Antonio Angelini, « Madonna della Pace »

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Antonio Angelini (XVIIe s.)

Madone de la Paix, 1645.

Huile sur toile,

Provenance : Église de San Francesco, Montalcino.

Montalcino, Chiesa dei Bianchi.

On sait par Don Antonio Brandi [1] que cette toile provient de l’église de San Francesco toute proche d’où elle a été évacuée à la suite des importants travaux de mise au goût du jour qu’effectuèrent les franciscains dans les dernières décennies du XVIIIe s. « Lors de la réfection, l’autel dit des ‘Terziani’ ne trouva plus sa place ; c’est alors que le grand tableau […] qui se trouvait sur cet autel fut concédé à l’église de la Misericordia et installée sur le maître autel, en remplacement d’un autre grand tableau de la Madonna delle Nevi (Madone des neiges). Comme le tableau [provenant de l’église de San Francesco] n’avait pas les mêmes dimensions que celui de la Madonna delle Nevi, celles-ci furent réduites à leur état présent par les soins du valeureux peintre de Montalcino Dr Carlo Costanti ».

Le tableau représente La Vierge portant l’Enfant Jésus sur ses genoux, entourée des saints

L’image est réputée miraculeuse depuis l’événement, raconté par le même Don Antonio Brandi [2] qui survînt dans l’église à la fin du XVIIIe s. « […] En 1799, précisément dans l’après-midi du 14 juin, se produisit un prodige dans l’église de la Misericordia : deux enfants qui observaient, l’image de la Vierge Sainte entre toutes clairement virent celle-ci ouvrir et fermer les yeux. Mis au fait d’une surprise aussi étonnante, et alors que les cloches sonnaient à toute volées, une foule de gens accourut subitement, si bien qu’en un rien de temps, l’église fut remplie de spectateurs dévots ‘en présence desquels la Vierge daigna renouveler à plusieurs reprises le prodige, tous demeurant surpris et emplis d’une tendresse et d’un émerveillement aussi grands qu’ils submergèrent le coeur de chacun d’eux dans le plus grand océan de douceur et de contentement, à travers les larmes les plus affectueuses et les plus abondantes, les soupirs les plus enflammés, bénissant le Seigneur, ils rendaient grâce à la Reine des Cieux par le chant solennel des Litanies et d’autres pieuses prières. Et les uns unis aux autres, stimulés par une impulsion commune, ils firent résonner l’air des plus doux, consolants et joyeux cris de ‘Vive Marie ! » (« Evviva Maria ! »).

En un instant, un apparat de fête fut mis en place, et l’on solennisa le prodige par dix jours de fêtes durant lesquels accourut un nombre indicible de personnes, soit de la ville, soit des environs, afin de vénérer ‘l’Image Sacrée en faisant surenchère pour décorer l’autel d’oblations spontanées et de dons dignes de considération, et pour jouir pendant ce même temps des coûteuses illuminations publiques, qui furent renouvelées par trois fois sur plusieurs journées à l’applaudissement général, ainsi que pour le plaisir et la satisfaction de tous.’

Le service d’ordre et de surveillance fut assuré par les soldats ‘envoyés par l’illustre nation arétine. [3] »

On ne peut qu’admirer le fait que le peintre Antonio Angelini soit l’auteur non pas d’une, mais de deux « images sacrées », chacune d’elles faisant l’objet d’une dévotion particulière et demeurant toujours en place dans deux églises de Montalcino. Le lecteur aura peut-être déjà fait le lien avec la seconde image miraculeuse de la Vierge Marie conservée à Montalcino,  dans l’église-sanctuaire de la Madonna del Soccorso.

[1] BRANDI, Don Antonio, Chiesa e convento di S. Francesco in Montalcino, 1967. Prenant appui sur les écrits (Rifacimento della Chiesa di San Francesco) du Padre Maestro Pietro Bonaventura Bovini, de Montalcino, ce texte reconstitue l’aménagement et le mobilier du complexe de Saint François.

[2] BRANDI, Don Antonio, Il Volto e l’Anima della Compagnia di Misericordia dei Bianchi, 1967, pp. 6-7.

[3] Cette formule emphatique, à l’instar du texte dont elle est extraite, désigne la Commune d’Arezzo.