Giovanni di Paolo, « Comunione della Maddalena » ; « Stimmate di San Francesco »

Giovanni di Paolo (actif à Sienne vers 1400 – 1482)

  • Communione della Maddalena (Communion de la Madeleine)
  • Stimmate di San Francesco (Stigmates de saint François), vers 1450-1460.

Tempéra sur bois, deux demi-lunettes 46,9 x 55 cm. et 47 x 55,5 cm.

Inscriptions : /

Provenance : Don abbé Ciaccheri.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

On ignore encore aujourd’hui de quel polyptyque disparu ces deux demi-lunettes pouvaient provenir.

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    • La communion la Madeleine

Dans un paysage rocheux sur lequel sa silhouette se détache nettement : Marie Madeleine est agenouillée à l’entrée de la grotte qui lui sert de refuge depuis la mort de Jésus. C’est dans cet antre qu’elle vit en ermite, son temps consacré à la prière et à la pénitence. L’iconographie n’a rien que de traditionnel : nue, son corps est entièrement couvert de sa longue chevelure, laquelle est supposée cacher pudiquement sa nudité. L’ange qui, quotidiennement, lui apporte une hostie grâce à laquelle elle célèbre le mystère de l’Eucharistie, vient d’apparaître en lui laissant à peine le temps de se mettre à genoux tant cette apparition semble subite. En contraste avec l’immobilité de la scène, l’agitation des voiles de son vêtement dit encore le mouvement aérien, tandis que de ses mains, déjà, il tend vers la pécheresse l’hostie que, par respect, il lui présente dans un linge.

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    • Les stigmates de saint François

Cette scène, à l’instar de la précédente, représente pour le saint que l’on voit un genou en terre, un instant crucial de sa destinée terrestre. Comme dans l’épisode de La Madeleine, l’ambiance est nocturne. Dans un halo de lumière dorée, l’apparition du Christ crucifié sous l’aspect d’un séraphin aux six ailes rouges est encore en cours. Déjà, cependant, la stigmatisation a eu lieu, comme en témoignent les paumes des mains de François où l’on peut entrevoir deux trous noirs, indice de deux des cinq plaies du Christ qui, selon la légende, marquent dorénavant le corps du saint de manière indélébile. L’humble silhouette du saint d’Assise évoque fidèlement les descriptions qui figurent dans les sources franciscaines, en particulier chez son premier biographe, Tommaso da Celano, qui le décrit d’une “taille […] plutôt petite […], son visage un peu ovale et allongé, son front plat et étroit, […] sa barbe noire et clairsemée, son cou mince, […] sa peau délicate, maigre.”

Deux détails sont remarquables : le premier est d’ordre naturaliste et concerne l’ombre portée du saint qui se dessine sur le sol en raison de la lumière divine ; le second est d’une indicible délicatesse, et c’est cette petite, toute petite planche qui pourrait échapper au regard. Elle fait office de passerelle au-dessus de la crevasse – nécessairement large et profonde – qui le sépare du monde d’où il s’est retiré …

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