Antonio Barili, « Autoportrait »

Antonio Barili (Sienne, 1453 – 1517)

Autoportrait, 1502.

Marqueterie de bois.

Inscriptions :

  • (dans le cartouche en cours de travail, sous la main du marqueteur) : « HOC EGO ANTONIVS BARILIS OPVS COELO NON PENICILLO EXCVSSI. AN D. N. MCCCCCII » [1]« Moi, Antonio Barili, j’ai réalisé cette œuvre avec un ciseau (une gouge ?), non avec avec un pinceau, en l’an de grâce 1502. » Conscient de la qualité de son travail d’artiste, Barili était l’un des rares sculpteurs à signer et dater ses œuvres, et le seul dont nous possédions, avant qu’il ne soit détruit, cet autoportrait en train de tailler le bois. Cette signature … Poursuivre [2]Sur Antonio Barili et son œuvre, voir aussi : Enzo CARLI, « Le tarsie di San Quirico d’Orcia », Critica d’arte, VIII (1950), pp. 473-476 ; S. FRASCHETTI, « Antonio di Neri Barili (1453-1516) », dans Domenico Beccafumi e il suo tempo, Milan, 1990, pp. 548-551; Id., « Antonio di Neri Barili. Scheda 76. Coro ligneo, e Antonio di Neri Barili … Poursuivre

Provenance : Cathédrale de Sienne, chapelle de San Giovanni Battista [3]Le panneau d’incrustations a un temps fait partie de la collection Bandini-Piccolomini à Sienne jusqu’en 1869.

Vienne, Staatliches Kunstgewerbemuseum (détruit pendant la seconde guerre mondiale).

Il s’agit de la huitième des marqueteries sauvées au XVIIie siècle d’une lente et inéluctable dégradation, et conservée au Musée des Arts et de l’Industrie de Vienne, dans laquelle elle entra en 1869 après un long passage dans la collection Bandini-Piccolomini de Sienne. Sur ce panneau, Barili se représente avec les outils de son métier, déclarant : « Hoc ego Antonius Barilis opus caelo non penicillo exussi A. D. MDII », indiquant par ce « caelo » (confondu avec « coelo », c’est-à-dire ciseau) et « non penicillo » sa satisfaction d’avoir réalisé, avec les outils d’un sculpteur, une œuvre d’une exceptionnelle valeur picturale. Cette valeur, reconnue depuis ses contemporains, a été confirmée par les critiques modernes, de Lionello Venturi, qui a salué les « raffinements miniaturistes » de Barili, à Enzo Carli (1950), qui a relevé dans les marqueteries de San Quirico d’Orcia leur « caractère extrêmement pictural ».

Si tratta dell’ottava tarsia che conservava nel Museo d’Arte e Industria di Vienna a cui pervenne nel 1869 dopo una lunga appartenenza alla collezione Bandini-Piccolomini di Siena. In questo pannello il Barili ritrasse se stesso con gli strumenti del mestiere affermando: « Hoc ego Antonius Barilis opus caelo non penicillo exussi A. D. MDII », indicando con quel « caelo » (errato per « coelo » cioè scalpello), « non penicillo », il proprio compiacimento per aver eseguito con strumenti da intagliatore un’opera di riconosciuto valore pittorico. Tale valore, che sempre, fin dai contemporanei, gli è stato riconosciuto, è stato poi confermato dalla critica moderna, a cominciare dal Venturi, che riconobbe al Barili « miniaturistiche finezze », fino al Carli (1950), che ha avvertito nelle tarsie di S. Quirico d’Orcia « un carattere estremamente pittorico ». » [4]Margherita LENZINI MORIONDO, « BARILI, Antonio », dans Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 6 (1964), mise en ligne : https://www.treccani.it/enciclopedia/antonio-barili_%28Dizionario-Biografico%29/

« Le véritable portrait de l’artiste au travail fut conduit à son paroxysme par Antonio Barili (1453-1516), qui réalisa en 1502 ce fameux autoportrait pour les stalles de la chapelle de San Giovanni, dans la cathédrale de Sienne. Après les restaurations engagées par le pape Alexandre VII, sept panneaux furent transférés, le huitième panneau fut acquis en 1869 par le musée d’Art et d’industrie de Vienne après avoir fait partie de la collection Bandini-Piccolomini. Il disparut dans les bombardements de la ville en 1944. Le marqueteur était représenté assis, en train de marqueter un cartouche sur lequel on pouvait lire cette inscription : « HOC EGO ANTONIUS BARILIS OPUS COELO NON PENICILLO EXCUSSI AN D. N. MDII » [5]Voir note 1.. Derrière lui, un perroquet surveillait le travail de l’artiste en se nourrissant de nèfles. Le marqueteur tenait une gouge dans la main gauche tandis qu’une lime était posée sur un côté du cartouche. C’est encore à un outil qu’il se raccroche pour démontrer sa singularité si ce n’est sa supériorité face aux arts majeurs, en particulier la peinture. » [6]Alexandra BALLET, « « Plus d’épines que de roses ». Le travail dans les intarsie au Quattrocento », Histoire de l’Art, n. 74 (juin 2014), pp. 43-54. Mise en ligne : … Poursuivre

