Francesco della Rovere (Celle Ligure [Savone] – Rome, 1484) : élu pape en 1471 sous le nom de Sixte IV. Si la tradition fait état de nombreuses turpitudes [1], son règne
Il donne son nom à la chapelle vaticane, ou chapelle Sixtine, construite sous son pontificat au Vatican, entre 1477 et 1483. La décoration picturale de la chapelle commence immédiatement après l’achèvement du gros œuvre. On possède, sur la décoration du Quattrocento, deux documents importants, depuis longtemps connus. Le premier est un contrat notarié établi le 27 octobre 1481, entre Giovannino de’ Dolci et quatre peintres cités dans l’ordre suivant : Cosimo Rosselli, Sandro [1]Pietro Perugino, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio, Cosimo Rosselli sont soutenus par leurs ateliers respectifs et par leurs plus proches collaborateurs dont Biagio di Antonio, Bartolomeo della Gatta et Luca Signorelli. Pier Matteo d’Amelia aurait peint un ciel étoilé sur la voûte, dont aucune trace n’a été retrouvée. Botticelli, Domenico Ghirlandaio et le Pérugin. Tous s’engagent à peindre dans la chapelle Sixtine une décoration, « au niveau de l’autel inférieur », comptant dix scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament et des tentures dans la partie inférieure, qui devront être achevées « aussi rapidement et scrupuleusement que possible », de leur propre main et avec d’éventuels collaborateurs, pour le 15 mars 1482, « sous peine d’une amende de 50 ducats d’or de frappe papale, amende qu’eux-mêmes imposeraient à ceux d’entre eux qui feraient obstacle au travail » : en d’autres termes, les peintres eux-mêmes ont établi des pénalités en cas de retard ou de carence. Le second document est une estimation « en cours de réalisation ». Le 17 janvier 1482, Giovannino de’ Dolci, aidé de quelques autres personnes habilitées, contrôle l’avancement des travaux ; à cette date, les quatre premières travées sont peintes dans chaque registre. Le reste de la décoration est en gros terminé dans les délais prévus : en avril-mai 1482, Andrea da Trebisonda en parle comme d’un travail achevé, même si l’aménagement général et définitif prend encore quelque temps. Sixte IV inaugure la chapelle le 9 août 1483, date anniversaire de son élection au trône pontifical et jour des vêpres de Saint-Laurent. De nombreux indices suggèrent que le pontife, entouré de penseurs et d’exégètes de renom, a pris une part déterminante dans l’élaboration d’un imposant programme subsidiaire de la structure architectonique et des dimensions de la chapelle.
Il est à l’origine d’une crise diplomatique avec le roi de France, Louis XI. Par ailleurs, il prend la décision de taxer les prostituées et les prêtres vivant en concubinage à Rome, ce qui rapporterait chaque année au Saint-Siège près de 20.000 ducats, soit des sommes considérables [2]. Enfin, s’appuyant sur le théologien Gaspard van Baerle, Juan Antonio Llorente rapporte qu’il aurait autorisé la sodomie durant les mois d’été à cause « de l’ardeur brûlante de cette saison »[3],[4], affirmation estimée peu vraisemblable[5]. Jusqu’à son élection au siège de Saint Pierre, Francesco della Rovere jouissait d’une bonne réputation. Sous son pontificat, Sixte IV fait l’objet de jugements controversés dus à l’emprise que ses neveux prennent sur lui. Il est soupçonné de simonie par ses contemporains[6] et pratique un népotisme éhonté[7. De fait et « contrairement à ce qu’il avait solennellement promis au moment de son élection », il nomme cardinal de nombreux jeunes gens, célèbres par leur beauté ; il promeut des parents indignes à de hautes fonctions ecclésiastiques[4] parmi lesquels son neveu Raffaele Sansoni Riario, cardinal à 16 ans en 1477, accusé d’être son amant[2],[8],[9],[5], ainsi que d’autres neveux comme Giovanni della Rovere (préfet de Rome à partir de 1475), Girolamo Riario, les cardinaux Giuliano della Rovere (futur pape Jules II) ou Pietro Riario[10].
Notes
| 1↑ | Pietro Perugino, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio, Cosimo Rosselli sont soutenus par leurs ateliers respectifs et par leurs plus proches collaborateurs dont Biagio di Antonio, Bartolomeo della Gatta et Luca Signorelli. Pier Matteo d’Amelia aurait peint un ciel étoilé sur la voûte, dont aucune trace n’a été retrouvée. |
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