Lorenzo di Pietro dit ‘Il Vecchietta’, « San Nicola che fa la carità »

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Lorenzo di Pietro, dit ‘Il Vecchietta’ (Sienne, 1410 -1480)

La Charité de saint Nicolas

Compartiment de la prédelle du Polyptyque de Pienza (Madonna col Bambino tra i Santi Biagio, Giovanni Battista, Nicola e Floriano (Vierge à l’Enfant entre les saints Blaise, Jean Baptiste, Nicolas et Florian), 1460-65.

Tempera et or sur panneau.

Inscriptions :

Provenance : Église de San Niccolò, Spedaletto (Pienza).

Pienza, Museo diocesano.

L’espace semble avoir été démesurément étiré pour donner lieu à l’apparition du spectacle de l’aumône faite par Nicolas à trois jeunes filles pauvres, dans une ambiance à laquelle la dilatation de l’espace confère une surprenante dimension onirique.

Ces trois dernières dorment dans l’unique lit de la maisonnée tandis que leur père s’est assoupi sur le coffre sur lequel est déposé le matelas. Le format est découpé en deux parties égales, l’axe de symétrie étant souligné par le profil de l’un des murs qui délimitent l’espace de la chambre. A gauche, s’est-à-dire à l’extérieur, le tout jeune Nicolas, ayant appris le sort que le père réserve à ses trois filles faute de pouvoir leur offrir une dot en vue d’un mariage, observe la chambre à travers une fenêtre fermée par une grille. Il s’apprête à jeter par cette fenêtre la première des trois bourses d’or qu’il a destinées aux trois sœurs. Par chance pour le spectateur, selon un stratagème qui vit ses dernières heures en peinture, le quatrième mur de la chambre semble avoir été ôté afin qu’il soit possible d’observer ce qui se passe à l’intérieur. Il ne s’y passe rien. Tous dorment. Personne n’a encore remarqué la présence du saint ni découvert les marques de sa générosité. L’une des trois sœurs, pourtant, paraît être sur le point de s’éveiller. Dans l’attente de ce réveil, on se prend à se demander à quoi rêvent les trois jeunes filles encore plongées dans le sommeil.