Tempera ou tempéra

Le terme peut s’écrire indifféremment tempera ou tempéra. Il provient du latin : temperare : « détremper », et désigne une technique de peinture qui, en raison même de cette étymologie, est également appelée « détrempe ».

La tempera, ou détrempe, utilise une émulsion qui peut être grasse ou maigre afin de servir de liant au pigment coloré, lequel se présente sous forme de poudre plus ou moins fine. L’émulsion elle-même est obtenue grâce à un mélange d’eau et d’œuf (la tempera à l’œuf est dite « maigre ») ou de colle de peau (tempera dite « grasse »).

Le mélange ainsi obtenu est appliqué sur un support ayant subi une préparation préalable, généralement un panneau de bois, le plus souvent du peuplier, ou, plus rarement, une toile tendue sur un chassis.

Pendant longtemps, les œuvres peintes sur bois ont été réalisées en liant les pigments naturels avec de l’œuf plutôt qu’avec de l’huile, technique demeurée inconnue en Italie jusqu’à ce que le peintre Antonello de Messine l’introduise en Italie au XVIe siècle. Dans la mesure où l’œuf devient très dur au séchage, cette technique offre une garantie de conservation durable. Et contrairement à l’huile, elle n’occasionne pas, ou très peu, de décoloration des teintes. Elle était utilisée sur un fond généralement blanc afin d’augmenter la brillance des couleurs.

Contrairement à l’huile qu’il est possible de travailler dans la durée puisqu’il ne sèche pas, la détrempe à l’œuf sèche très rapidement, rendant les erreurs difficiles à corriger. Les artistes qui utilisaient cette technique devaient planifier leurs compositions avec soin, de manière à pouvoir travailler avec assurance en dépit de la nécessité d’une réelle rapidité.