Notes

Notes
1 « Moi, Antonio Barili, j’ai réalisé cette œuvre avec un ciseau (une gouge ?), non avec avec un pinceau, en l’an de grâce 1502. » Conscient de la qualité de son travail d’artiste, Barili était l’un des rares sculpteurs à signer et dater ses œuvres, et le seul dont nous possédions, avant qu’il ne soit détruit, cet autoportrait en train de tailler le bois. Cette signature est discutée par Antoinette ROESLER-FRIEDENTHAL, « Opus coelo non penicello. Das Selbstbildnis des Antonio Barili von 1502 », dans Im Agon der Künste. Paragonales Denken, ästhetische Praxis ind die Diversität der Sinne, Munich, 2007, pp. 50-141.
2 Sur Antonio Barili et son œuvre, voir aussi : Enzo CARLI, « Le tarsie di San Quirico d’Orcia », Critica d’arte, VIII (1950), pp. 473-476 ; S. FRASCHETTI, « Antonio di Neri Barili (1453-1516) », dans Domenico Beccafumi e il suo tempo, Milan, 1990, pp. 548-551; Id., « Antonio di Neri Barili. Scheda 76. Coro ligneo, e Antonio di Neri Barili (1453-1516) », dans Luciano BELLOSI (dir.), Francesco di Giorgio e il Rinascimento a Siena 1450-1500, Milan, Silvana Editoriale, 1993, pp. 374-381, et p. 518 ; Simonetta NICOLINI, « Il coro », dans La chiesa di Santa Maria nuova a Fano dalle origini agli ultimi restauri, a cura di G. Volpe e S. Bracci, Fano, Fondazione Cassa di Risparmio di Fano e Carifano-Cassa di Risparmio di Fano, 2009, pp. 125-142. Mise en ligne : Il coro, in La chiesa di Santa Maria nuova a Fano dalle origini agli ultimi restauri ; Bruno SANTI, « Il paesaggio nelle tarsie di Antonio Barili a San Quirico d’Orcia », dans « Stanze per un giardino. Il paesaggio e il giardino nella cultura umanistica. V Centenario della morte di Agnolo Ambrogini detto il Poliziano », Quaderni dell’Archivio Italiano dell’Arte dei Giardini, n. 4/5, Montepulciano (1994), pp. 103-109, p. 106 ; Carlo SISI, « Le tarsie per il coro della cappella di S. Giovanni: Antonio Barili e gli interventi senesi di Luca Signorelli », Antichità viva, XVII (1978), n. 2, pp. 33-42, p. 34 ; Federico ZERI, « Lo spettacolo intarsiato », dans Id. Giorno per giorno nella pittura. Scritti sull’arte toscana dal trecento al primo Cinquecento, Turin 1991, pp. 221-224.
3 Le panneau d’incrustations a un temps fait partie de la collection Bandini-Piccolomini à Sienne jusqu’en 1869.
4 Margherita LENZINI MORIONDO, « BARILI, Antonio », dans Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 6 (1964), mise en ligne : https://www.treccani.it/enciclopedia/antonio-barili_%28Dizionario-Biografico%29/
5 Voir note 1.
6 Alexandra BALLET, « « Plus d’épines que de roses ». Le travail dans les intarsie au Quattrocento », Histoire de l’Art, n. 74 (juin 2014), pp. 43-54. Mise en ligne : https://d1wqtxts1xzle7.cloudfront.net/37197808/07-Ballet-12-libre.pdf?1428050054=&response-content-disposition=attachment%3B+filename%3DPlus_depines_que_de_roses_Le_travail_da.pdf&Expires=1739611451&Signature=cNIJta~3TPqfeQHDXVb4lrHTCR85HvFxABJnY1h3AyFci7F9mbhlHjKSyo8h4x4ppTrJ8hfRjiSYKd2Ip-T8QSM-HoZ8nLz6yzV1g9Yb6pPZ2X0odbD9AR-gigTLFTSVrR-IRkdBiwpo66QgJGjIa-kPBmjrpDoEtLtDW3wOGOIp1iBTVRi3Q3MM61YOiuYsXLg6CsU-xtEX5EEhE-jYUAE3hnlv3qLCFbOcK4JG3dpExWeftxr7knaf~girkMjb89ATrIfJ92KI8zzmWEmrIcx6363ik3t8~DTQbyaI-IzGPFeu3j9gtDgMf9VIn6MJQqaJpTmPoN13avjKwfbtLQ__&Key-Pair-Id=APKAJLOHF5GGSLRBV4ZA

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