Rédigée au VIe siècle (v. 530), la règle de saint Benoît [1]Cette règle établit un mode de vie monastique (organisation de la liturgie, du travail, des repas et de la détente entre autres) qui provient de l’expérience d’abbé de son fondateur, à Subiaco (*), puis au mont Cassin (**), en Italie. Elle divise la journée en trois parties : la prière, le travail et la lectio divina (« lecture divine »), soit la lecture des textes … Poursuivre est fondée sur un équilibre entre prière et travail [2]Le refus de l’oisiveté est central et le travail manuel est valorisé., prière personnelle et prière communautaire, gouvernement par l’abbé et participation des frères, obéissance et responsabilité de chacun. Les 73 chapitres qui la composent donnent des indications très précises pour mener une vie équilibrée, partagée entre prière et action, activités individuelles et en communauté. [3]Le premier chapitre (des diverses espèces de moines) indique ce que la Règle n’est pas. Les deux chapitres suivants indiquent le fondement et le lien de la société monastique : (ce que doit être l’abbé, 2e chapitre), et la part des moines dans le gouvernement (de la convocation des frères en conseil, 3e chapitre). Puis vient l’éducation surnaturelle des moines, aux … Poursuivre Cette règle connaît rapidement un certain succès, peut-être grâce à sa modération par rapport aux autres règles monastiques existant à l’époque, et est imposée à tous les monastères de l’Empire carolingien en 817 [4]La règle bénédictine se généralise à partir du IXème siècle, lorsque l’empereur Louis le Pieux (778-840), fils de Charlemagne, l’impose à tous les monastères d’hommes et de femmes de l’Empire à l’occasion du Concile d’Aix-la-Chapelle (817)., ce qui vaut depuis à saint Benoît le surnom de « Père des moines d’Occident ». Pour certains, la devise Ora et labora (« prie et travaille » synthétise la vie de l’ordre, bien qu’elle ne figure pas dans la règle. [5]« L’expression « Ora et labora » (« prie et travaille »), qui n’est pas dans la règle, a faussé en quelque sorte la compréhension de cette dernière puisqu’elle distingue deux éléments qui ne forment qu’un tout et une unique perspective quotidienne : le moine doit prier continuellement soit seul, soit en communauté, soit avec des textes spécifiques (textes bibliques … Poursuivre
Notes
| 1↑ | Cette règle établit un mode de vie monastique (organisation de la liturgie, du travail, des repas et de la détente entre autres) qui provient de l’expérience d’abbé de son fondateur, à Subiaco (*), puis au mont Cassin (**), en Italie. Elle divise la journée en trois parties : la prière, le travail et la lectio divina (« lecture divine »), soit la lecture des textes sacrés. Ce qui la caractérise le plus est sa « discrétion », c’est-à-dire son équilibre, sa souplesse, son souci de ne pas faire peser sur les disciples un joug trop contraignant. (*) Subiaco : ville du Latium, dans l’Italie centrale, où saint Benoît aménagea un ermitage, On doit également au saint la construction de 13 monastères dans la région, dont il ne reste aujourd’hui que le Monastère de Santa Scolastica. (**) C’est à Monte Cassino (Mont Cassin), vers 530, que Benoît de Nurcie fonde l’abbaye du même nom, où il rédige une règle monastique qui deviendra la règle de l’Ordre des Bénédictins. |
|---|---|
| 2↑ | Le refus de l’oisiveté est central et le travail manuel est valorisé. |
| 3↑ | Le premier chapitre (des diverses espèces de moines) indique ce que la Règle n’est pas. Les deux chapitres suivants indiquent le fondement et le lien de la société monastique : (ce que doit être l’abbé, 2e chapitre), et la part des moines dans le gouvernement (de la convocation des frères en conseil, 3e chapitre). Puis vient l’éducation surnaturelle des moines, aux chapitres 4, 5, 6 et 7 (instruments des bonnes œuvres, de l’obéissance des disciples, de l’esprit de silence, et de l’humilité). Aux chapitres 8 à 20, Benoît pourvoit à l’organisation de la prière liturgique et conventuelle. Puis, aux chapitres 21 à 30, il définit le régime intérieur et la discipline du monastère. Les chapitres 31 (du cellérier du monastère) à 57 organisent la gestion, le travail, l’alimentation des moines, l’accueil des hôtes et l’artisanat. La section suivante, avec les chapitres 58 (comment procéder pour la réception des frères) à 66, est relative au recrutement, au groupement hiérarchique et au bon ordre du monastère. Les chapitres 67 à 72 (du bon zèle que doivent posséder les moines) traitent principalement du comportement des frères les uns envers les autres. Enfin, le chapitre 73 est un épilogue qui place modestement la règle comme une ébauche, une initiation à une vie supérieure ((Maur STANDAERT (dit.), Saint Benoît père de l’Occident : La vie et la règle de saint Benoît, Anvers, Fonds Mercator, 1980, pp. 28-42. |
| 4↑ | La règle bénédictine se généralise à partir du IXème siècle, lorsque l’empereur Louis le Pieux (778-840), fils de Charlemagne, l’impose à tous les monastères d’hommes et de femmes de l’Empire à l’occasion du Concile d’Aix-la-Chapelle (817). |
| 5↑ | « L’expression « Ora et labora » (« prie et travaille »), qui n’est pas dans la règle, a faussé en quelque sorte la compréhension de cette dernière puisqu’elle distingue deux éléments qui ne forment qu’un tout et une unique perspective quotidienne : le moine doit prier continuellement soit seul, soit en communauté, soit avec des textes spécifiques (textes bibliques organisés dans le cadre de l’office divin) qu’il récite ou médite, soit en écrivant ou en exprimant sa prière par toute autre manière, artistique et artisanale par exemple, mais aussi lorsqu’il travaille de ses mains pour permettre au monastère de vivre, ou qu’il accomplit les tâches ménagères nécessaires au fonctionnement de la communauté (service de la cuisine, du réfectoire, laverie, etc.) ». Daniel-Odon HUREL, Les Bénédictins, Paris, Robert Laffont, 2020, p. 8. |
