Simone Martini, « San Ludovico di Tolosa che incorona Roberto d’Angiò »

Simone Martini (Sienne, v.  1284 – Avignon, 1344)

San Ludovico di Tolosa che incorona Roberto d’Angiò (Saint Louis de Toulouse couronnant Charles d’Anjou), 1317.

Tempéra sur panneau, 309 x 189 cm.

Inscriptions :

  • (en hauteur sur la prédelle) : « SY//MO//N D//E S//EN//IS /ME PI//NX//IT » [1]« Symon de Senis me pinxit » (« Simon de Sienne me peignit. »). La ligne d’écriture en lettres gothiques, qui porte la signature latine ordinaire de Simone Martini, est entrecoupée par six écussons aux armes d’Aragon.

Provenance : Basilique de San Lorenzo Maggiore, Naples.

Naples, Museo e Real Bosco di Capodimonte.

Robert d’Anjou

La prédelle

De gauche à droite :

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  • San Ludovico accetta il vescovato di Tolosa da papa Bonifacio VIII (Saint Louis accepte l’évêché de Toulouse des mains du pape Boniface VIII), fig. 1.
  • San Ludovico di Tolosa viene incoronato vescovo Double scène : Louis de Toulouse est ordonné évêque de Toulouse ; sa profession de vœux franciscains, fig. 2.
  • San Ludovico di Tolosa ospita i poveri (Saint Louis sert un repas aux pauvres) au couvent franciscain de Santa Maria in Aracoeli, à Rome, fig. 3.
  • Funerale di San Ludovico di Tolosa (Les funérailles de Louis à Marseille en 1297, fig. 4.
  • San Ludovico di Tolosa resuscita un bambino Un miracle posthume au cours duquel (Saint Louis de Toulouse ressuscite un enfant) mort-né, fig. 5.

Le tableau repose sur une prédelle comportant cinq compartiments dans lesquel on voit, animées par des figures humaines de petites dimensions, singulièrement vivantes dans leur petitesse, les scènes suivantes : le saint se présente devant le pape assis sur un trône et lui désigne les franciscains qui le suivent, pour signifier son intention d’être admis dans l’Ordre ; les frères lui mettent l’habit et le pape lui impose la mitre ; il sert des pauvres à table ; il est étendu sur son lit de mort, entouré d’évêques, de franciscains et de laïcs : des estropiés et des possédés viennent toucher ses vêtements ; enfin il apparaît à un groupe de femmes désolées qui entourent le cadavre d’un enfant.Un miracle posthume au cours duquel (Saint Louis de Toulouse ressuscite un enfant) mort-né.

On aimerait à pouvoir suivre depuis l’atelier de l’artiste siennois jusqu’à la chapelle de l’église napolitaine ce tableau historique, dont la mince pellicule d’or moulu et de couleurs claires décèle encore, tout élimée qu’elle est par le temps et l’incurie, un travail exquis de ciselure et comme d’émail sur bois, détaillé par une main attentive qui s’est appliquée pour complaire au roi dévot et magnifique. Malheureusement, nous savons peu de chose sur l’œuvre de Simone Martini. Une chronique du monastère de San-Lorenzo rapporte que le tableau votif fut d’abord placé à Santa-Chiara, dans l’église préférée du roi Robert. Il en fut enlevé dès la fin du XIVe siècle par la reine Marguerite, femme de Charles III, le prince angevin de la branche hongroise qui avait succédé à Jeanne Ière sur le trône de Sicile. La reine fit transporter le tableau à San-Lorenzo, où elle faisait élever le tombeau de son père et de deux autres membres de sa famille, pour que saint Louis veillât encore sur la chapelle funéraire de la seconde dynastie angevine. Enfin, au XVIe siècle, quand les religieux enlevèrent ces tombeaux et les reléguèrent dans le pourtour du chœur, l’œuvre de Simone servit de retable dans la chapelle de la famille Bancio-Terracina, où elle est encore. On donnerait volontiers cet itinéraire du tableau pour un mot sur son histoire, avant le jour où il entra dans l’église de Santa-Chiara. Doit-on penser que Simone Martini soit venu à Naples tout exprès pour peindre ce panneau ? Rien au moins ne le prouve, et il était facile de faire passer en Toscane les indications et les documens nécessaires à l’exécution de la commande royale. Ne sait-on pas qu’au commencement du XVe siècle, Donatello a sculpté à Pise le tombeau du cardinal Brancacci, destiné à une petite église de Naples ? 

Pour la date à laquelle le tableau de San Lorenzo dut être exécuté, il y a une raison de la placer très près de la canonisation du saint qui, on s’en souvient, fut prononcée en 1317. Le sujet imposé au peintre n’est pas seulement Robert à genoux devant saint Louis ; c’est saint Louis transmettant la couronne à Robert. Or, on sait que l’avènement du successeur de Charles II souleva des contestations et donna lieu à un véritable procès plaidé devant la cour pontificale. La présence de Robert à Avignon emporta naturellement la décision de Clément V. Mais les Gibelins ne cessèrent de soutenir que la couronne de Sicile revenait, de par sa naissance, à

Notes

Notes
1 « Symon de Senis me pinxit » (« Simon de Sienne me peignit. »). La ligne d’écriture en lettres gothiques, qui porte la signature latine ordinaire de Simone Martini, est entrecoupée par six écussons aux armes d’Aragon.

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