Justinien Ier ou Justinien le Grand (Tauresium, en Illyrie, v. 482 – Constantinople, 565) : empereur romain d’Orient[N 1], il règne de 527 jusqu’à sa mort. C’est l’une des principales figures de l’Antiquité tardive. Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l’expansion des frontières de l’Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une œuvre considérable.
Justinien, qui concentre tous les pouvoirs [1]L’empereur dirige l’Empire, commande l’armée et contrôle l’Église. On le vénère en se prosternant devant lui (c’est ce qu’on appelle la proskynèse). Pour les Byzantins, l’Empereur tient son pouvoir de Dieu et est considéré comme le lieutenant de Dieu sur Terre. est parfois considéré comme le dernier empereur romain, avant que l’Empire byzantin (Empire romain d’Orient) ne commence à se différencier de l’Empire romain dont il est le continuateur direct. Il est le dernier empereur à chercher à rétablir l’unité et l’universalité de l’Empire romain, ce qui l’amène à mener des guerres expansionnistes, principalement en Italie et en Afrique, tout en défendant victorieusement les frontières contre les Perses et les Slaves. Au-delà de ses succès militaires, il entreprend une œuvre de codification législative de grande ampleur qui influence profondément l’évolution du droit en Europe pour les siècles à venir. Très pieux, il intervient fortement dans les affaires religieuses. Son ambition de reconstituer un Empire romain universel se confond avec sa volonté d’une foi chrétienne unique et universelle. De ce fait, il est très actif dans la lutte contre les dissidences religieuses, usant alternativement de l’oppression et du dialogue. En outre, il contribue à l’épanouissement de l’art byzantin, avec la construction de la basilique Sainte-Sophie (Constantinople), mais avec également de multiples autres édifices. Enfin, le règne de Justinien ne peut se concevoir sans le rôle des multiples personnages dont il a su s’entourer et qui lui ont permis de concrétiser ses ambitions, à l’image de son épouse, l’impératrice Théodora, de ses généraux, dont Bélisaire est le plus célèbre, du juriste Tribonien ou du préfet du prétoire Jean de Cappadoce. Il est également probablement le dernier empereur à avoir le latin pour langue maternelle.
Notes
| 1↑ | L’empereur dirige l’Empire, commande l’armée et contrôle l’Église. On le vénère en se prosternant devant lui (c’est ce qu’on appelle la proskynèse). Pour les Byzantins, l’Empereur tient son pouvoir de Dieu et est considéré comme le lieutenant de Dieu sur Terre. |
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