Pittore fiorentino del secondo quarto del XIV secolo, « Annunciazione »

Peintre florentin du second quart du XIVe siècle

Annunciazione (Annonciation), milieu du XIVe s. [1]La légende raconte que les Servites de Marie firent peindre la fresque de leur « Vierge Glorieuse » en 1252, lors de la construction de l’église Santa Maria di Cafaggio. Cette tâche importante aurait été confiée à un peintre du nom de Bartolommeo, qui mit tout son talent à représenter la scène de l’Annonciation. Pourtant, l’artiste, doutant subitement de … Poursuivre

Fresque.

Inscriptions :

  • (paroles prononcées par la Vierge) : « ECCE ANCILLA D(OMI)NI » [2]« Ecce ancilla domini […]. (« Je suis la servante du Seigneur […].). Lc 1, 38.
  • (sur le livre ouvert devant elle) : « ECCE / VIR/GO / CO(N)/CIPI/ET E/T PA/R(I)E(T) FI/LIVS » [3]« […] ecce Virgo concipiet et pariet filium […]. » (« […] la vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils […]. »). Is 7, 14.

Provenance : Ancienne église de Santa Maria di Cafaggio, Florence.

Florence, église de la Santissima Annunziata.

Selon Daniel Arasse, l’Annonciation de la Santissima Annunziata de Florence a été peinte vers le milieu du XIVe s. Selon le même auteur, « la fresque acquiert rapidement la réputation d’être miraculeuse et, pour confirmer cette gloire, les Servites qui occupent le couvent inventent la légende selon laquelle l’image aurait été réalisée en 1252, lors de la fondation du couvent, par un certain Bartolomeo ». [4]Daniel ARASSE, L’Annonciation italienne, Paris, Hazan, 1999, pp. 111-112. En revanche, le véritable auteur de la fresque, que la légende désigne sous le nom de Bartolomeo [5]Voir note 1., demeure aujourd’hui hypothétique : lors de la récente restauration effectuée sur l’œuvre, et sur la base de comparaisons documentaires et stylistiques (notamment avec les fresques peintes par lui dans la basilique de Santa Maria Novella), le nom de Nardo di Cione a été avancé. L’historien de l’art Angelo Tartuferi, cependant, considère que la paternité de la fresque doit être attribuée au peintre Matteo di Pacino.

La Vierge a interrompu sa lecture d’Isaïe, et le livre, largement ouvert et posé sur un coussin, rend lisible le passage de la prophétie qui se réalise. Un rayon de lumière oblique unit Marie à Dieu le Père, qui se tient au-dessus, dans une bande de ciel, dans l’angle supérieur gauche. Sur ce rayon sont inscrits, à l’envers et en miroir, les mots de la réponse de Marie : « Ecce ancilla Domini. » La réponse réside également dans toute l’attitude de Marie, dont le buste tourné vers le ciel, de même que son visage, son regard, ses mains jointes, posées sur ses genoux, comme si elle attendait que se réalisent les dernières paroles du colloque angélique qu’elle s’apprête à prononcer : « Fiat mihi secundum Verbum tuum ». [6]« Qu’il me soit fait selon ta parole. » Lc 1, 38b.

Notes

Notes
1 La légende raconte que les Servites de Marie firent peindre la fresque de leur « Vierge Glorieuse » en 1252, lors de la construction de l’église Santa Maria di Cafaggio. Cette tâche importante aurait été confiée à un peintre du nom de Bartolommeo, qui mit tout son talent à représenter la scène de l’Annonciation. Pourtant, l’artiste, doutant subitement de ses capacités fut saisi de désarroi au moment de figurer le visage de la Vierge. Après plusieurs tentatives qui le laissèrent insatisfait, il sombra dans une étrange somnolence. À son réveil, le miracle était accompli, et il put contempler la fresque achevée. « Ici », aurait dit Michel-Ange, « ce n’est pas l’art du pinceau qui a créé le visage de la Vierge, mais une force véritablement divine ».

(*) « Quivinon è arte di pennelli, onde sia stato fatto il volto della Vergine, ma cosa divina veramente. » Francesco BOCCHI, Sopra l’imagine miracolosa della santissima Nunziata di Fiorenza, Florence, 1592, p. 80.

2 « Ecce ancilla domini […]. (« Je suis la servante du Seigneur […].). Lc 1, 38.
3 « […] ecce Virgo concipiet et pariet filium […]. » (« […] la vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils […]. »). Is 7, 14.
4 Daniel ARASSE, L’Annonciation italienne, Paris, Hazan, 1999, pp. 111-112.
5 Voir note 1.
6 « Qu’il me soit fait selon ta parole. » Lc 1, 38b.

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