, il succède à son père vers 481/482, dans les deux fonctions de roi des Francs et d’administrateur de la Belgique Seconde. Il épouse une femme de la famille royale franque rhénane, dont il a un fils, Théodoric ou Thierry, avant d’épouser plus tard Clotilde, nièce du roi Burgonde Gondebaud, qui donne naissance à cinq fils et une fille. Il marie sa sœur Audoflède à Théodoric le Grand. Païen, il se convertit au catholicisme entre 496 et 508 (sans doute en 508). Il conquiert une grande partie de la Gaule, vainc Syagrius (486), attaque les Alamans (496 et 506), les Burgondes (500) et les Wisigoths (507), avant de mourir en 511. |
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| 2↑ | « Cependant Clovis en vint aux mains avec Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouglé à trois lieues de la ville de Poitiers. Les Goths ayant pris la fuite selon leur coutume, le roi Clovis, aidé de Dieu, remporta la victoire ; il avait pour allié le fils de Sigebert Claude (*), nommé Chlodéric. Ce Sigebert boitait d’un coup qu’il avait reçu au genou à la bataille de Tolbiac contre les Allemands. Le roi, après avoir mis les Goths en fuite et tué leur roi Alaric, fut tout a coup surpris par derrière, par deux soldats qui lui portèrent des coups de lance sur les deux côtés. Mais la bonté de sa cuirasse et la légèreté de son cheval le préservèrent de la mort. Il périt dans cette bataille un grand nombre d’Auvergnats qui étaient venus avec Apollinaire (**), ainsi que les premiers des sénateurs. Après le combat, Amalaric, fils d’Alaric, s’enfuit en Espagne et gouverna avec sagesse le royaume de son père. Clovis envoya, son fils Théodoric en Auvergne par Albi et Rodez ; celui-ci soumit à son père toutes les villes depuis la frontière des Goths jusqu’à celle des Bourguignons (***). Alaric avait régné vingt-deux ans. Clovis après avoir passé l’hiver dans la ville de Bordeaux et emporté de Toulouse tous les trésors d’Alaric, marcha sur Angoulême. Le Seigneur lui accorda une si grande grâce qu’à sa vue les murs s’écroulèrent d’eux-mêmes. Après en avoir chassé les Goths, il soumit la ville à son pouvoir ; ayant ainsi complété sa victoire; il rentra dans Tours et offrit un grand nombre de présents à la sainte basilique du bienheureux Martin [l’an 508] ». Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre II, trad. du latin par François Guizot, dans François GUIZOT, Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France, depuis la fondation de la monarchie française jusqu’au 13e siècle, Paris, J.-L.-J. Brière, 1823, p. 104. Mise en ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94600f/f6.item.texteImage
(*) Roi des Francs-Ripuaires (peuple franc établi sur les bords du Rhin au Ve s.), et qui résidait à Cologne. |
| 3↑ | « On vit marcher contre les Francs, avec une intrépidité étonnante, 10 000 citoyens de la ville d’Auvergne ayant à leur tête le fils du célèbre Sidoine Apollinaire. Le nouveau conquérant, Clovis, ne fut vainqueur que lorsqu’il ne trouva plus aucun Auvergnat pour lui disputer la victoire […]. » Grégoire de Tours, Histoire des Francs, trad. François Guizot, dans François GUIZOT, Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France, depuis la fondation de la monarchie française jusqu’au 13e siècle, Paris, J.-L.-J. Brière, 1823, L. I, p. 104. Mise en ligne sur Gallica : |
| 4↑ | Dès 498 ou 499, Clovis est descendu jusqu’à Bordeaux afin de combattre Alaric II, roi des Wisigoths, qui contrôle les régions entre Loire et Pyrénées. Les persécutions que subissent les chrétiens catholiques légitiment ces campagnes, de surcroît bien utiles pour l’expansion mérovingienne. Cependant Théodoric le Grand, s’alliant aux Wisigoths, leur a permis de maintenir Clovis au Nord de la Loire. Mais en 507 la situation est différente. Clovis a obtenu l’alliance du nouvel empereur d’Orient, Anastase. Le roi, avec l’aide des Francs Rhénans, conduit cette nouvelle campagne comme une guerre sainte, après un pèlerinage au tombeau de Saint Martin. De fait, il écrase Alaric II à la bataille de Vouillé. Les Wisigoths se retirent en Espagne, conservant la Septimanie, actuel Languedoc-Roussillon. Clovis après avoir conquis Toulouse, Angoulême et Bordeaux, célèbre à la manière antique son triomphe à Tours. Ainsi le royaume de Clovis devient-il le premier des royaumes barbares catholiques d’Occident. La réunion sous son autorité de l’ensemble des petits royaumes francs, par la politique ou le combat, occupera les quatre dernières années du règne du roi. Comme Alaric, Clovis jette également les bases d’un code juridique, la Loi salique ; enfin, quelques mois avant sa mort, il convoque son concile à Orléans l’épiscopat des Gaules, confirmant une étroite collaboration entre les évêques et le roi. Clovis meurt le 27 novembre 511, laissant quatre fils, Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire. Extraits (pages 30 et 31) du catalogue des Musées Départementaux de Seine-Maritime, publié pour la Célébration Nationale du 1400ième anniversaire de la mort de Grégoire de Tours (594 -1994) « Grégoire de Tours père de l’histoire de France ». Patrick PERIN. |



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