Phaéton

Phaéton, est considéré par la majorité des nombreuses sources antiques comme le fils du dieu Soleil (Hélios, Sol, Phœbus) et de l’Océanide Clymène [1]Clymène : fille d’Océan et de Téthys, elle apparaît dans de nombreux récits contradictoires, qui la font tantôt Mère de Phaéton et des Héliades, conçus avec Hélios (le Soleil) ; tantôt épouse du Titan Japet (à la place de Asia), de qui elle aurait eu Prométhée, Épiméthée, Atlas, ainsi qu’Hespéros et Ménétios ; tantôt épouse de Prométhée (à … Poursuivre. Il n’est le sujet que d’une seule légende, celle de sa chute. La version la plus élaborée de ce mythe se trouve chez Ovide, dans les Métamorphoses (II, 1-332) : Phaéton s’est rendu au palais d’Hélios, son père. Ce dernier lui accorde une grâce de son choix, et jure sur le Styx de l’accorder. Phaéton demande alors la permission de conduire le char solaire. [2]Char solaire : allégorie cosmologique présente dans plusieurs mythologies et symbolisant la course du soleil dans le ciel. Le char est généralement tiré par un attelage de chevaux et transporte le dieu-Soleil d’est en ouest dans la journée, tandis qu’il fait le chemin inverse pendant la nuit. Bien qu’Hélios tente de dissuader son fils par tous les moyens, il est finalement contraint de céder afin respecter son serment qu’il vient de faire. [3]« Assis au milieu de cette cour, le Soleil, de cet œil qui voit tout dans le monde, aperçoit Phaéthon que tant de merveilles frappent de crainte et d’étonnement. “Ô Phaéthon, digne fils du Soleil, quel est”, dit-il, “le motif qui t’amène en ces lieux ?” “Puissant dispensateur du jour dans le vaste univers, ô Soleil, répond Phaéthon, ô mon père ! si pourtant il … Poursuivre Les chevaux du soleil s’aperçoivent du changement de conducteur et ne reconnaissant plus la main de leur maître, ils se détournent de leur route ordinaire, tantôt montent trop haut en laissant la terre gelée, tantôt descendent tantôt trop bas, tarissant les rivières et brûlant les montagnes. Zeus foudroie Phaéton afin de mettre un terme aux bouleversements qu’il provoque [4]« Cependant Jupiter prend à témoin les dieux et le Soleil lui-même, que l’univers va périr, s’il ne se hâte de prévenir sa ruine. Soudain il s’élève au plus haut des cieux. C’est de là qu’il rassemble les nuages, et qu’il les épanche sur la terre ; c’est de là qu’il fait gronder et qu’il lance au loin ses foudres vengeurs ; mais il … Poursuivre.

Notes

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1 Clymène : fille d’Océan et de Téthys, elle apparaît dans de nombreux récits contradictoires, qui la font tantôt Mère de Phaéton et des Héliades, conçus avec Hélios (le Soleil) ; tantôt épouse du Titan Japet (à la place de Asia), de qui elle aurait eu Prométhée, Épiméthée, Atlas, ainsi qu’Hespéros et Ménétios ; tantôt épouse de Prométhée (à la place de Pronoia) et mère de Deucalion ; tantôt mère de Mnémosyne par Zeus d’après Hygin.
2 Char solaire : allégorie cosmologique présente dans plusieurs mythologies et symbolisant la course du soleil dans le ciel. Le char est généralement tiré par un attelage de chevaux et transporte le dieu-Soleil d’est en ouest dans la journée, tandis qu’il fait le chemin inverse pendant la nuit.
3 « Assis au milieu de cette cour, le Soleil, de cet œil qui voit tout dans le monde, aperçoit Phaéthon que tant de merveilles frappent de crainte et d’étonnement. “Ô Phaéthon, digne fils du Soleil, quel est”, dit-il, “le motif qui t’amène en ces lieux ?” “Puissant dispensateur du jour dans le vaste univers, ô Soleil, répond Phaéthon, ô mon père ! si pourtant il m’est permis de te donner ce nom, et si ma mère ne couvre pas sa faute d’un mensonge spécieux, dissipe le doute qui assiège mes esprits, et donne un gage certain de ma noble origine.” Il dit : et le Soleil détachant les rayons éblouissants qui couronnent sa tête, commande à Phaéthon de s’approcher ; et le pressant sur son sein, il s’écrie : “Oui, tu es mon fils, et tu mérites de l’être. Clymène ne t’a point trompé ; et, pour t’en convaincre, je suis prêt à t’accorder le don que tu demanderas. J’en atteste le Styx, à mes rayons inaccessible, mais garant redoutable des promesses des dieux.” À peine achevait-il ces mots, que Phaéthon exprime le désir de conduire, un seul jour, le char de son père, et de tenir les rênes de ses coursiers. Le Soleil regrette son serment ; et laissant retomber trois fois sa tête sur son sein : “Tes vœux indiscrets, dit-il, ont rendu mon serment téméraire. Que ne puis-je le rétracter ! Ô mon fils, le refus de mon char serait, je l’avoue, le seul que je voudrais te faire. Mais les conseils me sont au moins permis. Tu m’as trop demandé, Phaéthon ! Trop faible et trop jeune, tu ne pourrais réussir. Tes destins sont d’un mortel, et tes vœux sont d’un dieu. Tu oses même prétendre ce que les dieux ne pourraient exécuter ; et quelle que soit leur puissance, nul d’entre eux ne se tiendrait ainsi que moi sur ce char embrasé ; non, pas même le maître de l’Olympe, Jupiter, qui lance au loin la foudre de sa terrible main. Et cependant qu’avons-nous de plus grand que Jupiter ?” » OVIDE, Métamorphoses, II, 33-47.
4 « Cependant Jupiter prend à témoin les dieux et le Soleil lui-même, que l’univers va périr, s’il ne se hâte de prévenir sa ruine. Soudain il s’élève au plus haut des cieux. C’est de là qu’il rassemble les nuages, et qu’il les épanche sur la terre ; c’est de là qu’il fait gronder et qu’il lance au loin ses foudres vengeurs ; mais il ne trouve alors ni nuages à répandre, ni pluies à faire tomber sur la terre embrasée. Il saisit sa foudre, et la lance avec force sur l’imprudent Phaéthon. Du même coup le dieu le chasse de son char et de la vie ; et par le feu même il éteint les feux qui dévorent l’univers. Les coursiers du Soleil s’épouvantent ; ils bondissent en sens contraire, et les freins sont rompus. Là tombent les rênes abandonnées ; là, l’essieu arraché du timon; ici, les rayons épars des roues fracassées ; et au loin, les débris du char qui volent en éclats. Phaéthon, dont les feux consument la blonde chevelure, roule en se précipitant, et laisse, dans les airs, un long sillon de lumière, semblable à une étoile, qui, dans un temps serein, tombe, ou du moins semble tomber des cieux. Le superbe Éridan, qui coule dans des contrées si éloignées de la patrie de Phaéthon, le reçoit dans ses ondes, et lave son visage fumant. » OVIDE, Métamorphoses, II, 304-324.

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