Robert d’Anjou

Robert d’Anjou ou Robert Ier de Naples, dit Robert le Sage (Santa Maria Capua Vetere [actuelle Campanie], 1277 – Naples, 1343) : fils du roi Charles II, de la maison d’Anjou-Sicile, titré duc de Calabre, il est roi de Naples et comte de Provence de 1309 à 1343. Robert, qui n’est pas l’aîné de sa fratrie [1]Il a plusieurs frères, parmi lesquels deux sont nés avant lui : Charles Martel (1271 – 1295) : mort prématurément en laissant un fils, Charles Robert (1288-1382), dit « Charobert »,  par la suite roi de Hongrie ; Louis (1274-1297) : évêque de Toulouse, canonisé en 1317 (Saint Louis d’Anjou ou Louis de Toulouse) ; Philippe (1278-1331) … Poursuivre, arrive en troisième position en tant qu’héritier du trône de son père. Son couronnement est rendu possible grâce à l’abdication de ses deux frères ainés, Charles Martel, mort en 1295, et Louis, entré dans l’ordre franciscain après s’être désisté en sa faveur. Cet épisode historique a été représenté par deux des plus grands peintres qu’ait connus Sienne, Simone Martini et Ambrogio Lorenzetti [2]Voir : Simone Martini, San Ludovico di Tolosa che incorona Roberto d’Angiò. Naples, Museo di Capodimonte ; Ambrogio Lorenzetti, Professione pubblica di Ludovico d’Angiò. Sienne, église de San Francesco.. Il fut un protecteur des lettres, ami de Pétrarque et de Boccace (1278-1343). C’est aussi probablement lui qui, en 1323, fit venir Tino di Camaino à la cour angevine de Naples pour travailler sur le monument funéraire de la belle-fille du roi, Catherine d’Autriche.

Après la mort de Charles II en 1308, Robert soutint la cause du candidat angevin. La France avait déjà un saint dans la famille royale et il ne fait guère de doute que l’émulation de saint Louis IX stimula les ambitions de Charles pour son fils. Les motivations de Robert différaient probablement en partie. Il est également très vraisemblable que l’exemple de Louis IX et sa prédilection notoire pour les franciscains aient influencé la vocation du jeune prince angevin.

Dans la Divine Comédie, Dante, qui estime que Louis aurait fait un meilleur roi que Robert d’Anjou, caractérise ce dernier comme le « Re da sermone » [3]« Ma voi torcete a la religïone / tal che fia nato a cignersi la spada, / e fate re di tal ch’è da sermone ; / onde la traccia vostra è fuor di strada. » (« Mais vous tordez comme religieux / tel qui est né pour ceindre l’épée, / et faites roi celui qui devrait prêcher (*). / C’est pourquoi vos pas sont hors du chemin. »). Paradis, VllI, 148. (*) Allusion aux deux … Poursuivre.

Notes

Notes
1 Il a plusieurs frères, parmi lesquels deux sont nés avant lui : Charles Martel (1271 – 1295) : mort prématurément en laissant un fils, Charles Robert (1288-1382), dit « Charobert »,  par la suite roi de Hongrie ; Louis (1274-1297) : évêque de Toulouse, canonisé en 1317 (Saint Louis d’Anjou ou Louis de Toulouse) ; Philippe (1278-1331) : prince de Tarente ; Raymond-Bérenger d’Andria ou Raymond-Bérenger d’Andrie (1281 – 1305 ou entre 1279 et 1282 – 1307) : comte d’Andrie et probablement comte de Provence et prince du Piémont ; Pierre d’Anjou  (1291 – tué en 1315 à la bataille de Montecatini), dit le Tempétueux (it. : Pietro Tempesta) ; Jean d’Anjou dit Jean de Durazzo ou Jean de Gravina (1294 – 1336) : duc de Durazzo de 1309 à 1336 et prince d’Achaïe de 1318 à 1333. Il a également quatre sœurs : Marguerite d’Anjou (v. 1273 – 1299) : comtesse d’Anjou et du Maine en 1290 (*) ; Marie d’Anjou (1290 – fin avril 1346 ou janvier 1347) : reine de Majorque par son mariage avec le roi Sanche de Majorque ; Blanche d’Anjou (1280 – 1310) : seconde femme de Jacques II d’Aragon ; Éléonore d’Anjou (Naples, 1289 – Nicolosi, 1341) : reine de Sicile de 1302 à 1337.

(*) Charles II, son père, lui donne en dot l’Anjou et le Maine quand elle épouse, le 16 août 1290, Charles de Valois (1270 † 1325), comte de Valois, fils de Philippe III le Hardi, roi de France, et frère de Philippe IV le Bel.
2 Voir : Simone Martini, San Ludovico di Tolosa che incorona Roberto d’Angiò. Naples, Museo di Capodimonte ; Ambrogio Lorenzetti, Professione pubblica di Ludovico d’Angiò. Sienne, église de San Francesco.
3 « Ma voi torcete a la religïone / tal che fia nato a cignersi la spada, / e fate re di tal ch’è da sermone ; / onde la traccia vostra è fuor di strada. » (« Mais vous tordez comme religieux / tel qui est né pour ceindre l’épée, / et faites roi celui qui devrait prêcher (*). / C’est pourquoi vos pas sont hors du chemin. »). Paradis, VllI, 148.

(*) Allusion aux deux frères de Charles Martel : Robert, qui fut roi de Naples, fit des études de théologie, et écrivit de nombreux sermons ; Louis, qui fut moine franciscain et évêque de Toulouse et sera béatifié en 1312.

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