Antonio Angelini

Antonio Angelini (Montalcino, documenté de 1610 à 1645) : peintre natif de Montalcino, disciple de Francesco Vanni. Quelques œuvres de lui ornent encore les autels des églises de sa ville natale. « Appartenant à l’une des familles les plus prestigieuses de son territoire, il est également connu pour sa « sainte vie », comme en témoignent les mémoires de la Compagnia del Sacro Chiodo (Compagnie du Saint Clou). Son activité artistique a dû être si marginale qu’elle a été vite oubliée : il est surprenant de ne pas même le trouver mentionné dans l’œuvre systématique d’Ettore Romagnoli. Nous devons notre connaissance d’Angelini aux recherches de Don Antonio Brandi qui, en transcrivant et en commentant un manuscrit du XVIIIe siècle du Père Pietro Bonaventura Bovini sur l’église de San Francesco à Montalcino, a pu identifier deux retables décrits par Bovini comme des œuvres d’Angelini. Il s’agit de deux Vierges à l’Enfant et saints transférées, après la transformation de l’église effectuée à la fin du XVIIIe siècle, à la Madonna della Pace, aujourd’hui della Misericordia.

« Les rares informations du Père Bovini semblent correspondre au style des retables et aux informations du seul document connu : « disciple de Francesco Vanni, qui laissa le disciple bien endoctriné en dessin, mais quant à la coloration, lorsque la mort le survint, il ne put lui donner tous ses secrets et les enseignements appropriés ». Nous savons en effet qu’en novembre 1610, Angelini fut admis dans la compagnie du Sacro Chiodo à laquelle il avait été proposé par Vanni, décédé peu de temps auparavant (26 octobre). Ce qui suscite quelques doutes est la date indiquée par Bovini pour les deux toiles, 1645, trop tardive pour le style qui était encore entièrement maniériste tardif, lié à la production siennoise de la première décennie du XVIIe siècle. De plus, le père du XVIIIe siècle – qui a puisé avec peu de connaissances dans les archives de San Francesco – n’avait pas les idées très claires et appelait parfois le peintre Angelici, le confondant avec un doreur (Angelo Angelichi) et insinuant le doute sur l’existence d’une autre personnalité improbable qui impliquait également Don Brandi dans l’échange de noms.

« Cependant, pour rester dans le style, les deux retables montrent la main d’un probable élève de Vanni qui paraissait alors plus enclin à se modeler sur Salimbeni. Le style est en effet comparable à celui d’artistes qui ont eu un parcours similaire, comme Sebastiano Folli ou Rutilio Manetti : d’ailleurs, au XIXe siècle, Francesco Brogi attribuait les œuvres d’Angelini tantôt à l’école de Vanni, tantôt à celle de Salimbeni.

« Dans ce voyage, Angelini tente d’éliminer les résidus de l’artifice du XVIe siècle à la recherche d’une expression naturelle. Il n’atteint pas les résultats de Manetti, mais il atteint des tons de familiarité accessible proches de Folli et aussi de Girolamo Cerretelli, avec des résultats qui sont tout sauf méprisables et de qualité non médiocre. On semble aussi lire dans les œuvres d’Angelini un intérêt pour la peinture de Francesco Bartalini, autre disciple de Vanni, nourri des subtilités du goût flamand, souvent actif à Montalcino et dans les environs.

« Angelini […] témoigne d’une culture rurale encore fortement dépendante de la manière de Vanni. Le respect des normes de la Contre-Réforme satisfaisait les clients, tandis que, dans le même temps, travailler en dehors de Sienne le libérait de la concurrence, des comparaisons et des débats intellectuels. Il pu ainsi éluder le besoin de stimuli innovants. Il finit par se contenter de modestes lauriers, répétant sans se mettre à jour, une formule personnelle qui eurent un certain succès, en effet (comme Cerretelli) trouvant dans les antécédents de Vanni les formules faciles de référence, il procéda sur la voie rassurante de la citation. Dans une toile de Torrenieri, homogène par son style avec les retables de la Miséricorde, Saint Grégoire le Grand est repris du Saint Pie V de Vanni dans le retable de Pitigliano. Même une toile du palais épiscopal de Montalcino, à laquelle nous nous référons ici prudemment, paraphrase le Pardon d’Assise de Vanni à Pise.

« Le style d’Angelini n’est cependant pas faible, il révèle plutôt une force qui se révèle dans la vivacité de certaines figures comme Sainte Elisabeth ou Saint Louis de Toulouse dans l’un des retables de la Miséricorde, ou le donateur dans la toile de Torrenieri. Ce qui appuie l’hypothèse selon laquelle Angelini pratiquait également le genre du portrait. [1]Marco CIAMPOLINI, Pittori senesi del Seicento, I, Sienne, Nuova Immagine, 2012, p. 17.

Bibliographie : Bovini 1750, in Brandi 1967, pp. 23-25; Nardi 1984, p. 103.

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Notes

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1 Marco CIAMPOLINI, Pittori senesi del Seicento, I, Sienne, Nuova Immagine, 2012, p. 17.

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