Palazzo Ridolfi
Piazza Cisterna. San Gimignano.
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La famille Ridolfi, originaire de Montegrossoli (Chianti), s’installa à San Gimignano à la fin du XIIe siècle. Elle fit construire plusieurs palais entre la place de la cathédrale et l’actuelle Piazza della Cisterna. La résidence la plus importante était celle attenante à la tour, qui s’effondra accidentellement lors d’une procession en 1646. Le palais plus récent de la famille, situé sur la Piazza della Cisterna, est toujours debout. On peut encore y distinguer, sur sa façade, de faibles traces de l’ancienne décoration peinte, considérée comme la plus belle de tout San Gimignano. Ces peintures étaient encore parfaitement visibles en 1695, lorsque Coppi [1]Giovanni Vincenzio COPPI, Annali, memorie ed huomini illustri di Sangimignano, Florence, Bindi, 1695, pp. 95-96. certifia qu’elles avaient été commandées par Giovan Battista di Ludovico Ridolfi [2]Frère cadet de Niccolò Ridolfi, Giovan Battista di Luigi Ridolfi, membre du parti de Savonarole, fut temporairement mis sur la touche par l’exécution de son frère, mais repris ensuite son rang. Il joua un rôle très important par la suite : ambassadeur à Venise et auprès du pape, il fut nommé gonfalonier de justice en 1512. au peintre de San Gimignano, Vincenzo Tamagni,. Alamanno Moronti [3]Alamanno Moronti, clerc, vivait à San Gimignano au XVIIe siècle et a rédigé un journal détaillé d’un voyage en Irlande entre 1645 et 1650. Il n’en a possédé que quatre exemplaires, mais la façon dont les livre étaient utilisés, comme un cahier ou un carnet de notes, a justifié l’intérêt de transcrire les textes manuscrits, lesquels nous sont parvenus grâce à des … Poursuivre, un ecclésiastique ayant vécu à San Gimignano au XVIIe siècle, contempla également les décorations du palais et en laissa une description détaillée, qui contribue à compléter nos connaissances. Les récits figurés décrits par Moronti devaient se trouver au premier étage et ont été complètement perdus : ils représentaient Laocoon avec ses deux fils, étranglé par deux serpents de mer, une belle femme regardant par la fenêtre et une histoire tirée de Valère Maxime, avec le vieil homme emprisonné Cimon et sa fille Pero, qui l’allaitait secrètement chaque jour pour l’aider à survivre.
L’auteur des décorations était sans aucun doute Vincenzo Tamagni, peintre né à San Gimignano en 1492, dont le premier maître fut Giovanni di Ser Piero Cambi. Entre 1503 et 1505, Tamagni collabora avec Giovanni Antonio Bazzi, dit Sodoma, à la décoration du cloître de l’abbaye de Monte Oliveto Maggiore, puis partit travailler à Montalcino. En 1507, il retourna à San Gimignano, où il peignit le Laocoon foulé aux pieds par le juge dans la cour de l’hôtel de ville. Entre 1508 et 1509, l’artiste voyagea à Rome et put alors admirer le groupe sculptural hellénistique du Laocoon, découvert en 1506, qui inspira la version qu’il peignit sur la façade du Palazzo Ridolfi. À partir de 1513, Tamagni entra dans l’atelier de Raphaël et vécut sans interruption à Rome jusqu’aux années 1520, date à laquelle il retourna à San Gimignano. Peu après, en 1525, il décora la façade du Palazzo Ridolfi. Tamagni travailla ensuite à Sienne, Rome, Montalcino et Pomarance, où il mourut en 1530.
Les peintures de la façade du Palazzo Ridolfi sont fortement endommagées, probablement à la suite de l’effondrement de la tour du palais principal de la famille. Seules quelques traces de décoration subsistent à l’étage supérieur, où des personnifications des quatre saisons, placées dans de fausses niches, représentent le Printemps tenant une corne d’abondance et l’Automne sous les traits de Bacchus.
Outre les peintures du premier étage décrites par Moronti, les faux éléments architecturaux imitant des rideaux de briques et des corniches en pietra serena, qui encadraient la façade, ont également disparu en grande partie.
Cet exemple de façade suggère que de nombreux édifices de San Gimignano étaient initialement conçus avec des décorations peintes plutôt qu’avec des matériaux apparents.
Bartolini V., Borghini G. e Mennucci A., San Gimignano. Contributi per una nuova storia, Certaldo, Arti Grafiche Nencini, 2003, pp. 30-32
Castrovinci R., Vincenzo Tamagni: un artista diligentissimo, tesi di laurea, Università La Sapienza di Roma, anno accademico 2010/11
Notes
| 1↑ | Giovanni Vincenzio COPPI, Annali, memorie ed huomini illustri di Sangimignano, Florence, Bindi, 1695, pp. 95-96. |
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| 2↑ | Frère cadet de Niccolò Ridolfi, Giovan Battista di Luigi Ridolfi, membre du parti de Savonarole, fut temporairement mis sur la touche par l’exécution de son frère, mais repris ensuite son rang. Il joua un rôle très important par la suite : ambassadeur à Venise et auprès du pape, il fut nommé gonfalonier de justice en 1512. |
| 3↑ | Alamanno Moronti, clerc, vivait à San Gimignano au XVIIe siècle et a rédigé un journal détaillé d’un voyage en Irlande entre 1645 et 1650. Il n’en a possédé que quatre exemplaires, mais la façon dont les livre étaient utilisés, comme un cahier ou un carnet de notes, a justifié l’intérêt de transcrire les textes manuscrits, lesquels nous sont parvenus grâce à des livres imprimés. |
