Niccolò di Buonaccorso ?, “Storie del Nuovo Testamento »

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Niccolò di Buonaccorso [1] (Sienne ?, documenté de 1355 à 1388) ou Cristofano di Bindoccio dit « Malabarba » [2] (documenté de 1361 à 1406)

Storie del Nuovo Testamento (Histoires du Nouveau Testament)1370-1380.

Retable portatif, tempéra et or sur panneau, 110 x 65 cm.

Inscriptions (sous la Crucifixion [3]) : « CUR HOMO . MIRARIS . MORIOR . NE TU MORIARIS . MORTEM MORTE DOMO . NE MORIATUR HOMO O VOS . QUI TRANSITIS PER VIAM . ADTENDITE E[T] VIDETE . SI EST . DOLOR SICUT DOLOR MEUS VERE LANGORES . IP[S]E . TULLIT . ET [D]OLORES . NOSTROS . IP[S]E PORTAVIT CUJUS LIVOR[E] SANATI SUMUS [4] ». (fig. 1).

Provenance probable : Couvent de Santa Marta (Sienne).

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

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1

Le retable, dont les petites dimensions rendent vraisemblable le caractère portatif, comprend neuf scènes de la vie du Christ et de celle de la Vierge. Dans l’organisation visuelle de l’ensemble, trois de ces neuf scènes occupent une position particulière, sur l’axe central : l’Adoration des Bergers, en bas, la Crucifixion, au centre, et l’Assomption, au sommet ; cette organisation résulte d’une logique de composition qui vise, en particulier, à donner une forme de préséance à ceux des épisodes représentés jugés essentiels, en les situant sur l’emplacement de  l’axe de symétrie de l’œuvre. Une fois défini cet emplacement des trois scènes essentielles, reste à articuler les six autres en respectant une seconde logique, essentiellement fondée cette fois-ci sur la chronologie. C’est ainsi que l’Annonciation située au bas à gauche, détermine le début de l’histoire du Christ qui se poursuit en un zig-zag de droite à gauche puis de gauche à droite avant d’aboutir au sommet du retable en même temps qu’à la conclusion, pour ainsi dire, de l’histoire que marque l’Assomption.

Le format de l’œuvre s’inscrit dans un carré surmonté d’un triangle (la cuspide). Dans ce contexte géométrique, l’inscription en lettres d’or sur fond bleu occupe le centre du carré ; sa nature textuelle l’exclut de la chronologie des scènes peintes.

Les neuf scènes sont présentées ci-dessous dans l’ordre chronologique des épisodes, en commençant en bas par la gauche :

En bas, dans une prédelle solidaire de l’ensemble, sont représentés, de gauche à droite, les saintes et les saints [14] :

[1] Niccolò di Buonaccorso ou Niccolò di Bonaccorso (Sienne ?, documenté de 1355 à 1388) : homme politique et peintre du XIVe siècle.

[2] Cristofano di Bindoccio, également connu par son surnom de « Malabarba » : peintre documenté à Sienne 1361 à 1406.

[3] Selon Cesare BRANDI corrigé par Millard MEISS (!).

[4] Le texte constitue la compilation de deux citations :

  • « CUR HOMO MIRARIS MORIOR NE TU MORIARIS MORTEM MORTE DOMO NE MORIATUR HOMO ». Saint Augustin, Sermons sur les temps liturgiques (extrait).
  • « Vere languores nostros ipse tulit et dolores nostros ipse portavit cujus livore sanati sumus » : « [En fait,] c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. [Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui :] par ses blessures, nous sommes guéris. » Livre d’Isaïe (Is 53, 4-5).