Guidoccio Cozzarelli, « Madonna sul trono col Bambino e Santi »

Cozzarelli

Guidoccio Cozzarelli (Sienne, 1450 – env. 1516)

Madonna sul trono col Bambino e Santi (Vierge à l’Enfant et saints), 1486.

Tempéra sur bois ?, dimensions ?

Inscriptions : date et signature [1]

Provenance : ?

Sinalunga, Chiesa di San Bernardino (Monastero di San Bernardino).

Sont représentés :

– à gauche de la Vierge : Saint Simon

– au-dessus de la Vierge : Dieu le Père dans une nuée d’anges

– à droite de la Vierge : Saint Thadée [2]

– sur les pilastres latéraux du cadre : 6 saints dont : Catherine de Sienne (en bas à gauche), et Bernardin (à droite au milieu), les autres étant difficilement identifiables, y compris sur les photographies, du fait de la pénombre et de la distance.

Dans un impressionnant raccourci, Dieu le Père apparaît au milieu d’un halo de séraphins et ouvre les bras à la Vierge qu’il semble accueillir dans le royaume sur lequel elle s’apprête régner. C’est précisément dans l’acte du Couronnement que nous contemplons la figure de la Vierge à l’Enfant à l’instant ou deux anges s’apprêtent à poser la couronne sur sa tête.

A ses côtés, les apôtres Simon et Thadée sont présents dans la scène plus qu’ils n’y assistent. Simon (le Zélote [1]) et Thadée (ou Jude Thadée) sont constamment associés dans l’iconographie chétienne. Ils sont parfois désignés comme frères. [2] Selon des sources discordantes, tous deux auraient été assassinés après avoir renversé les idoles de magiciens perses avec lesquels ils avaient préalablement discuté. [3]

D’après la Légende dorée, Simon aurait été scié en deux (!). « C’est pourquoi son attribut habituel est une scie qui reproduit en français la première syllabe de son nom.[4] »

Jude Thadée, nommé ainsi pour le différencier de Judas Iscariote, aurait, quant à lui, été « assommé à coups de massue aux pieds d’une statue de Diane. [5] » Son attribut le plus courant est une massue qui peut cependant être remplacée par une épée, une lance, une hache ou une hallebarde. Ici, aucun des attributs des deux apôtres ne sont physiquement représentés, pas même la croix processionnelle à longue hampe qui signifie que son porteur est mort pour la croix. Aucun de tous ces attributs n’est ici repérable. En revanche, tous les deux portent le livre des saints ainsi que la palme des martyres.

Au bas de l’œuvre, la prédelle présente des espaces rectangulaires vides qui désignent probablement des panneaux peints dorénavant manquants.

[1] Ou le « zélé ».

[2] KAFTAL 1952, p. 966.

[3] REAU 1959, vol III, tome 3, p. 1224.

[4] REAU 1959, vol III, tome 3, p. 1224.

[5] REAU 1959, vol III, tome 2, p. ??

[1] D’après des « documents cités par Romagnoli » (E. Romagnoli, Biografia cronolde’ bellartisti senesi… [sec. XIX], Firenze 1976 (ed. anast.), V, cc. 211, 233-44 (233 s. per Battista). http://www.treccani.it/enciclopedia/guidoccio-cozzarelli_%28Dizionario-Biografico%29/ (consulté le 11.07.2018).

[2] It. : « Taddeo ». En Italie, nous apprend Louis Réau, le prénom Taddeo est devenu, à l’instar de Nicodème et Joseph, synonyme de « nigaud » (?).